• Passepartout

    Combien de portes se ferment chaque jour devant nous, nous empêchant de continuer notre chemin. Ne pourrions-nous pas nous aider à trouver des passepartout assez souples pour nous dépanner?

  • Quand on relit l’histoire de l’humanité, on découvre qu’une grande partie des révolutions bénéfiques qui ont marqué notre planète au cours des siècles sont parties de personnes qui étaient amoureuses. Amoureuses d’un grand idéal, amoureuses de la justice, amoureuses de Dieu, amoureuses de leur patrie, amoureuses de l’homme tout simplement, ou, plus simplement encore, amoureuses d’une autre personne en qui elles avaient trouvé leur trésor.

    Quand on se laisse prendre par l’amour qui brûle au fond de notre cœur, tout change. On ne remarque même plus les difficultés ou les problèmes. On ne voit plus que l’objet de notre amour, on en rêve de nuit comme de jour. Tous nos plans, nos projets, nos espoirs, nos calculs sont désormais en fonction de cette lumière nouvelle qui a illuminé notre vie.

    Demandez à tous ceux qui se sont mariés en pleine guerre s’ils se souviennent surtout de la guerre ou de tous ces moments passés à risquer sa vie pour pouvoir faire quelque chose de beau pour son bien-aimé ou sa bien-aimée. Cela ne veut pas dire que la vie était dans un nuage artificiel, bien au contraire. Quand on aime quelqu’un on fait encore plus attention à tous les détails concrets qui peuvent aider ou à ceux qui peuvent faire du tort. On est toujours attentif, sur le qui-vive, et en même temps prudent, patient, capable d’accueillir les occasions importantes. Car on a un but dans la vie qui remplit tellement chacune de nos journées que le reste devient relatif ou secondaire.

    Je connais des personnes qui sont sorties de leur dépression psychique le jour où elles sont tombées amoureuses de quelqu’un. Elles se sont mises à croire à cet amour dans leur cœur. Elles ont cessé de passer leur temps à se regarder et à se plaindre de leur sort. Elles ont commencé à vivre pour cette personne aimée qui avait changé tout à coup tout le paysage de leur vie de tous les jours… et cette vie a pris un sens nouveau et n’est plus revenue en arrière.

    Alors, je crois qu’en définitive le remède miracle que chacun de nous attend pour résoudre sa situation, ses problèmes personnels, de famille, ceux de son pays ou de son travail, c’est de tomber de nouveau amoureux d’un idéal qui vaille la peine de donner sa vie. Et cela ne peut se faire qu’en découvrant des personnes qui nous ont précédé sur ce chemin, des amis qui ont illuminé notre route et qui sont peut-être morts maintenant, mais qui vivent en nous pour toujours. Car ce genre d’amour est un amour qui se partage, qui devient contagieux en se donnant et qui se multiplie ensuite à l’infini. Si vous connaissez un remède plus efficace aux maladies de l’humanité d’aujourd’hui, dites-le-moi. Mais nous en reparlerons…


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  • (Passepartout pour l’humanité)

    Je ne sais pas si vous avez pu suivre au moins par moments ce qui vient de se passer au Japon ces jours-ci, à Tokyo et dans tout le pays : les Jeux Olympiques 2020 ! Je crois que c’était cette année un double miracle. Le premier, c’est celui qui se répétait régulièrement dans l’Antiquité grecque : le désir d’arrêter la guerre et de se rencontrer pacifiquement. Et le second, c’est que les Jeux de 2020 à Tokyo étaient bien morts, à cause de la pandémie du covid, et voilà qu’ils sont renés de leurs cendres : et cela a été une si belle surprise !

    Les Jeux Olympiques, c’est une fête mondiale, avec tous les pays de notre planète, même certains pays dont on ignorait l’existence, même des pays qui sont officiellement en guerre. C’est une fête de la jeunesse, des forces vives de chaque nation qui ont encore l’avenir devant elles. C’est surtout une fête symbolique, car on pourrait penser qu’il s’agit seulement d’un jeu. Mais c’est un jeu qui remue toute l’humanité de ceux qui y participent, et de tous les pays du monde qui se sentent représentés par ces héros de quelques jours.

    Au-delà des résultats et des performances parfois extraordinaires qu’on a pu suivre chaque jour, on a surtout pu voir des hommes et des femmes capables d’aller au bout d’eux-mêmes pour créer cette magie du sport et en même temps construire la famille humaine comme peut-être aucun évènement n’arrive à le faire à un tel niveau. Des jeunes de toutes les races, de toutes les tailles, avec des différences parfois comiques, comme entre ce basketteur de 2m 20 et cette petite gymnaste haute 1m 45. Il y en avait pour tous les goûts, pour toutes les spécialités. Mais leurs points communs, c’est que pour en arriver là, ils avaient fait des sacrifices immenses pendant des années.

    Car derrière la gloire de la médaille ou la tragédie d’une défaite imprévue, il y a l’histoire personnelle de chacun. Celle d’athlètes qui se sont blessés aux Olympiades précédentes et ont complètement échoué, et qui se sont relevés avec courage et patience pour réussir finalement la fois suivante. Celle de personnes qui vivent des tragédies dans leur famille ou leur pays et qui ont trouvé les ressources pour aller quand même de l’avant. Celle d’hommes et de femmes qui ont expérimenté que c’est seulement en s’entraidant les uns les autres qu’on parvient à un grand idéal. Les cris de joie et les larmes étaient la preuve que tous ces amis des quatre coins de notre planète avaient fait une expérience d’humanité qui leur restera jusqu’à la fin de leur vie et qu’ils ont réussi à transmettre aux spectateurs qui les ont suivis au moins à la télévision, puisqu’il n’y avait pas de spectateurs dans les stades, à cause du covid. Des évènements exceptionnels de ce genre sont toujours un motif d’espoir pour notre humanité blessée…

     


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  • Je crois que la vie devient une véritable libération quand on apprend à ne plus jamais revenir en arrière dans la construction de toutes nos relations avec les autres. Quand il s’agit de pas en avant positifs bien sûr. Si nous avons eu des conflits avec certaines personnes, il est certainement bon de revenir rapidement en arrière et d’essayer de nous réconcilier pour repartir de l’avant, mais ce serait un autre sujet, celui du pardon et de la miséricorde en particulier que nous avons déjà souvent abordé dans le blog.

    Mais il faut peut-être s’expliquer un peu mieux ce que cela voudrait dire de ne pas revenir en arrière, car cela peut avoir des sens parfois différents. Le premier, le plus simple et le plus évident, c’est que lorsque j’ai fait la connaissance d’un nouvel ami, je ne peux évidemment pas le rencontrer le lendemain dans la rue et faire comme si c’était pour moi un inconnu. Quand j’ai commencé à dire bonjour à une personne chaque matin, il sera blessé si, un jour, je ne le salue même pas quand je le rencontre au supermarché. Si j’ai pris l’habitude de serrer la main à un voisin dans l’escalier de l’immeuble, c’est évident que je continuerai toujours (à part les problèmes que nous avons en ce moment pour le coronavirus). Et il en va de même pour un sourire, une plaisanterie, un service, un conseil. C’est tellement beau de tisser ces relations qui se renforcent chaque jour un peu plus par ces signes de confiance réciproque.

    Cela fait réfléchir tout de même que n’importe quel geste, n’importe quelle parole est toujours quelque part un engagement de responsabilité et de fidélité avec les autres. Je ne peux pas commencer à montrer mon amitié et mon affection à quelqu’un pour m’en détourner à la première difficulté. Et cela demande beaucoup d’équilibre dans la vie, car nos programmes changent, nous nous déplaçons d’une ville à une autre et d’un pays à un autre et l’on ne peut évidemment pas continuer à vivre toutes nos relations de la même façon. Mais l’amour et l’amitié savent toujours trouver des moyens d’arriver au cœur de l’autre même quand les circonstances extérieures changent. C’est un beau défi que l’on peut apprendre à regarder comme une belle aventure et non pas comme un poids que l’on traîne et dont on ne sait plus quoi faire.

    Mais ne pas revenir en arrière a aussi un autre sens. J’ai vécu avec telle ou telle personne des moments inoubliables, pendant des vacances, au cours d’un voyage, dans des circonstances douloureuses où nous nous sommes profondément aidés l’un l’autre. Ou bien j’ai vécu des moments de partage intense où j’ai pu ouvrir mon cœur avec quelqu’un ou lui avec moi. Et j’aimerais que ces moments magiques reviennent toujours chaque fois que nous nous rencontrons. C’est bien normal et compréhensible, mais c’est là que commence le danger de regarder toujours en arrière. Le beau passé est passé et il ne se reproduira donc jamais plus, au moins de la même manière. Le présent sera toujours nouveau et on ne doit plus le comparer au passé, sous peine de s’enfermer soi-même dans la prison de ses beaux souvenirs. Triste constatation ? Bien au contraire. Aimer l’autre, c’est croire qu’il a changé comme moi, qu’il a mûri, qu’il porte en lui de nouvelles richesses que je ne soupçonne même pas. Et c’est là que la magie des relations humaines nous surprendra toujours si nous savons les prendre du bon côté sans jamais plus attendre la répétition d’un beau passé, mais en ouvrant notre esprit et notre cœur sur un avenir qui sera encore plus beau, plus profond, si nous continuons à faire confiance à la réciprocité de l’autre qui ne devrait jamais mourir…


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  • Les messages qui nous envahissent ces jours-ci sur les réseaux sociaux libanais sont poignants, bouleversants, souvent désespérés, ou résignés, horrifiés, parfois simplement tristes, immensément tristes, avec tout de même des histoires de solidarité, de partage, d’héroïsme même, qui font du bien au milieu de ce cataclysme général.

    Mais que dire devant tant de souffrance ? On est tenté de se taire, d’écouter simplement de tout son cœur cette immense lamentation pour qu’au moins ces amis qui souffrent ne se sentent pas complètement seuls, abandonnés par le monde entier.

    Et pourtant, après un moment de désarroi, j’ai commencé à sentir que je ne pouvais plus me taire, que j’ai créé ce blog pour donner de l’espoir à ceux qui sont en train de le perdre et que ce n’est pas au pire moment de découragement que je devrais m’arrêter.

    Je sais que c’est toujours délicat de glisser par-ci par-là une parole de réconfort ou d’encouragement dans une situation pareille. Je n’ai surtout pas de conseils à donner du dehors, je ne peux parler que si l’autre croit vraiment que je vis avec lui de tout mon cœur, parce que je lui en ai donné la preuve déjà par le passé depuis des années.

    Mais je vous dis simplement comment j’ai commencé à réagir ces jours-ci. Une de mes amies me dit : « Moi qui étais toujours pleine d’espoir, les idées noires me tuent. » Je lui ai répondu : « C’est tout à fait normal. Quand la douleur est trop forte, tout semble devenir noir. Mais cette nostalgie de l’espoir veut dire qu’il existe encore au fond du cœur. Alors l’important est surtout de ne pas rester tout seul à broyer du noir dans son coin, mais de continuer à partager et à rester en cordée avec ceux qui voient encore l’espoir à l’horizon. C’est ensemble que nous pourrons retrouver la lumière. » Et mon amie m’a remercié.

    Car la première chose à faire dans une telle situation, c’est de ne jamais juger celui qui se plaint, parce que je ne saurai jamais ce qu’il vit vraiment au fond de son esprit et de son cœur, je ne saurai jamais ce que j’aurais fait si j’étais à sa place….

    Et je voudrais finir (provisoirement pour aujourd’hui, car je crois que ce genre d’articles va se répéter dans les prochains jours, tellement ce sujet est devenu brûlant) par cette question toute crue d’une autre amie à propos de cette même réalité : « Cher Roland, survivre devient de plus en plus difficile. Un faible espoir vers la paix ???? »

    Alors je voudrais conclure en disant bien fort que l’espoir n’est jamais faible. L’espoir c’est comme la lumière. Si j’ouvre les persiennes de ma fenêtre d’un millimètre, je trouverai la lumière matinale un peu faible dans ma chambre, mais si je l’ouvre d’un ou deux centimètres, toute la lumière du jour va déjà m’envahir. L’espoir est une lumière immense qui peut passer partout si nous lui ouvrons nos esprits et nos cœurs. Mais si nous n’arrivons pas à le faire parce que nous sommes trop blessés, alors il faut se raccrocher à ceux qui ont plus de lumière et d’espoir que nous. Et on peut toujours en trouver. Car chacun de nous a connu un jour l’espoir parce que quelqu’un d’autre lui a montré le chemin pour y arriver. Personne n’est jamais arrivé à l’espoir tout seul. C’est une leçon que nous ne devrions jamais oublier. Et celui qui est dans l’espoir aujourd’hui alors que moi je me sens dans les ténèbres n’est pas différent de moi ou meilleur que moi, mais s’il a cette chance d’y croire en ce moment c’est que c’est son tour de le donner autour de lui. L’espoir est un don et en même temps une immense responsabilité. Garder l’espoir pour moi, c’est le faire bientôt mourir. Le partager sans cesse autour de nous, c’est le semer dans l’âme de mes amis ou même des gens qui ne me comprennent pas. Et quand on a semé sans relâche de petites semences d’espoir autour de soi, on est sûr de les retrouver ensuite grandies, fleuries, devenues des plantes imposantes où l’on peut venir se reposer, comme une immense surprise qui vient nous réconforter à notre tour au moment où nous allions nous aussi commencer à nous décourager…


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  • Je vais vous dire tout de suite ce que je pense vraiment de ce qu’on appelle un « refuge ». Le refuge est un lieu ou un moment qui s’offrent à nous, souvent quand nous sommes en difficulté pour un tas de raisons, et qui nous donnent pour un temps le repos ou la paix. Le refuge est donc souvent une clé pour notre bonheur. Mais attention à ne pas se tromper sur le mode d’emploi ! Le refuge doit toujours être un moyen, un passage plus ou moins long, un moment pour reprendre des forces sur un chemin plein de difficultés ou de problèmes. Et c’est cela qui fait son attrait et son bienfait irremplaçable. Mais il ne faut jamais transformer le moyen en but ou en destination définitive. Le refuge est utile comme une étape, comme le sang qui s’arrête au cœur ou dans les poumons pour s’oxygéner avant de reprendre sa route dans tous les recoins de notre corps qui l’attendent. Imaginons que le sang s’arrête tout à coup au cœur, parce qu’il s’y sent plus à l’aise et plus tranquille : ce serait notre mort instantanée.

    Comme c’est beau d’arriver par exemple au refuge d’une montagne élevée, à mi-chemin entre le village au fond de la vallée et le sommet qui nous attend. Ce sera le lieu où nous pourrons nous restaurer, manger tranquillement pour reprendre des forces, ou même dormir si le sommet est encore bien loin. Mais c’est le sommet qui nous attire. Cette cime alpestre, cette « vetta », chère aux Italiens, aiguille pointue qui semble défier le ciel, image de l’infini qui perce les nuages et qui nous rapproche du soleil. Notre vie est une montée vers le sommet, celui de l’amour, de la justice, de la bataille au service de l’humanité. La route est longue pour y arriver. Et un sommet donne envie de nous lancer à l’assaut d’un autre sommet qui va donner encore plus de sens à notre vie.

    Mais gare à s’arrêter pour toujours au refuge, par peur, par paresse, par médiocrité. La vie deviendra bien vite renfermée sur elle-même, elle ne respirera plus et le sang ne circulera plus dans nos veines. Il est donc important de trouver refuge pour la nuit, avant que le soleil se lève et que le chemin s’éclaire à nouveau. Ou quand la pluie s’abat sur nous et que l’orage gronde et se fait menaçant. Le refuge en temps de guerre est souvent une question de vie ou de mort. Mais j’ai connu des gens, pendant la guerre du Liban, qui sont entrés en dépression totale parce qu’ils n’avaient plus jamais le courage de quitter leur refuge et leur vie s’était comme arrêtée pour toujours. Le refuge peut donc devenir une maladie, si on ne parvient plus à le remettre à sa juste place.

    Et le refuge le plus beau et le plus réconfortant est certainement la personne qui nous aime et qui nous comprend, qui nous donne la force de recommencer et d’avancer dans les moments délicats de notre vie. Mais ici encore, attention à ne pas transformer notre ami, ou notre amie en un refuge dont nous profitons quand nous allons mal, comme on essaye de profiter des produits de la société de consommation. Ma vie ce sont les autres, à condition que je passe mon temps à me donner à eux de tout mon cœur, en tâchant d’être parfois un bon refuge pour eux au milieu des malheurs, mais sans les transformer eux-mêmes en un refuge dont je me servirais égoïstement quand ça ne va plus chez moi. C’est toujours la même chose : si je me donne aux autres, les autres auront envie de se donner à moi dans la réciprocité. Mais si je m’appuie seulement sur les autres en pensant à moi et non plus à eux, c’est que le passage est devenu un but et toute ma vie ira de travers.


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