• Passepartout

    Combien de portes se ferment chaque jour devant nous, nous empêchant de continuer notre chemin. Ne pourrions-nous pas nous aider à trouver des passepartout assez souples pour nous dépanner?

  • Encore sur le thème du pardon. Et aujourd’hui aussi pour répondre au commentaire d’une lectrice qui me dit : « Certaines personnes, si tu pardonnes leur méchanceté, cherchent à augmenter la dose du prochain mal. »

    C’est vrai, il existe des personnes perverses dans notre monde. Chacun a pu en connaître et en côtoyer au cours de sa vie. Je voudrais quand même dire à ma lectrice qu’il faut faire attention à ne pas toujours aller chercher des cas extrêmes quand on traite d’un sujet en quelques lignes d’un blog. 

    Le courage de pardonner, et souvent en même temps de demander pardon, reste une clé extraordinaire pour résoudre tant de malentendus et de conflits et chacun peut en faire l’expérience tous les jours.

    Mais essayons de voir si on peut trouver une solution, même à ces cas extrêmes qui sont en général des cas pathologiques, de personnes qui sont vraiment malades. Je crois qu’il y a ici deux pistes de recherche. Si la personne qui nous fait du mal continue à vivre dans la société, c’est qu’elle peut encore être guérie quelque part. Alors il faut voir si cette personne n’est pas elle-même tellement blessée par la vie, par des violences subies, qu’elle n’a plus confiance en personne et finalement en elle-même.

    Combien on connaît de ces personnes qui ont changé complètement le jour où elles ont trouvé sur leur route, pour la première fois, quelqu’un qui les acceptait comme elles étaient, même avec le mal et la violence qu’elles portaient apparemment. Car le véritable pardon n’est pas seulement tourné vers le passé, vers le mal qu’on a reçu, mais surtout tourné vers l’avenir. Pardonner de tout son cœur, c’est croire que je peux encore faire confiance au positif que cette personne doit porter quelque part dans son cœur, même si ce positif semble bien caché. Alors ce véritable pardon peut faire des miracles. Et il peut être important de vivre ce pardon avec quelqu’un d’autre, car en unité on a beaucoup plus de force et de courage.

    Mais si ces personnes qui continuent à faire du mal, si elles sont vraiment malades et déséquilibrées, c’est sans doute mieux de les éviter. En tous cas là aussi, il faut toujours chercher à résoudre ce genre de problèmes ensemble avec d’autres. Ne jamais se trouver isolé et finalement désespéré, tout seul, enfermé dans un problème insoluble qui ne peut nous faire que du mal.

     

    Et le pardon sera alors de se dire, comme Jésus sur la croix : « Ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Allez savoir pourquoi une personne fait du mal. Dieu seul sait le mal que cette personne elle-même a subi avant d’en faire subir aux autres. Et le pardon sera ici aussi de ne jamais se permettre de juger, même le pire des criminels. Laissons le jugement aux tribunaux et soyons en nous en paix avec toute l’humanité : c’est une vertu qui se développe en s’exerçant et qui donne finalement tellement de liberté et de sérénité intérieures.


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  • Oui, j’ai bien mis ce nouvel article dans ma rubrique « Passepartout », parce que je suis persuadé que le pardon est un des plus grands passepartouts pour la paix et la liberté intérieures et même pour le bonheur !

    J’ai promis à une lectrice, il y a quelques jours, d’essayer de répondre au commentaire qu’elle venait de faire à une phrase que j’avais publié sur le pardon.

    Et je commence par demander pardon à cette lectrice si ma réponse ne la satisfait pas pleinement. Le sujet du pardon est tellement délicat. On ne pourra jamais se mettre complètement à la place de l’autre qui a subi des torts, des injustices, du mal de toutes sortes.

    Cette amie m’écrit : « Il y a des choses qu’on pardonne mais qu’on n’oublie pas… malheureusement. » C’est tout à fait vrai. On ne peut pas d’ailleurs distinguer en quelques lignes entre toutes les sortes de maux que l’on pourrait avoir à pardonner. Un malentendu peut être vite oublié, si on a réussi à se réconcilier avec l’autre. Mais il est des situations où l’on pardonne sans plus jamais pouvoir rencontrer l’autre qui est parti peut-être dans un pays lointain ou qui n’est même plus sur cette terre.

    Il est des maux qui laissent des traces, physiques ou psychologiques pour toujours. Qui peut oublier les années de souffrance d’une guerre, surtout si l’on porte dans sa chair ou sa conscience des cicatrices qui ne disparaitront jamais ?

    Mais là je voudrais dire à mon amie, que le problème n’est pas si on oublie ou non le mal qui nous a été fait. Le pardon est une sorte de miracle qui permet parfois de revoir passer devant ses yeux des moments terribles que l’on a vécus et de les transformer en positif. Je pense à un grand ami, toute sa vie sur sa chaise roulante, à cause d’une balle reçue au début de la guerre du Liban et qui lui a sectionné la colonne vertébrale. Tout le reste de sa vie, il a réussi à transformer son handicap en source d’amour pour les autres, quels qu’ils soient. Il était en paix avec lui-même, il rayonnait de bonheur et d’amour, il avait transformé ce crime qu’il avait subi et qu’il ne pouvait pas oublier, puisque chaque instant de sa vie en était conditionné, en une énergie positive qui semait la joie et le courage autour de lui.

    Exemple extrême sans doute, et ici les comparaisons ne peuvent pas servir à grand-chose, mais exemple qui nous dit que chacun a sans doute au fond de lui une clé, un passepartout pour le pardon qui peut devenir source de lumière inattendue. Facile à dire, et je sais que la réponse d’un blog est bien trop rapide pour entrer dans la profondeur d’un drame humain, mais il y a déjà là une piste de recherche. Ce qui est sûr, c’est que le pardon est même utilisé de nos jours comme technique de guérison pour des problèmes psychologiques ou spirituels. Mais comme pour toute technique de guérison, on ne trouve pas forcément le remède qui nous convient du premier coup. On doit souvent chercher, tâtonner, avant de trouver peut-être la formule miracle, si jamais on la trouve.

     

    Il est des torts subis qui nous accompagneront peut-être jusqu’à la fin de notre vie. Mais là encore, c’est en se jetant dans des relations positives avec les autres qu’on finira par s’en sortir. Pardonner c’est parfois tout simplement ne pas rester enfermé sur soi-même et le mal reçu, mais continuer à vivre de manière positive avec les autres comme si tout allait bien en nous, comme une maman qui continue à donner tout son amour à ses enfants, comme si de rien n’était, même si son mari l’a abandonnée pour toujours. Chacun porte en lui la source de sa propre guérison que sans doute personne ne pourra lui dicter de l’extérieur.


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  • J’ai une grande amie, qui vit désormais dans un pays lointain, et qui m’écrivait récemment qu’avec le choix de vie qu’elle avait fait, il ne lui restait plus qu’à se résigner, jusqu’à la fin de ses jours.

    Si encore ce choix était un mauvais choix, un choix bête ou égoïste dont on doit supporter les conséquences, mais bien au contraire, c’était le choix admirable de se sacrifier en quelque sorte pour des êtres qu’on aime, mais comme si tout cela allait nous condamner pour toujours à une vie médiocre et repliée sur soi !

    Non, je ne suis pas d’accord, et je voudrais crier de tout mon cœur à ces amis si nombreux qui se sentent eux aussi condamnés à ne plus jamais voler, à ne plus jamais rêver, à ne plus jamais réaliser leurs passions, qu’il y a toujours une solution, une porte entrouverte vers le ciel. Et qu’il y a une différence énorme entre « accepter » certains conditionnements extérieurs qu’on ne peut plus changer et « se résigner » à être les victimes passives de ces conditionnements injustes.

    Non, il y a toujours une vie en nous qui est plus grande que nos conditionnements, que les injustices qui nous tiennent enfermés comme dans une grande prison. Il y a toujours une porte de sortie, mais cette porte de sortie est en nous et en même temps dans le cœur de ceux qui ont décidé comme nous de s’en sortir.

    La première chose à faire, pour ne pas se résigner, est de se convaincre que nous ne sommes pas seuls. Nous sommes entourés de milliers et de milliers de personnes qui sont tentées comme nous de tout abandonner, parce que le combat est trop dur, mais chacun tout seul dans son coin, sans voir que le voisin de la pièce d’à côté tourne lui aussi en rond sur lui-même sans espoir.

    Puis il faut rencontrer ces gens qui cherchent comme nous, il faut s’encourager mutuellement à libérer en nous ces énergies cachées sous la cendre et qui ne demandent au fond qu’à brûler, brûler intensément. La première lueur d’espoir va être le jour où, moi qui suis presque entièrement dans le noir, j’aurai réussi à faire briller les yeux de quelqu’un qui était dans un noir encore plus terrible que le mien. Alors je vais y prendre goût peu à peu, je vais essayer encore, je vais échouer un certain nombre de fois, mais le souvenir de ma première victoire va bientôt en appeler d’autres.

     

    Je vais alors commencer à rêver de nouveau, et le rêve pousse à être attentif, et quand on est attentif, on se met à découvrir des occasions par milliers, et sur des milliers d’occasions on ne peut pas tout rater, c’est impossible, alors on relève la tête. On se sent tout à coup envahi par un courant bénéfique et contagieux qui nous emporte et qui emporte avec nous d’autres compagnons de voyage. Je sais que tout cela ce sont des mots. Mais c’est aussi le fruit d’années et d’années d’expériences où j’ai vu des handicapés redonner le bonheur aux autres, des moribonds consoler ceux qui pleuraient au pied de leur lit, des pauvres qui partageaient avec d’autres pauvres tout ce qu’ils possédaient, des gens sourire au milieu des larmes, et je n’en finirai pas de vous citer des exemples eux aussi par milliers… et je sens que cet article n’est que le début d’une longue série… jusqu’à ce que mon amie me dise que maintenant elle est vraiment convaincue. J’y consacrerai le temps qu’il faudra, mais je suis têtu, je ne suis pas du genre à baisser les bras à la première réponse négative !


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  • Avez-vous remarqué combien d’articles sont publiés chaque jour à propos de la santé ? C’est évidemment un sujet qui nous tient particulièrement à cœur, car la santé conditionne pour le bien ou pour le mal, toute notre vie et même toutes nos relations.

    Alors que faire ? S’assurer que notre santé ira dans le bon sens, qu’elle obéira à nos désirs ou même à nos caprices, qu’elle ne viendra pas soudain déranger tous nos beaux projets d’avenir, qu’elle nous laissera tranquilles de gérer notre vie comme bon nous semble… ?

    Tout cela part d’une bonne intention. C’est même louable de s’intéresser à sa santé avec la plus grande attention. Et pourtant nous voici à la merci de la moindre surprise désagréable qui va ruiner tout ce château de cartes que nous nous étions bâti. Car « l’important c’est la santé », entendons-nous dire partout, du matin au soir. Et si, tout à coup, ma santé se détériorait ? Je serais le plus malchanceux et le plus malheureux des hommes ? Notre vie serait alors simplement une question de chance ?

    On pourra toujours juger celui qui a perdu sa santé, en disant que c’est finalement sa faute, qu’il a dû être imprudent quelque part. Mais on sait bien que la vérité est tellement plus complexe. Il y a dans les médias de nos jours une frénésie de dénoncer toutes les tromperies sur la santé. Les meilleurs aliments que l’on s’est habitué à goûter avec plaisir et bonne conscience, deviennent d’un jour à l’autre dangereux et menaçants. Si l’on écoute certains médias, on n’osera plus toucher à rien car tout risque d’avoir été contaminé. Manger deviendrait pire qu’aller dans un pays en guerre, on y risque sa peau chaque jour.

    Au-delà des caricatures et des exagérations, je crois qu’il y a là un immense malentendu de base : c’est simplement que nous pensons au fond de nous-mêmes que notre santé nous appartient. Et le résultat, c’est que nous finissons par appartenir à notre santé, à en devenir complétement dépendants et esclaves.

    La vérité est toujours simple et libératrice. Quelle paix nous envahit au fond de l’âme lorsque nous découvrons que la santé, pas plus que la vie, ne nous appartiennent pas ! Qu’est-ce à dire ? Ma santé appartiendrait à quelqu’un d’autre ? Non, ce n’est pas ce que je voulais dire. Je voulais dire simplement que la santé, comme la vie, est le plus beau des cadeaux que nous avons reçu le jour de notre naissance. C’est un talent qui nous a été donné pour le faire fructifier, pour en faire des merveilles, pour nous en servir pour le bien des autres et pour notre bien à nous-mêmes. Mais c’est un cadeau qui s’en ira un jour, comme il est arrivé au départ. Cela ne dépend pas de nous. Notre vie sur cette terre n’est qu’un passage à vivre de tout notre cœur. Et la vie est faite parfois de santé et parfois de maladie et finalement de mort (une mort qui donne toujours la vie quelque part, comme dans la nature).

    Et nous finirons par trouver la paix définitive quand nous commencerons à comprendre que cette vie et cette santé nous ont été données pour les autres aussi bien que pour nous-mêmes. Lorsque j’offre ma santé de tout mon cœur pour la construction d’une humanité plus harmonieuse, ne suis-je pas le plus heureux des hommes ? Et lorsqu’arrive le moment de la maladie ou de la mort, pourquoi cela changerait-il ? Le problème c’est qu’on « vit » sa vie tant qu’elle semble aller bien, mais qu’on « subit » sa maladie et sa mort, comme si elles n’avaient rien à voir avec nous. Alors que tout change lorsqu’on vit aussi sa maladie et sa mort pour les autres et pour le bien de l’humanité. J’ai un vieil ami qui est en train de mourir à petit feu depuis des mois et que tout le monde va visiter sur son lit de moribond, parce qu’il « vit » sa mort pour les autres et l’on ressort de ces visites chez lui avec le cœur léger et même heureux. Car on était parti pour le consoler et c’est lui qui nous a donné la lumière.

     

    Comme la vie devient plus simple lorsqu’on prend la santé comme un moyen à cultiver, le plus beau des moyens peut-être, mais rien de plus, pour servir et aimer nos frères et nos sœurs en humanité, et non pas un but ou un idéal en soi-même ! Et quand ce moyen vient à manquer, la vie nous donne encore bien d’autres moyens pour nous donner aux autres jusqu’au dernier souffle. Et chaque souffle, chaque battement de cœur sera toujours un immense cadeau jusqu’au dernier jour : pourquoi assombrir notre vie en voulant soudain qu’elle soit ce qu’elle n’est pas et ne sera jamais : un jouet entre les mains de nos caprices ?


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  • Quelqu’un m’a demandé récemment, à la fin d’une fête merveilleuse que nous avions organisée avec une foule d’amis, si j’étais satisfait : et voilà que je me suis surpris à lui répondre que je n’aime pas ce mot « satisfait ».

    Mais le soir, en rentrant chez moi, je me suis souvenu de ce bref échange et j’ai voulu en savoir plus. Oui, pourquoi ce mot « satisfait » me dérange et me fait presque peur ?

    C’est que pour être satisfait, il faut avoir imaginé telle ou telle situation, avoir travaillé pour atteindre tel but et être tout content lorsque le but est atteint. C’est en apparence très beau et pourtant je pense que cela va tout gâcher. Car si notre vie s’organise d’un but à l’autre comme nous les espérons, il va certainement y avoir des jours où nous ne serons satisfaits qu’à moitié et d’autres jours où nous ne saurons pas satisfaits du tout !

    Je crois que vouloir être satisfait, c’est rester accroché à un passé qui nous conditionne. C’est bien de travailler de tout son cœur pour un certain but à atteindre. Si nous n’avions pas de buts, nous resterions là plantés à ne rien faire. Mais ce n’est pas le but qui va compter à la fin. Ce qui compte c’est la quantité d’intelligence, de courage, d’amour ou de persévérance que nous aurons mis à rechercher ce but. C’est la qualité de notre vie durant cette nouvelle étape qui va conditionner notre bonheur du moment.

    Mais le résultat va sans doute nous surprendre. La réalité n’est jamais comme on la rêve au départ. Et je ne veux pas du tout dire par là que la réalité est moins belle que le rêve, bien au contraire : combien de fois la réalité nous comble de surprises que les rêves les plus insensés ne nous avaient pas laissés imaginer.

     

    Alors, tout faire pour parvenir à de beaux et bons résultats, certainement. Mais ensuite accepter les évènements tels qu’ils vont se présenter et nous surprendre. Etre capables d’accueillir dans la nouveauté réelle de nouveaux défis et de nouveaux horizons qui vont nous combler bien mieux qu’une simple et pauvre satisfaction momentanée. La vie est faite pour s’ouvrir sans cesse, pas pour se renfermer sur un passé qui a pu avoir de bons côtés, mais qui est bien passé maintenant et dont on doit sans cesse se libérer pour inventer un nouvel avenir. Voilà encore un autre passepartout pour le bonheur !


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