• Passepartout

    Combien de portes se ferment chaque jour devant nous, nous empêchant de continuer notre chemin. Ne pourrions-nous pas nous aider à trouver des passepartout assez souples pour nous dépanner?

  • C’est une question que chacun se pose à longueur de journée devant les problèmes plus ou moins insolubles de l’aventure de la vie…

    Mais c’est ici la question bien simple d’une lectrice de notre blog devant ces deux phrases que je venais de publier : « Si nous arrivions à nous convaincre que notre liberté dépend de nous et non pas des circonstances extérieures, combien la vie deviendrait plus belle ! » Et j’avais ajouté ce commentaire : « Aidons-nous ensemble à être libres »

    Eh, oui, comment y arriver ? Je comprends bien le doute qui traverse l’esprit de notre amie, à la pensée certainement de tous les moments difficiles au cours desquels la liberté semble tellement loin de nous…

    Je crois d’abord qu’à une question pareille on ne pourra jamais donner de réponse standard et théorique, car nous avons de la liberté des expériences souvent tellement différentes. Et surtout cette réponse est à trouver au fond de nous-mêmes et non pas dans des livres ou des articles de blog. Mais on peut tout de même essayer de s’entraider.

    D’abord, avant de chercher la liberté je ne sais où, comme c’est beau de se rendre compte au cours de la journée du nombre extraordinaires d’occasions que nous avons de poser des actes libres. La liberté naît avec chacun de nous, car en général nous sommes libres de penser comme nous voulons, de désirer, de rêver, d’aimer ou de haïr, de choisir entre plusieurs solutions, etc. Même si dans tout cela il y a certainement beaucoup de gens et de circonstances qui nous conditionnent, mais la liberté reste une base vivante en l’homme, à la différence de l’animal…

    Le problème c’est que cette liberté ne sera jamais totale et c’est cela qui nous fait souffrir. Alors, il existe ici deux solutions qui se complètent l’une l’autre. L’une est d’apprendre à être libre de ne pas être libre. Comme une personne malade et paralysée pour la vie qui accepte simplement sa situation et qui en fait un tremplin positif pour mieux aimer les autres. Et là chacun peut imaginer des exemples à l’infini.

    Et la deuxième solution, c’est de donner sa vie chaque jour pour que les autres autour de nous se sentent un peu plus libres, pour soulager leurs souffrances, pour les aider à résoudre leurs problèmes impossibles. Et c’est alors que nous nous retrouvons sans nous en rendre compte comme emportés dans un courant positif de liberté qui ne nous quittera plus jusqu’à la fin de nos jours. Car nous avons aidé des centaines de personnes à être libres et voilà que ce sont ces personnes qui nous rendent libres à notre tour. Alors la vie devient comme une randonnée en montagne où l’on avance ensemble en cordée vers le sommet sans plus avoir peur de tomber en route, car nous sommes liés aux autres pour toujours.


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  • Ecoutez cette petite phrase trouvée récemment sur les réseaux sociaux comme un conseil pour nous aider dans la vie de tous les jours : « Se libérer de tous les attachements. »

    Cette phrase m’a plu et fait du bien, mais elle m’a donné envie d’approfondir le sujet, pour éviter de le comprendre de travers.

    Être libre, surtout intérieurement, est sans doute un des buts les plus beaux auquel l’homme puisse aspirer. Et pour être libre, il est certainement mieux de ne pas être prisonniers de nos attachements. Mais de quels attachements voulons-nous parler ?

    S’il s’agit d’attachements à des choses matérielles, c’est bien évident. On sait bien ce que peut provoquer l’attachement à l’argent qui devient un véritable esclavage. Ou bien l’attachement à l’alcool ou à la drogue qui peut faire de nous des loques humaines. On peut aussi être attaché à de mauvaises habitudes ou même à de bonnes habitudes mais qui deviennent finalement elles aussi une forme d’esclavage parce qu’on ne peut plus s’en passer et l’on n’est plus libre d’accueillir les autres quand ils nous demandent de renoncer pour un moment à nos habitudes…

    Mais je voudrais parler ici surtout de notre attachement aux personnes. Et c’est là qu’il s’agit de ne pas dire de bêtises. Si pour être libre, je devais me détacher des personnes, alors la personne la plus libre serait celle qui fuit le monde pour se réfugier dans la solitude, et la vie sociale au milieu du monde ordinaire serait vécue comme la pire des prisons.

    Mais la réalité c’est que nous sommes faits pour nous attacher à des personnes, car tout seuls nous risquons de nous dessécher complètement. L’amour qui épanouit est un amour qui nous attache de plus en plus aux autres à tous les niveaux de notre être et du leur. Avec la belle surprise que quand je m’attache à l’autre parce que je veux son bien de tout mon cœur, je finis par me détacher de moi-même et c’est là que commence la plus belle liberté.

    Le problème, c’est que mille personnes croisent chaque jour notre chemin et qu’il n’est pas facile de passer de l’une à l’autre avec simplicité et en gardant au fond de notre cœur le même amour limpide pour chacun. Quand quelqu’un nous pèse parce qu’il nous déçoit, c’est sans doute que notre amour était possessif et égoïste, alors il faut de nouveau apprendre à se détacher de cet amour qui n’était plus limpide et à s’attacher pleinement aux besoins et aux désirs de cet autre que la vie a placé au moins pour un moment devant nous. Se détacher alors de nous-mêmes, c’est se détacher de nos caprices, de nos attentes, de nos prétentions, de nos jugements, pour nous attacher aux exigences de l’autre et à tout le bien et à toute la joie que nous pouvons lui donner. Alors nous verrons que plus nous sommes attachés à donner de la joie aux autres et plus nous sommes libres de nous-mêmes. Attachement dans le détachement qui n’est pas un simple jeu de mots, mais un véritable miracle de la vie de tous les jours…


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  • J’ai peut-être répété déjà souvent que c’est triste de voir combien de gens, et nous-mêmes parfois au milieu d’eux, se plaignent de la vie parce qu’ils confondent la vie avec les circonstances de la vie. Et l’on entendra ainsi des personnes dire que la vie dans tel ou tel pays ne leur plait pas, que la vie à la ville ou à la campagne est pénible, que la vie devient lourde avec l’âge qui avance et ainsi de suite…

    Où se trouve le problème ? C’est que tout cela nous empêche de jouir de la vie qui coule dans nos veines, qui remplit nos poumons, qui passe par notre esprit, qui fait brûler notre cœur, qui nous pousse à sortir de nous et à nous jeter dans la bataille de l’humanité. Car c’est cela le cadeau immense que nous avons reçu à notre naissance et qui ne nous a plus quittés depuis…

    Même quand nous souffrons et que nous sommes malheureux nous sommes encore en vie et c’est cela le miracle de l’homme qui est à la fois plein de vie et de conscience de cette vie elle-même. Car l’homme n’est pas un arbre qui pousse, qui meurt et qui donne vie à d’autres arbres, mais sans jamais le savoir. L’homme est le trésor de l’univers. Ce n’est pas lui qui a créé la vie, mais c’est lui qui la reçoit et qui peut la donner ou qui peut la faire mourir s’il le veut.

    Si nous nous levions le matin simplement pour accueillir ces semences de vie qui vont passer entre nos mains et que nous pourrons semer si nous le voulons, tout le reste n’aurait plus grande importance. Quand nous avons commencé à comprendre ce secret, nos journées ont un autre parfum. Nos premières pensées au réveil vont être de commencer à programmer où, quand, comment et avec qui nous allons pouvoir semer la vie. Que nous soyons en pleine forme ou que nous soyons malades, que tout aille bien autour de nous ou que nous devions affronter des problèmes apparemment insolubles, nous avons toujours des semences de vie que nous pouvons distribuer autour de nous. Par un sourire, une parole bienveillante, un geste d’accueil, un conseil, un encouragement, un coup de main ou la participation à n’importe quelle activité qui se présente à nous au milieu de nos frères et sœurs en humanité. Tout passera et tombera en grande partie dans l’oubli, mais restera cette vie qui aura grandi en nous, par nous et autour de nous.

    L’amour ne sera plus alors un refuge pour nous protéger des épreuves de la vie, refuge illusoire et fragile car il nous isole sur nous-mêmes et nous blesse en nous faisant croire finalement que le bonheur est impossible. Aimer sera simplement écouter la vie, la recevoir et la partager tout au long de la journée, quels que soient les résultats, les effets apparents, car les échecs eux-mêmes font partie de la vie, la mort elle-même fera un jour pour nous partie de la vie et il n’y aura plus rien alors qui pourra nous arrêter…


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  • « Plus nous recherchons le bonheur, plus il nous échappe ! » C’est une phrase que j’ai vue récemment sur les réseaux sociaux, d’un auteur apparemment inconnu. C’est peut-être mieux pour lui qu’il soit inconnu, pour qu’on ne se moque pas trop de lui.

    Comme le monde est triste quand on s’arrête aux premières apparences, aux premiers échecs ! Tout le monde a connu des échecs dans la recherche du bonheur. Mais où nous conduisent en général ces échecs ? Ou bien à une triste résignation pour le restant de nos jours, ou bien au contraire à un élan nouveau qui nous pousse à sortir avec une nouvelle énergie de ce pessimisme qui règne autour de nous.

    Car le bonheur est d’abord une conquête. Il faut le vouloir, le désirer de tout son cœur pour y parvenir. Il ne va pas nous tomber du ciel tout seul. Mais imaginez comme la vie serait triste si on avait le choix entre une vie sans bonheur parce qu’on ne l’a pas cherché et une vie sans bonheur parce qu’on l’a cherché ! Ce serait une vie absurde ! Des deux côtés, bonheur impossible !

    La solution à ce genre de faux problème est toujours dans une troisième direction. Il suffit tout simplement de chercher le bonheur pour les autres. Et là il y a de quoi faire toute la journée. On peut commencer à se lever le matin en programmant tous les contacts qui vont donner un peu ou beaucoup de bonheur aux gens qu’on aime. Puis en accueillant avec joie tous les contacts qu’on n’avait pas prévus mais qui peuvent eux aussi apporter tellement de bonheur.

    On peut ainsi semer du bonheur du matin au soir sans se lasser. On trouve toujours des occasions, si on est un tant soit peu attentif. Un coup de téléphone, un sourire, un service, une surprise, un cadeau, un souvenir, un conseil, une question qui encourage, un geste qui console, une suggestion positive qui étonne, une pensée qui émerveille, une photo qui touche, une histoire qui émeut, un exemple qui attire, une nouvelle qui remplit de joie, une confirmation qui tranquillise, un résultat qui conforte, une anecdote qui amuse, une invitation qui donne du baume au cœur… la liste ne finirait jamais…

    Et voilà qu’au bout d’un moment cette joie ou cet amour que nous avons semés à tour de bras nous retombent dessus comme un boomerang. Nous avons pensé peut-être tout seuls au bonheur des autres et les autres n’ont pas pu résister bien longtemps, ils ont décidé de s’y jeter à leur tour. Nous n’avons même plus à rechercher le bonheur, il nous suffit maintenant de le cueillir ou de l’accueillir, pour le redonner de nouveau, amplifié, élargi, libéré, coloré, comme les vagues d’un océan qui se retirent un moment pour mieux venir presque tout de suite nous inonder et nous rafraîchir. Et l’on comprend alors que pour trouver le bonheur il suffit de le donner, mais de le donner sans cesse, sans attendre de résultat.


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  • J’ai perdu récemment un ami très cher. Il avait 92 ans et achevait parmi nous une vie bien remplie. Il nous a quittés dans la paix et même dans la joie, presque jusqu’au dernier moment. Pendant deux ans, il avait en fait été tout près de la mort, puis s’était un peu repris, mais il était resté très faible. Mais malgré sa souffrance, dont il ne se plaignait d’ailleurs pratiquement jamais, il était toujours souriant, inondant de gaité et d’espoir tous ceux qui venaient le visiter. Et à ceux qui lui demandaient le secret de cette sérénité dans une situation pareille, il répétait souvent : « L’important, c’est de ne jamais descendre du train ! »

    Mais dans quel train était-il et voulait-il nous emmener peut-être avec lui ? Je dirais presque que le train est finalement secondaire, car on peut lui donner différentes interprétations. Mais ce que notre ami voulait nous dire, c’est qu’il avait eu la chance de trouver un idéal qui lui avait changé la vie de fond en comble et qu’il avait décidé de ne plus le quitter.

    Il avait, comme tout le monde, passé bien des épreuves dans sa vie. Il avait vécu dans des pays qui n’étaient pas le sien au départ, dans les situations terribles que traverse le Moyen Orient depuis si longtemps, mais on voyait qu’il était heureux d’avoir trouvé cet idéal qui lui permettait de servir et de porter la lumière autour de lui, sans jamais se lasser.

    Chacun de nous est monté dans un train, à certains moments de sa vie. Chacun d’entre nous a entrevu la possibilité de trouver un sens à cette vie en se donnant pour les autres, d’une manière ou d’une autre et y a entrevu un vrai bonheur. Mais combien d’entre nous se sont arrêtés en route, déçus, découragés, incompris, parce qu’il y avait trop d’obstacles en route, trop de malentendus, trop de mauvaise volonté peut-être autour de nous et parfois même de méchanceté ?

    Et pourtant cet ami avait connu tous ces problèmes en chemin, mais il ne s’était pas arrêté. Ce sont des personnes pareilles qui nous font encore espérer en un avenir possible pour l’humanité. Leçon de vie, même devant la mort et les difficultés, mais surtout leçon de persévérance qui n’est possible qu’ensemble. Car le train de notre ami, c’était les relations qu’il avait tissées tout au long de sa vie et qui faisaient qu’il n’était jamais seul et qu’il trouvait toujours quelqu’un pour continuer son travail quand lui-même était bloqué.

    Le train de la vie dont nous ne devrions jamais descendre, c’est de choisir des amis qui croient que le service et l’écoute des autres, la solidarité et la construction de la paix et de la justice passent avant tout le reste, même notre réussite personnelle. Car la véritable réussite, c’est de rester soi-même serein avec nos amis même au milieu de la tempête et de prouver au monde que nous serons toujours libres quelque part de rester positifs au fond de notre cœur, quelles que soient les circonstances du voyage de notre vie !

    Et si jamais nous sommes descendus quand même de notre train en chemin, pour une période plus ou moins longue de notre vie, nous devons toujours penser que le train est encore là qui nous attend et nous remettre en voyage, car le passé peut toujours être réparé et l’avenir n’est jamais condamné, mais il faut savoir choisir son train et ses amis, personne ne nous empêchera jamais de le faire !


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