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  • Profitez des vacances du blog (du 24 juillet au 15 août) pour relire les vieux articles, c’est toujours intéressant. Aujourd’hui je vous propose :

     

    La parabole de l’arak (du 26/11/2015 dans « Interdépendance »)

    Vous connaissez la parabole de l’arak ? A vrai dire c’est moi qui l’ai inventée. Mais je suis sûr que d’autres ont dû l’inventer avant moi, car elle me paraît tellement évidente.

    Mais j’oubliais : si vous n’êtes jamais venus au Liban, vous ne savez peut-être même pas ce qu’est l’arak. C’est une sorte d’anisette, la boisson nationale des chrétiens libanais qui ne manque jamais d’accompagner tous les repas de fête au long de l’année et qui réchauffe l’atmosphère, s’il en était besoin.

    Une bouteille d’arak transparente semble de loin comme une simple bouteille d’eau. L’arak n’a pas de couleur. Mais si vous le mélangez à de l’eau ou à des glaçons pour l’adoucir un peu (car c’est un alcool assez fort tout de même !) voilà qu’il devient blanc comme par miracle.

    Et ma parabole dans tout cela ? Elle est très simple. Imaginez qu’on vous présente un verre à moitié rempli d’arak. Vous y versez une goutte d’eau, puis une deuxième goutte d’eau, puis une troisième et ainsi de suite. Au début il ne se passe apparemment rien. L’arak est toujours transparent. Mais, à un moment donné, on commence à voir, à la surface de notre boisson et même à l’intérieur, de petits filaments blancs qui dessinent des formes curieuses en train de se balancer. Puis ces filaments s’épaississent et, à un certain moment, voilà que tout le contenu du verre est devenu blanc de manière harmonieuse.

    S’il a fallu 30 gouttes d’eau pour obtenir ce résultat surprenant et si je me mets à observer bêtement sans réfléchir, je vais croire que la goutte numéro 30 a une force extraordinaire puisque c’est à son arrivée que tout est devenu blanc. Les trois premières gouttes étaient au contraire bien faibles puisqu’elles n’ont rien pu faire…

    Mais évidemment un enfant comprendrait que toutes les gouttes étaient de la même force et de la même valeur. Pour que la 30e goutte obtienne un tel résultat il a fallu la patience de toutes les autres, leur travail assidu, silencieux et sans doute méconnu. Mais, à la fin, chacune a joué le même rôle, aucune goutte n’est meilleure ou plus importante que l’autre. Tout ce qui a changé c’est la succession dans ce travail à la chaîne : certaines ont commencé péniblement l’œuvre à accomplir et d’autres l’ont achevée dans la gloire.

    Combien cette petite expérience se répète-t-elle souvent dans notre vie de tous les jours. Combien de fois nous tombons nous-mêmes dans ce piège de croire que telle ou telle personne est extraordinaire parce qu’elle a tout changé, ou de croire que moi-même je suis meilleur que les autres car j’ai obtenu un résultat formidable. Et nous oublions simplement de penser humblement que nous sommes seulement un maillon de cette chaîne merveilleuse qu’est toute l’humanité. Et si j’ai pu parfois ouvrir une nouvelle route, apporter un peu de lumière à mes compagnons de voyage, j’en ai sans doute un certain mérite, mais je n’aurais jamais rien pu faire d’aussi positif si des milliers et des millions de personnes n’avaient ouvert de nouvelles routes ou éclairé un peu plus notre chemin avant moi.

    Alors, c’est bien d’être fier parfois de ce qu’on a pu réaliser. Mais pas besoin d’être tellement orgueilleux, car si nous devons être fiers c’est surtout de faire partie de cette humanité, bien souvent fatiguée et malade, mais qui reste tout de même un véritable miracle dans l’univers, un miracle où chacun de nous est important parce que nous sommes tous interdépendants de toute éternité et pour toujours.

     

     

     


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    L’autre attend (du 18/9/15 dans « Découvertes »)

    Alors, où en sommes-nous de nos découvertes ? C’est beau de découvrir, mais ce n’est pas facile. On peut chercher longtemps, on peut chercher partout en ayant l’impression de n’avoir rien trouvé, rien découvert. On sait bien qu’il y a de l’or caché dans le monde, des diamants, des perles précieuses de toutes sortes. D’abord une grande partie des mines et des gisements ont déjà été mis à jour et épuisés. Et puis nous sommes de plus en plus nombreux sur cette terre à nous faire la concurrence dans cette recherche sans fin et il n’y a plus beaucoup de possibilités personnelles de découvrir encore quelque chose qui aurait échappé au regard des autres. Il y a sans doute bien des motifs pour être pessimistes.

    Mais laissons là notre découragement et nos pierres précieuses, et revenons-en à la recherche principale qui est le but de notre blog, la recherche et la découverte de soi-même et de l’autre. Il y a une belle différence entre rechercher de l’or et des diamants endormis sous la terre et qui ne vous parlent pas (même si certaines technologies parviennent parfois à les faire parler malgré eux), et la recherche du cœur de nos frères.

    C’est sûr que la bonne volonté des gens que nous côtoyons chaque jour dans la rue, dans les magasins, au travail, partout où nous nous retrouvons avec nos semblables, cette bonne volonté semble bien souvent enfouie sous d’épaisses couches de poussières qui s’appellent peur, indifférence, haine, rancœur et tout ce qu’on peut imaginer de négatif au cœur de l’homme. Ce serait donc pire que les pierres précieuses qui ne parlent pas, mais qui au moins n’inventent pas des obstacles supplémentaires à notre recherche.

    Mais il y a là, dans une telle vision, une immense erreur de base, un manque inouï de confiance en l’autre. Au fond de nous, nous savons que nous sommes nous-mêmes en train de chercher. Combien de fois avons-nous voulu créer des ponts avec les autres et cela n’a pas marché. Mais est-ce que nous pensons parfois que l’autre est dans la même situation, en train de nous regarder de travers et de se dire : « J’ai tout essayé avec lui, pourquoi ne répond-il pas ? »

    Nous sommes souvent comme quelqu’un qui devrait creuser un profond tunnel au milieu d’une grande montagne et qui est découragé à l’avance parce qu’il pense qu’il va être tout seul à creuser. Mais ne voit-il pas que d’autres, des dizaines d’autres, des centaines ou des milliers ont commencé aussi à creuser et que nous devrions nécessairement nous retrouver un jour ou l’autre ? Bien sûr, il faut se mettre d’accord, il faut essayer d’écouter vraiment l’autre pour savoir où il va passer et pour ne pas me retrouver stupidement à quelques mètres de lui sans le rencontrer. Mais nous sommes là à nous plaindre chacun de notre côté parce que nous attendons l’autre et qu’il ne vient pas et nous ne voyons pas que l’autre aussi est en train d’attendre et de se décourager ? Mais pourquoi ne faisons-nous pas un petit effort, juste pour ajuster la direction de notre recherche ? L’autre attend, il est là tout près de moi, à quelques mètres peut-être, et je vais encore le rater ?

     

     

     


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    Construire sa personnalité. (du 6/12/2015 dans « Au bout de soi-même »)

    Le rêve de tout homme et de toute femme en ce monde est sans aucun doute de parvenir à se construire une personnalité qui soit respectée, reconnue, et aimée si possible, par la société dans laquelle il ou elle se trouve. Facile à dire. Difficile à réaliser. C’est pour cela qu’on se cherche parfois désespérément un cercle d’intimes en famille ou avec quelques amis, où l’on se sente au moins en sécurité, en confiance, où l’on n’ait pas besoin de lutter à chaque instant pour se faire reconnaître une place au soleil.

    Mais je crois que, malheureusement, cette recherche de la personnalité est trop souvent un piège équivoque. Cela vient de notre formation en famille, à l’école, à l’université, dans nos lieux de travail et dans les réseaux sociaux. Trop souvent avoir de la personnalité veut dire savoir s’imposer aux autres, ne pas se laisser faire, comme si, pour obtenir cette place au soleil, il fallait mener une véritable lutte qui ferait plus penser à la loi de la jungle qu’à une vie sociale harmonieuse.

    Et comme les expériences difficiles ou négatives n’épargnent personne, dès notre plus tendre enfance, la peur devient souvent un élément de base qui conditionne cette recherche de notre personnalité. Peur d’être rejeté, mis de côté, traité injustement. On finit par penser que la méfiance est importante pour s’en sortir. On considère l’autre comme un adversaire plutôt qu’un frère ou une sœur, un adversaire contre lequel on doit être prêt à chaque instant à se défendre.

    Mais si on se laisse gagner par cette peur, consciente ou inconsciente, que va-t-il se passer ? Nous allons peu à peu construire notre personnalité comme une tour, la plus haute possible, qui nous protège des attaques de l’autre. Imaginons par exemple que, dans une discussion politique devant tout le monde, mon adversaire m’ait tourné en ridicule sans que j’aie su répondre. Je vais être fâché envers moi plus qu’envers mon adversaire du moment. Je vais tout faire pour qu’une telle situation ne se reproduise plus. Je vais ruminer dans ma tête un tas de pensées et de raisonnements que je pourrai jeter la prochaine fois à la tête de l’autre et ce sera lui qui deviendra, à son tour, ridicule : belle vengeance assurément !

    Le résultat de tout cela, c’est que la carapace étanche qui m’enveloppe deviendra chaque jour un peu plus épaisse. Personne n’osera plus m’attaquer, mais au-dedans de mes murailles je continuerai à me dessécher. Je serai peu à peu incapable de comprendre l’autre différent, d’accepter, d’écouter une expérience nouvelle qui pourrait m’enrichir. Pauvre personnalité qui restera pour toujours coincée dans la prison que je me serai moi-même procurée. Tout cela est la caricature d’un blog, évidemment, mais c’est pour me faire comprendre.

    Si l’on poursuit notre caricature dans le sens opposé, je peux décider un jour ou l’autre de casser ces murailles qui m’empêchent de m’approcher de l’autre et chercher avec chacun l’amitié, la compréhension, le partage. Je n’aurai plus peur, parce que ce sera mon cercle d’amis ou de famille qui me protégera, car je serai aimé et respecté de tout le monde. Je ne serai pas préoccupé d’être reconnu, parce que tout mon temps sera occupé à reconnaître les autres, à les aider eux aussi à être eux-mêmes, comme moi j’ai eu la chance de rencontrer des gens qui m’ont aidé à être moi-même.

    Les deux visions extrêmes ne sont pas vraiment réelles, direz-vous. La vérité est probablement dans un équilibre entre les deux ? Oui, d’une certaine manière. Mais je crois qu’il faut lutter toute sa vie de toutes ses forces pour ne pas tomber dans le piège d’avoir quelque chose à défendre. Je n’ai ni à me défendre, ni à me justifier de ce que je fais et de ce que je suis. Je suis, comme tout être humain, à la recherche de relations harmonieuses avec mes compagnons de voyage sur cette terre. La vie est brève. Si avec certaines personnes la relation est vraiment trop difficile, commençons par ceux avec qui je peux me comprendre plus facilement, mais pas pour en rester là dans un pauvre petit cercle fermé. Au contraire pour élargir peu à peu mon et notre cercle sur tous ceux que je rencontrerai en chemin et qui sont avides comme moi de trouver un monde où se rencontrer veut dire s’ouvrir, se faire respirer chaque jour un peu plus les uns les autres, avec un regard sur des horizons toujours plus larges, qui vaillent vraiment la peine de vivre. Alors sortons ensemble et nous ne serons pas déçus !

     

     


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    A bas les individus ! (du 24/11/2015 dans « Provocations »)

    Oui encore une provocation ! C’est bien la bonne rubrique. Voyez-vous je n’arrive plus à supporter les droits et les revendications de l’individu dans notre société. Je suis peut-être injuste, mais je sens trop qu’ « individu » nous ramène tout de suite à individualisme, alors que « personne », personne humaine, personne sociale nous fait plutôt penser à l’être en relation que nous sommes.

    Je sais que si on se lance dans un débat philosophique sur la question on ne va plus en sortir. Mais je crois que nous pouvons nous en tenir ici au sens le plus courant que ces deux mots ont pris dans le langage ordinaire, pour pouvoir nous comprendre.

    Bien sûr que chaque homme est unique et important en lui-même. Chacun a le droit d’être respecté tel qu’il est. L’humanité a fait beaucoup de progrès en ce sens. Théoriquement n’importe qui ne peut plus exploiter n’importe comment un autre homme sans que celui-ci ait tous les moyens de l’en empêcher. On sait malheureusement que la tentation de dominer les autres trouve encore bien des manières pour échapper à cette justice de base qui ne devrait plus être bafouée.

    Mais là n’est pas la raison de mon mécontentement. Je ne suis pas mécontent de mes frères ou de mes sœurs qui réussissent ainsi à conquérir leur droit tout simple à l’existence sociale. Je suis simplement triste pour eux. Car ce ne sont pas les droits qui donnent la paix ou le bonheur. Tant qu’on en est encore là, à prétendre imposer aux autres sa présence, même si cette présence est bien légitime, on reste replié sur soi, sur la défensive et l’on est incapable de tisser ces liens sociaux qui vont nous épanouir et nous aider à devenir vraiment nous-mêmes.

    Quand on me parle d’individu, j’ai l’impression qu’on me découpe dans l’espace social, exactement comme j’apparais, sans un millimètre de plus ou de moins : c’est ça que je suis, et c’est l’espace ou le volume que j’ai le droit d’occuper. Et puis après ?

    Tandis que si je pense que je suis une personne, un être en relation, tout va changer. Car mon espace et mon volume ne s’arrêtent pas aux apparences extérieures. Ma relation avec les gens que j’aime et même mes relations difficiles avec ceux qui sont en conflit avec moi, font aussi partie de ma personnalité. Oui, je ne suis pas moi-même seulement cette réalité physique ou intellectuelle ou culturelle qu’on pourrait presque couper au couteau. Je suis d’abord le fruit de mes ancêtres et de toutes les personnes que j’ai rencontrées au cours de ma vie, qui m’ont formé ou déformé, mais qui m’ont aidé à construire peu à peu ce que je suis en ce moment en train de devenir.

    La vie est tellement plus belle ainsi. Car elle n’est pas la juxtaposition de cloisonnements, elle est un jaillissement harmonieux, une symphonie de voix et de chœurs qui se répondent à l’infini, créant à chaque instant de nouvelles synthèses. En tant que personne je continue en moi et dans les autres la création et le progrès de l’humanité. Je « suis » en tous ceux que j’ai rencontrés depuis que je suis sur cette terre.

    On peut prendre un individu, on peut l’arrêter, le mettre en prison, mais on ne pourra jamais prendre une personne, parce qu’on ne sait jamais jusqu’où va cette personne, quelles sont les ramifications, secrètes ou non, qu’elle a établies pour toujours au milieu de la société. Cela peut donner le vertige, parce qu’à certains moments je risque moi-même de ne plus savoir très bien qui je suis et où je vais. Ce serait tellement plus simple d’être un individu qui refuse qu’on le confonde avec qui que ce soit. Mais ce problème est un faux problème, parce que l’aventure de la personne en relation est tellement passionnante que c’est dans cette passion même que je me retrouve pleinement moi-même, là où justement j’aide aussi les autres à être pleinement eux-mêmes dans la réciprocité. Vous ne trouvez pas que l’on respire tellement mieux ainsi ?

     

     


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    L’autre a toujours raison... (du 27/2/2015 dans « Provocations »)

     

    Oui, je sais que je prends un risque en écrivant cet article. Mais c’est bien pour cela que je vais le mettre dans la rubrique « Provocations ». Le risque c’est que mes lecteurs se disent que ce blog raconte n’importe quoi, que je me moque du monde, que je ne suis pas sérieux et qu’ils ne viennent plus jamais nous visiter.

    En effet comment s’amuser à affirmer que l’autre a toujours raison alors que toute notre éducation en famille, à l’école, à l’université, dans les médias n’a cessé de nous dire que nous devions toujours avoir raison et surtout le montrer et le prouver aux autres ? Et si par hasard nous avons été faibles, si nous n’avons pas réussi à imposer notre raison aux autres, on nous a appris alors à nous blinder un peu plus dans notre tour d’ivoire, à aller chercher d’autres arguments plus puissants que les premiers pour arriver à la fin à convaincre tout le monde que vraiment nous avions raison. Et si finalement nous échouons dans notre tentative, quelle honte au fond pour notre orgueil, nous allons perdre la face, pire encore nous allons peut-être être obligés de nous laisser entraîner dans le camp de l’autre...

    Mais ce n’est pas possible tout de même de prétendre, par exemple, que tous les gens qui vont mettre des commentaires négatifs à mes articles auront raison. Je ne suis pas honnête, je fais de la démagogie ? Ou bien je n’ai pas de personnalité ? J’aimerais bien d’abord que quelqu’un écrive un commentaire à mes articles mais le blog n’est pas assez connu encore, il en est à ses débuts et il n’a pas beaucoup de lecteurs, ou bien les lecteurs ne se sentent pas assez libres avec moi pour dire ce qu’ils pensent. Il y a cette rubrique « Place aux jeunes » où personne n’a encore rien écrit : vous pouvez m’aider en faisant connaître notre blog à des jeunes, comme un défi ?

    Je vais quand même essayer de m’expliquer. Oui, l’autre a raison, il a toujours raison, ou bien, si vous voulez, il a toujours des raisons. On dit que le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. Eh bien, c’est la même chose pour « l’autre » : l’autre, n’importe quel autre, mon frère, ma sœur, mon ami, mon collègue, mon ennemi ont des raisons que je ne connais pas et que je ferais sans doute très bien d’essayer de comprendre.

    Tout le problème part du fait que notre monde, celui que nous imaginons dans notre pauvre tête bien étroite, est divisé entre personnes qui ont raison et d’autres qui ont tort. Et lorsqu’on dit « raison », on pense presque toujours raison contre l’autre, contre moi et c’est une bataille sans répit dont on sort en général chacun dans son coin encore plus divisés qu’avant et sans doute encore plus agressifs.

    La réalité c’est que ma raison est toujours limitée tant qu’elle n’est pas entrée réellement, profondément dans les raisons de l’autre pour tenter au moins de le comprendre. Oui, l’autre a toujours des raisons, des motifs qui le poussent à dire ce qu’il a dit ou à faire ce qu’il a fait. Même si c’est un fou, un malade, un terroriste ? A plus forte « raison » ! Il est peut-être devenu fou, malade ou terroriste parce qu’il n’a jamais rencontré une seule personne dans son entourage pour l’écouter, pour le consoler peut-être ou lui apprendre à changer son regard, à écouter lui aussi les autres différents, à connaître la patience et finalement l’amitié.

    Vouloir avoir raison contre l’autre ne servira qu’à diviser un peu plus notre société malade. Si je veux construire un monde différent je dois apprendre à avoir toujours raison avec l’autre. Et si c’est impossible de se comprendre d’un seul coup entièrement avec l’autre, commençons par ce qui peut nous rapprocher, nous unir, découvrons au moins que l’autre a comme nous de bonnes intentions au départ. A ce moment-là nous n’avons plus rien à cacher, nous pouvons dire ce que nous pensons, au bon moment bien sûr, lorsqu’on voit que l’autre est disponible pour nous écouter. Sinon, travaillons pour créer les conditions nécessaires à ce nouveau dialogue et puis écoutons-nous, écoutons-nous sans cesse : nous serons surpris de voir nous-mêmes le monde avec des yeux différents.

     

     


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