• Passepartout

    Combien de portes se ferment chaque jour devant nous, nous empêchant de continuer notre chemin. Ne pourrions-nous pas nous aider à trouver des passepartout assez souples pour nous dépanner?

  • Ce n’est pas si difficile que cela de défaire un nœud, sauf s’il est vraiment trop serré avec une main de fer et un fil trop petit pour être saisi, mais en général même un enfant serait capable de le faire.

    Eh bien, ce matin, je vais vous proposer un nouveau passepartout pour le bonheur : s’habituer à défaire nos nœuds, l’un après l’autre, du matin jusqu’au soir et jusqu’à la fin de notre vie. Aller se coucher le soir bien tranquilles, parce que tous nos nœuds ont été dénoués et que demain s’annonce comme une journée sans problème sauf mauvaise surprise… ou peut-être quelque nouveau nœud inattendu… qu’il nous suffira de défaire à son tour !

    Mais qu’est-ce que j’appelle des nœuds, ici ? De simples petits problèmes, pas très graves mais qui s’accumulent au cours de nos journées et qui finissent par nous paralyser. Un malentendu avec une personne, un échec au travail, une mauvaise nouvelle qui risque d’en provoquer d’autres pires que la première et voilà que nos journées deviennent tristes ou lourdes. La peur et l’angoisse commencent à nous paralyser. Nous n’osons plus rien faire, nous avons envie d’éviter les gens et les problèmes en nous renfermant sur nous pour courir moins de risques, mais les nœuds continuent à s’accumuler quand même.

    A un certain moment, la situation devient tellement dramatique que nous ne savons même plus quel est le nœud qui nous gêne le plus et qui semble nous étrangler. Alors nous n’avons plus le temps ni la patience d’aller chercher quel est ce nœud qui nous fait si mal… nous prenons tous les nœuds à la fois, nous allons chercher un couteau et nous tranchons d’un seul coup tout ce tas de nœuds, en croyant nous libérer. Nous prenons par exemple des décisions irrévocables : quitter notre travail, nous séparer définitivement de tel ou tel ami ou même de la personne qui partageait jusqu’à présent notre vie, partir, émigrer, penser même à nous suicider peut-être… et le tout sans vraiment savoir pourquoi, simplement parce que nous n’en pouvons plus.

    Le bonheur est alors évidemment bien loin maintenant, alors que rien de tellement grave ne nous était vraiment arrivé. Simplement une succession de petits problèmes antipathiques que nous avons préféré oublier au départ pour ne pas nous attrister, au lieu d’essayer de les regarder en face et de comprendre ce qui se passait. J’ai peut-être eu une conversation malheureuse avec un ami qui va me gêner chaque fois désormais que je vais me retrouver avec lui. Alors, pourquoi ne pas essayer d’abord de revenir en moi-même et de me demander honnêtement si mon attitude a pu le gêner et aller lui demander pardon. Ou bien lui proposer de revenir sur le sujet qui nous a fâchés, en essayant de s’écouter cette fois-ci avec un peu plus de compréhension et de patience. Mais surtout il ne faudrait jamais aller se coucher le soir en ayant l’impression que nous avons oublié de dénouer nos nœuds, car déjà cela va nous empêcher de bien dormir. Puis le lendemain sera une journée encore plus difficile, parce que nous serons impatients avec tout le monde à cause du premier nœud de la veille et nous allons provoquer tout de suite d’autres nœuds… et quand nous voudrons revenir au premier, ce sera encore plus difficile…

    Je sais bien que tout cela est facile à dire, c’est comme une parabole ou une caricature. Mais si nous sommes sincères, cela nous arrive presque chaque jour. Récemment j’ai eu un « nœud » avec une personne que j’aime beaucoup. Au début je sentais que lui en parler c’était comme la déranger pour rien. On trouve tellement d’excuses pour ne pas défaire nos nœuds. Puis, comme je me sentais, au bout de quelques jours, tellement mal à l’aise, j’ai décidé d’affronter le problème, un peu timide au départ, mais en y mettant tout mon cœur… et nous avons découvert que finalement nous voulions arriver au même but mais avec des moyens différents et que nous mettions peut-être des réalités différentes sous les mêmes mots. Nous nous sommes vite réconciliés et maintenant tout est clair devant nous, comme un ciel sans nuage. Je peux ce matin recommencer à écrire dans mon blog des pensées positives, sans me sembler à moi-même utopique ou menteur. Non, la réalité est souvent difficile, mais c’est le plus souvent parce que nous-mêmes nous sommes enfermés dans des problèmes que nous aurions pu résoudre tout de suite. Alors, un peu de courage chaque jour et à chaque nœud : cela en vaut la peine !   


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  • Oui, c’est une question qu’on me pose souvent. Et ce n’est pas si facile d’y répondre, car nous sommes si différents les uns des autres, nous avons de la vie et de l’amitié des expériences tellement variées…

    Je vais essayer ce matin seulement de commencer à donner quelques éléments de réponse. D’abord je n’aime pas beaucoup ce verbe « avoir » quand il s’agit d’amitié, d’amour, de foi, de confiance ou même simplement de sentiments. On doit tout de même se souvenir que nos amis, pas plus que nos parents, ne nous appartiennent pas. Mais cela n’empêche absolument pas tout de même que nous ayons de si beaux rapports d’amitié.

    Ensuite, c’est vrai que nous avons tous connu des personnes qui semblaient des amis au départ, puis qui nous ont déçus, ou même trahis et abandonnés, en laissant parfois en nous des blessures plus ou moins profondes. Et alors la tentation est très grande de se replier sur soi en pensant qu’on courra moins de risque si on a moins d’amis. Mais l’isolement n’est évidemment pas une bonne solution, c’est comme se couper de la vie elle-même.

    On voudrait à la fois risquer et avoir des assurances : c’est le mystère de la vie qui s’ouvre à nous. La vie est un risque et une aventure, il n’y aura jamais d’assurance totale sur l’avenir de la vie et donc de l’amitié et de l’amour. Surtout que la réponse de l’amitié et de l’amour dépend toujours de la pleine liberté de l’autre qui peut nous surprendre.

    Mais pourquoi ne pas tourner tout cela en positif et nous apercevoir que souvent la liberté de l’autre nous surprend par des marques d’attention, de générosité, d’affection que nous n’aurions jamais imaginées ? Question de chance ?

    Je crois que le fond de la réponse est en nous. Si nous commençons nous-mêmes par être vrais avec les autres, c’est comme semer la confiance dans un champ et attendre que poussent les plantes et mûrissent les fruits de cette confiance. Et là je crois que le résultat est presque mathématique : si j’apprends à être vrai le plus possible avec toutes les personnes que je rencontre, il y aura toujours des gens sincères qui seront touchés par mon attitude et qui finiront par me répondre pleinement…

    Le problème, c’est que quand on a été blessé par quelqu’un, on oublie parfois d’un seul coup toutes les belles relations construites avec tellement d’autres personnes qui peuvent toujours déboucher sur une amitié sincère et fidèle. Alors, ma première réponse est que si je veux je peux toujours trouver de vrais amis et que je me concentre sur eux beaucoup plus que sur ceux qui m’ont déçu. C’est toujours l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein. (Affaire à suivre)


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  • Cela fait quelque temps que je dis ou que j’écris que j’ai décidé d’être heureux. D’être heureux pour les autres, que cela soit bien clair. Car être simplement heureux pour moi-même, égoïstement, ne m’attire pas beaucoup, et je pense que ça ne marche jamais.

    Tandis qu’apprendre à être heureux pour les autres, cela comble tellement, cela apporte tellement de belles surprises au milieu des épreuves de toutes sortes, cela est tellement contagieux, car le bonheur se multiplie évidemment en se donnant…

    Mais je vois que cette phrase, tout de même un peu originale, provoque des réactions intéressantes chez mes amis. « Pourquoi ? Auparavant tu n’étais pas heureux ? » Si, j’ai été souvent heureux dans ma vie. Pas toujours, bien sûr, comme tout le monde. Mais c’est vrai que le bonheur a grandi dans mon cœur, quand j’ai appris à vivre l’autre, au lieu de vivre pour moi. La seule différence, c’est que ce bonheur était un peu trop lié à la chance des circonstances. Si tout allait bien, j’étais heureux de tout mon cœur, mais si des problèmes ou des obstacles se présentaient, mon bonheur commençait à trembler.

    Et quand le bonheur tremble, c’est automatique, on a tout de suite peur de le perdre, on commence à se regarder, on voit toutes ses limites, on imagine des catastrophes, et la catastrophe survient presque immanquablement…

    Tandis que si on décide d’être heureux… pour les autres, quand le bonheur tremble, on pense d’abord aux autres, à tous ces amis et amies qui ont tellement besoin de nous, tellement besoin de voir que nous n’avons pas perdu l’espoir. Et alors nous nous remettons tout de suite debout et nous marchons. Nous reprenons notre bonheur en boîtant peut-être, ou même au milieu des larmes, mais le bonheur est toujours là, même si nous ne le sentons plus.

    Alors je vois que tout change. Le bonheur n’est plus une question de sentiments du moment, qui peuvent justement être passagers. Le bonheur devient peu à peu notre personnalité profonde, notre identité, notre fidélité. Je vous avoue que moi-même j’ai encore des doutes qui me traversent l’esprit ou le cœur quand je fais de telles déclarations. Alors je vous invite à continuer ce dialogue, à partager nos expériences en cours de route, pendant toute l’année, sur le blog ou par d’autres moyens. Car j’ai besoin de vous pour avancer. Je sais qu’il y aura des moments difficiles ou délicats que nous pourrons partager, et chaque fois nous devrons adapter notre bonheur à ces nouvelles circonstances inattendues, mais je pense que notre bonheur restera… parce que je connais des gens merveilleux qui sont passés par là et qui ont réussi à être heureux jusqu’au bout. Alors, pourquoi pas nous ?


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  • Oui, cher ami ou chère amie qui entres avec moi de temps en temps dans ce blog, tu auras bien compris que c’est là le principal but de tout ce que j’écris ici, quand je le peux, tous les deux jours : « être heureux… pour toi. »

    Car je sais que tu as besoin de mon bonheur, comme j’ai besoin du tien, comme j’ai eu besoin du bonheur de tous ceux qui m’ont aidé un jour à sortir de mon tunnel.

    Alors, cela fait pas mal de temps que je m’exerce à être heureux. Je sais bien que les gens pensent en général qu’on est heureux quand on a eu de la chance, quand on a réussi à réaliser un de ses rêves, mais les circonstances de la vie viennent souvent tout gâcher, alors que faire ?

    J’ai appris tout simplement à ne plus me laisser impressionner par ces circonstances de la vie, qu’elles soient tristes ou joyeuses, car j’ai découvert qu’au fond ce n’est pas là que se trouve mon vrai bonheur.

    Mon vrai bonheur se trouve là où je découvre enfin le trésor de l’autre et je parviens à le mettre en communication ou en communion avec le trésor qui est en moi. Car chacun a son trésor caché, parfois sous beaucoup de poussière de toutes sortes, mais il est bien là. Et quand on commence à découvrir ce trésor, on comprend en même temps que c’est lui qui compte, car le trésor reste et les circonstances s’en vont.

    Et j’ai fait souvent l’expérience que la joie qui déborde de mon cœur est en grande partie contagieuse, à condition que je sache la partager délicatement au bon moment. Car l’autre qui souffre peut-être, ou qui se plaint sans cesse de problèmes qui l’écrasent, cet ami qui se sent abandonné par le monde entier ou qui ne voit plus que du négatif en lui et autour de lui, voudrait bien croire au fond de lui qu’il y a quelque part un chemin pour s’ouvrir à la lumière, mais c’est comme s’il avait peur de le chercher tout seul…

    Alors, quand il trouve un ami qui lui confirme par un simple sourire, une parole d’encouragement ou un service rendu au bon moment, que le bonheur ou l’espoir ne sont pas complètement morts, c’est comme si tout refleurissait d’un seul coup pour toujours. Et quand on fait un certain nombre de fois cette expérience d’être peut-être la seule bouée de secours qui pouvait illuminer le chemin d’une personne en perdition, alors, on ne peut plus se permettre d’être absent quand l’autre vient à nous pour retrouver ce bonheur qu’il avait déjà entrevu une fois en nous rencontrant.

    Et l’on cherche par tous les moyens à avoir toujours une portion de bonheur à portée de la main pour quand notre ami passera pour la demander. Car ce serait terrible si cet ami se présentait et qu’on soit obligé de lui dire, la mort dans l’âme, qu’aujourd’hui il n’y a plus de bonheur nulle part.

    Ce n’est pas si difficile que cela d’avoir en fait toujours un peu ou beaucoup de bonheur en réserve, surtout si l’on n’est pas seul à vivre ce bonheur, car on se le passe de l’un à l’autre, comme dans un match de football et quand quelqu’un nous le demande, il y aura toujours l’un de nous en position de le partager.

     


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  • J’ai lu récemment cette phrase, publiée par une de mes amies sur Facebook, et qui m’a mis un peu mal à l’aise : « Ne mettez jamais la clé de votre bonheur dans la poche de quelqu’un d’autre. » A première vue, cela se comprend. Il est évident que le premier maître de mon propre bonheur, ce sera d’abord toujours moi, ma manière de gérer ma vie et mes relations, mon ouverture, ma patience, mes vertus… Si j’attends que l’autre réalise mon bonheur, je serai peut-être souvent déçu. On doit toujours compter avant tout sur soi-même… combien entendons-nous à longueur de journée des phrases remplies comme celle-ci d’une certaine sagesse. Mais ne sentez-vous pas que cette sagesse est bien trop terre à terre, repliée sur un certain égoïsme de base qui nous fait nous méfier toujours plus ou moins de l’autre ?

    Je vais vous dire où je crois que se trouve ici un grand malentendu. C’est tout simplement que le bonheur a deux clés, une clé qui se trouve « dans ma poche », ou plutôt dans mon esprit et dans mon cœur, et une clé qui se trouve dans l’esprit et dans le cœur de l’autre. Je pourrai essayer de nier cette situation, je ne la changerai jamais, car c’est la base de la condition humaine. Nous sommes tous interdépendants les uns des autres. Et pour ouvrir la porte du bonheur j’aurai toujours besoin de ces deux clés. Je ne trouverai jamais le bonheur tout seul.

    Mais quelle est cette clé que je porte donc en moi pour le bonheur ? C’est ma capacité d’aimer toute l’humanité, de donner ma vie pour les gens que je rencontre et qui sont importants pour moi, et si possible au fond pour tous les hommes. C’est cette force et cette énergie qui me poussent à combler les autres de joie, à leur faire sentir combien ils comptent dans ma vie, à les aider à alléger leurs souffrances, à leur faire découvrir le trésor qu’ils portent en eux sans peut-être même le savoir.

    Et la plus belle surprise, c’est de découvrir que l’autre a en lui la même clé que moi, à sa façon, bien sûr, avec son caractère à lui et ses talents, mais avec la même capacité de se donner pour ceux qu’il rencontre. Et le bonheur arrive quand ces deux clés ouvrent la porte en même temps. Chance, hasard, concours de circonstances ? Cela peut arriver. Mais le vrai bonheur, c’est celui qui vient lorsqu’on se met d’accord avec l’autre pour ouvrir ensemble la porte.

    Tout n’est pas si simple encore, quand on découvre que la porte du bonheur doit continuer à être ouverte de nouveau à chaque instant, mais c’est cela qui rend le bonheur tellement beau, car il n’est jamais monotone et il surprend toujours. Mais on peut comprendre la peur ou la méfiance qui naissent d’un bonheur inachevé ou détruit en chemin. On n’est jamais à l’abri d’un échec, d’une déception, d’une trahison. C’est la force intérieure de notre clé qui va nous donner le courage de continuer et de recommencer après chaque chute. Mais inutile de se replier sur soi-même en cherchant le bonheur sans les autres : nous ne le trouverons jamais !

     


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