• Passepartout

    Combien de portes se ferment chaque jour devant nous, nous empêchant de continuer notre chemin. Ne pourrions-nous pas nous aider à trouver des passepartout assez souples pour nous dépanner?

  • Eh oui, savez-vous que mettre l’autre en valeur est un des plus beaux secrets du bonheur ? Mais à condition de bien comprendre ce que cela veut dire. Mettre l’autre en valeur ne veut pas dire passer notre journée à faire des compliments aux personnes que nous rencontrons en pensant leur faire plaisir. Ce n’est pas une tactique ou une stratégie dans nos relations sociales. Encore moins évidemment un truc pour se faire bien voir et dominer finalement les autres par notre personnalité. Tout cela ce serait des pièges dans lesquels il est facile de tomber, mais qui ne laissent en fin de compte, en nous et chez les autres, que beaucoup de vide et de grandes déceptions.

    C’est qu’en fait, avant d’être une déclaration privée ou publique que l’on fait devant l’autre sur ses qualités ou ses talents, tout cela est d’abord une question de regard du cœur. Nous devons commencer par vivre pour l’autre, « vivre l’autre », du matin au soir, comme un idéal de vie qu’on a consciemment décidé un beau jour de mettre en pratique. Il s’agit d’être convaincu que toutes les personnes que nous rencontrons et avec lesquelles nous vivons, ont quelque part en elles de beaux trésors à partager. Et l’on commence à partir à la chasse à ces trésors. Avec certainement beaucoup de mal au début pour dépasser nos préjugés, jugements et suspicions de toutes sortes qui nous empêchent de croire à la beauté de ces autres…

    Mais quand on a commencé à faire d’abord en soi-même cette gymnastique libératrice qui nettoie et purifie le regard, on s’aperçoit que réellement chaque personne a en elle quelque chose de merveilleux qu’on n’aurait jamais imaginé. Et l’on va de surprise en surprise. Mais ce qui est extraordinaire à ce moment-là, c’est de se rendre compte que l’on commence à voir en l’autre des points lumineux que lui-même ne remarquait pas. Pour être sincère, c’est cela qui a bouleversé ma vie, à un certain moment, lorsque j’ai rencontré quelqu’un qui a réussi à voir en moi des capacités insoupçonnées. Alors que jusque-là j’étais prisonnier de circonstances douloureuses dans ma famille et en moi-même, qui avaient fini par me paralyser.

    A partir de là tout a changé pour moi et j’ai senti en moi comme un appel immense à faire au monde entier, qui souffre tellement autour de nous, ce que cet ami avait pu faire pour moi et pour ouvrir enfin mon esprit et mon cœur sur des horizons qui me semblaient auparavant inaccessibles. Mais quand on a changé ce regard intérieur sur chaque personne, cela devient tout simple et spontané de partager à haute voix ces découvertes et de les mettre en valeur, à la fois pour remercier l’autre du bien qu’il fait et pour aider tout le monde à se mettre à son tour à changer son regard. « Comme c’est beau ce que tu viens de dire ! » « Merci d’attirer notre attention sur ce détail tellement important ! » « Sais-tu que ta remarque m’a fait beaucoup de bien ? » « Sais-tu que cette personne a été très touchée de ce que tu lui as dit ? » « Sais-tu que cette personne passait un moment très difficile et ton expérience lui a redonné l’espoir. »

    On n’en finirait pas de donner des exemples. Ce sont souvent quelques mots tout simples, dits au bon moment et qui transforment nos relations de tous les jours, qui provoquent des sourires de bonheur, qui mettent de la joie au milieu de la routine de tous les jours et qui créent surtout une confiance réciproque qui va devenir bientôt inébranlable. Car lorsqu’on met ainsi en valeur chaque personne rencontrée, voilà que cette personne qui se trouve peut-être au cœur d’une épreuve douloureuse qui vient de la frapper, décide de se confier à vous simplement parce qu’un jour vous lui avez adressé un mot gentil. Et combien de problèmes et de situations qui pouvaient mal finir trouvent finalement une solution ou une lumière qui va tout débloquer. Mais tout cela ne s’invente pas comme le caprice d’un moment, c’est un choix de vie que l’on fait en toute conscience et auquel on reste fidèle ensuite pour toujours ; mais quand on a essayé de se donner de la sorte, la vie devient tellement plus belle que ce serait bien dommage de revenir en arrière…


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  • Quand on relit l’histoire de l’humanité, on découvre qu’une grande partie des révolutions bénéfiques qui ont marqué notre planète au cours des siècles sont parties de personnes qui étaient amoureuses. Amoureuses d’un grand idéal, amoureuses de la justice, amoureuses de Dieu, amoureuses de leur patrie, amoureuses de l’homme tout simplement, ou, plus simplement encore, amoureuses d’une autre personne en qui elles avaient trouvé leur trésor.

    Quand on se laisse prendre par l’amour qui brûle au fond de notre cœur, tout change. On ne remarque même plus les difficultés ou les problèmes. On ne voit plus que l’objet de notre amour, on en rêve de nuit comme de jour. Tous nos plans, nos projets, nos espoirs, nos calculs sont désormais en fonction de cette lumière nouvelle qui a illuminé notre vie.

    Demandez à tous ceux qui se sont mariés en pleine guerre s’ils se souviennent surtout de la guerre ou de tous ces moments passés à risquer sa vie pour pouvoir faire quelque chose de beau pour son bien-aimé ou sa bien-aimée. Cela ne veut pas dire que la vie était dans un nuage artificiel, bien au contraire. Quand on aime quelqu’un on fait encore plus attention à tous les détails concrets qui peuvent aider ou à ceux qui peuvent faire du tort. On est toujours attentif, sur le qui-vive, et en même temps prudent, patient, capable d’accueillir les occasions importantes. Car on a un but dans la vie qui remplit tellement chacune de nos journées que le reste devient relatif ou secondaire.

    Je connais des personnes qui sont sorties de leur dépression psychique le jour où elles sont tombées amoureuses de quelqu’un. Elles se sont mises à croire à cet amour dans leur cœur. Elles ont cessé de passer leur temps à se regarder et à se plaindre de leur sort. Elles ont commencé à vivre pour cette personne aimée qui avait changé tout à coup tout le paysage de leur vie de tous les jours… et cette vie a pris un sens nouveau et n’est plus revenue en arrière.

    Alors, je crois qu’en définitive le remède miracle que chacun de nous attend pour résoudre sa situation, ses problèmes personnels, de famille, ceux de son pays ou de son travail, c’est de tomber de nouveau amoureux d’un idéal qui vaille la peine de donner sa vie. Et cela ne peut se faire qu’en découvrant des personnes qui nous ont précédé sur ce chemin, des amis qui ont illuminé notre route et qui sont peut-être morts maintenant, mais qui vivent en nous pour toujours. Car ce genre d’amour est un amour qui se partage, qui devient contagieux en se donnant et qui se multiplie ensuite à l’infini. Si vous connaissez un remède plus efficace aux maladies de l’humanité d’aujourd’hui, dites-le-moi. Mais nous en reparlerons…


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  • (Passepartout pour l’humanité)

    Je ne sais pas si vous avez pu suivre au moins par moments ce qui vient de se passer au Japon ces jours-ci, à Tokyo et dans tout le pays : les Jeux Olympiques 2020 ! Je crois que c’était cette année un double miracle. Le premier, c’est celui qui se répétait régulièrement dans l’Antiquité grecque : le désir d’arrêter la guerre et de se rencontrer pacifiquement. Et le second, c’est que les Jeux de 2020 à Tokyo étaient bien morts, à cause de la pandémie du covid, et voilà qu’ils sont renés de leurs cendres : et cela a été une si belle surprise !

    Les Jeux Olympiques, c’est une fête mondiale, avec tous les pays de notre planète, même certains pays dont on ignorait l’existence, même des pays qui sont officiellement en guerre. C’est une fête de la jeunesse, des forces vives de chaque nation qui ont encore l’avenir devant elles. C’est surtout une fête symbolique, car on pourrait penser qu’il s’agit seulement d’un jeu. Mais c’est un jeu qui remue toute l’humanité de ceux qui y participent, et de tous les pays du monde qui se sentent représentés par ces héros de quelques jours.

    Au-delà des résultats et des performances parfois extraordinaires qu’on a pu suivre chaque jour, on a surtout pu voir des hommes et des femmes capables d’aller au bout d’eux-mêmes pour créer cette magie du sport et en même temps construire la famille humaine comme peut-être aucun évènement n’arrive à le faire à un tel niveau. Des jeunes de toutes les races, de toutes les tailles, avec des différences parfois comiques, comme entre ce basketteur de 2m 20 et cette petite gymnaste haute 1m 45. Il y en avait pour tous les goûts, pour toutes les spécialités. Mais leurs points communs, c’est que pour en arriver là, ils avaient fait des sacrifices immenses pendant des années.

    Car derrière la gloire de la médaille ou la tragédie d’une défaite imprévue, il y a l’histoire personnelle de chacun. Celle d’athlètes qui se sont blessés aux Olympiades précédentes et ont complètement échoué, et qui se sont relevés avec courage et patience pour réussir finalement la fois suivante. Celle de personnes qui vivent des tragédies dans leur famille ou leur pays et qui ont trouvé les ressources pour aller quand même de l’avant. Celle d’hommes et de femmes qui ont expérimenté que c’est seulement en s’entraidant les uns les autres qu’on parvient à un grand idéal. Les cris de joie et les larmes étaient la preuve que tous ces amis des quatre coins de notre planète avaient fait une expérience d’humanité qui leur restera jusqu’à la fin de leur vie et qu’ils ont réussi à transmettre aux spectateurs qui les ont suivis au moins à la télévision, puisqu’il n’y avait pas de spectateurs dans les stades, à cause du covid. Des évènements exceptionnels de ce genre sont toujours un motif d’espoir pour notre humanité blessée…

     


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  • Je crois que la vie devient une véritable libération quand on apprend à ne plus jamais revenir en arrière dans la construction de toutes nos relations avec les autres. Quand il s’agit de pas en avant positifs bien sûr. Si nous avons eu des conflits avec certaines personnes, il est certainement bon de revenir rapidement en arrière et d’essayer de nous réconcilier pour repartir de l’avant, mais ce serait un autre sujet, celui du pardon et de la miséricorde en particulier que nous avons déjà souvent abordé dans le blog.

    Mais il faut peut-être s’expliquer un peu mieux ce que cela voudrait dire de ne pas revenir en arrière, car cela peut avoir des sens parfois différents. Le premier, le plus simple et le plus évident, c’est que lorsque j’ai fait la connaissance d’un nouvel ami, je ne peux évidemment pas le rencontrer le lendemain dans la rue et faire comme si c’était pour moi un inconnu. Quand j’ai commencé à dire bonjour à une personne chaque matin, il sera blessé si, un jour, je ne le salue même pas quand je le rencontre au supermarché. Si j’ai pris l’habitude de serrer la main à un voisin dans l’escalier de l’immeuble, c’est évident que je continuerai toujours (à part les problèmes que nous avons en ce moment pour le coronavirus). Et il en va de même pour un sourire, une plaisanterie, un service, un conseil. C’est tellement beau de tisser ces relations qui se renforcent chaque jour un peu plus par ces signes de confiance réciproque.

    Cela fait réfléchir tout de même que n’importe quel geste, n’importe quelle parole est toujours quelque part un engagement de responsabilité et de fidélité avec les autres. Je ne peux pas commencer à montrer mon amitié et mon affection à quelqu’un pour m’en détourner à la première difficulté. Et cela demande beaucoup d’équilibre dans la vie, car nos programmes changent, nous nous déplaçons d’une ville à une autre et d’un pays à un autre et l’on ne peut évidemment pas continuer à vivre toutes nos relations de la même façon. Mais l’amour et l’amitié savent toujours trouver des moyens d’arriver au cœur de l’autre même quand les circonstances extérieures changent. C’est un beau défi que l’on peut apprendre à regarder comme une belle aventure et non pas comme un poids que l’on traîne et dont on ne sait plus quoi faire.

    Mais ne pas revenir en arrière a aussi un autre sens. J’ai vécu avec telle ou telle personne des moments inoubliables, pendant des vacances, au cours d’un voyage, dans des circonstances douloureuses où nous nous sommes profondément aidés l’un l’autre. Ou bien j’ai vécu des moments de partage intense où j’ai pu ouvrir mon cœur avec quelqu’un ou lui avec moi. Et j’aimerais que ces moments magiques reviennent toujours chaque fois que nous nous rencontrons. C’est bien normal et compréhensible, mais c’est là que commence le danger de regarder toujours en arrière. Le beau passé est passé et il ne se reproduira donc jamais plus, au moins de la même manière. Le présent sera toujours nouveau et on ne doit plus le comparer au passé, sous peine de s’enfermer soi-même dans la prison de ses beaux souvenirs. Triste constatation ? Bien au contraire. Aimer l’autre, c’est croire qu’il a changé comme moi, qu’il a mûri, qu’il porte en lui de nouvelles richesses que je ne soupçonne même pas. Et c’est là que la magie des relations humaines nous surprendra toujours si nous savons les prendre du bon côté sans jamais plus attendre la répétition d’un beau passé, mais en ouvrant notre esprit et notre cœur sur un avenir qui sera encore plus beau, plus profond, si nous continuons à faire confiance à la réciprocité de l’autre qui ne devrait jamais mourir…


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  • Les messages qui nous envahissent ces jours-ci sur les réseaux sociaux libanais sont poignants, bouleversants, souvent désespérés, ou résignés, horrifiés, parfois simplement tristes, immensément tristes, avec tout de même des histoires de solidarité, de partage, d’héroïsme même, qui font du bien au milieu de ce cataclysme général.

    Mais que dire devant tant de souffrance ? On est tenté de se taire, d’écouter simplement de tout son cœur cette immense lamentation pour qu’au moins ces amis qui souffrent ne se sentent pas complètement seuls, abandonnés par le monde entier.

    Et pourtant, après un moment de désarroi, j’ai commencé à sentir que je ne pouvais plus me taire, que j’ai créé ce blog pour donner de l’espoir à ceux qui sont en train de le perdre et que ce n’est pas au pire moment de découragement que je devrais m’arrêter.

    Je sais que c’est toujours délicat de glisser par-ci par-là une parole de réconfort ou d’encouragement dans une situation pareille. Je n’ai surtout pas de conseils à donner du dehors, je ne peux parler que si l’autre croit vraiment que je vis avec lui de tout mon cœur, parce que je lui en ai donné la preuve déjà par le passé depuis des années.

    Mais je vous dis simplement comment j’ai commencé à réagir ces jours-ci. Une de mes amies me dit : « Moi qui étais toujours pleine d’espoir, les idées noires me tuent. » Je lui ai répondu : « C’est tout à fait normal. Quand la douleur est trop forte, tout semble devenir noir. Mais cette nostalgie de l’espoir veut dire qu’il existe encore au fond du cœur. Alors l’important est surtout de ne pas rester tout seul à broyer du noir dans son coin, mais de continuer à partager et à rester en cordée avec ceux qui voient encore l’espoir à l’horizon. C’est ensemble que nous pourrons retrouver la lumière. » Et mon amie m’a remercié.

    Car la première chose à faire dans une telle situation, c’est de ne jamais juger celui qui se plaint, parce que je ne saurai jamais ce qu’il vit vraiment au fond de son esprit et de son cœur, je ne saurai jamais ce que j’aurais fait si j’étais à sa place….

    Et je voudrais finir (provisoirement pour aujourd’hui, car je crois que ce genre d’articles va se répéter dans les prochains jours, tellement ce sujet est devenu brûlant) par cette question toute crue d’une autre amie à propos de cette même réalité : « Cher Roland, survivre devient de plus en plus difficile. Un faible espoir vers la paix ???? »

    Alors je voudrais conclure en disant bien fort que l’espoir n’est jamais faible. L’espoir c’est comme la lumière. Si j’ouvre les persiennes de ma fenêtre d’un millimètre, je trouverai la lumière matinale un peu faible dans ma chambre, mais si je l’ouvre d’un ou deux centimètres, toute la lumière du jour va déjà m’envahir. L’espoir est une lumière immense qui peut passer partout si nous lui ouvrons nos esprits et nos cœurs. Mais si nous n’arrivons pas à le faire parce que nous sommes trop blessés, alors il faut se raccrocher à ceux qui ont plus de lumière et d’espoir que nous. Et on peut toujours en trouver. Car chacun de nous a connu un jour l’espoir parce que quelqu’un d’autre lui a montré le chemin pour y arriver. Personne n’est jamais arrivé à l’espoir tout seul. C’est une leçon que nous ne devrions jamais oublier. Et celui qui est dans l’espoir aujourd’hui alors que moi je me sens dans les ténèbres n’est pas différent de moi ou meilleur que moi, mais s’il a cette chance d’y croire en ce moment c’est que c’est son tour de le donner autour de lui. L’espoir est un don et en même temps une immense responsabilité. Garder l’espoir pour moi, c’est le faire bientôt mourir. Le partager sans cesse autour de nous, c’est le semer dans l’âme de mes amis ou même des gens qui ne me comprennent pas. Et quand on a semé sans relâche de petites semences d’espoir autour de soi, on est sûr de les retrouver ensuite grandies, fleuries, devenues des plantes imposantes où l’on peut venir se reposer, comme une immense surprise qui vient nous réconforter à notre tour au moment où nous allions nous aussi commencer à nous décourager…


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