• Reflets du paradis

    Il est sans doute impossible ou au moins dangereux de regarder le soleil en face. Le paradis est peut-être trop fort pour notre regard sur cette terre, mais rien ne nous empêche de contempler ses reflets comme ceux de notre soleil levant qui enflamme soudain l'horizon devant nous.

  • Nos bien chers autres

    Et nous voilà arrivés à notre troisième et dernier filtre sans lequel tout risquerait en fait de se déformer. Car Dieu, dans son amour trinitaire, ne pouvait pas faire autrement que de créer pour nous sur terre une nouvelle trinité à son image : moi, Dieu et les autres, ou Dieu, les autres et moi, ou les autres, Dieu et moi… Peu importe dans quel ordre nous nous y prenons, l’important c’est que les trois piliers de notre trinité soient bien là, toujours et à chaque instant et continuent à se répondre comme les échos de cette extraordinaire symphonie d’amour.

    Et combien il est facile, ici encore, de dévier de la route par laquelle Dieu nous invite à entrer dans son paradis. Un exemple ? Concentrer toute notre vie sur notre relation avec Dieu comme notre unique trésor, et nous renfermer sur ce rapport avec Dieu sans rien comprendre du trésor que devraient être pour nous tous ces frères et sœurs en humanité. Car on peut finir par aimer son prochain par devoir, simplement pour se servir de ce faux amour pour parvenir à une sorte de fausse sainteté égoïste où le prochain n’est plus aimé pour lui-même mais comme un instrument dont on se sert pour parvenir à ses fins en continuant à se regarder soi-même…

    Chiara Lubich disait toujours que chacun de nous est comme dans un immense jardin rempli de fleurs merveilleuses de toutes les couleurs et de tous les parfums. Alors il n’est pas raisonnable ni logique de passer notre vie à nous concentrer sur une seule fleur, la présence de Dieu dans notre cœur, sans même nous rendre compte que Dieu est aussi là qui nous attend par sa présence dans toutes les autres fleurs du jardin. Alors je regarde seulement ma fleur, je jouis de sa beauté et de son parfum, j’en connais tous les détails, mais je n’ai aucune idée de la beauté des autres qui pourraient tellement me donner et à qui en même temps je pourrais moi-même tellement donner, en m’enrichissant de ses fleurs et en les enrichissant réciproquement.

    Alors quel est finalement le plus grand cadeau que Dieu nous a donné et continue à nous donner chaque jour ? C’est l’unité et l’harmonie entre tous ces trésors qui se complètent et s’illuminent réciproquement. C’est l’amour qui circule de Dieu à moi et à l’autre, de moi à Dieu et à l’autre, à tous les autres, dans la variété d’un amour qui devient chaque jour une nouvelle surprise. Mais à condition que je sache à chaque instant sortir de mon centre pour entrer dans le centre de Dieu et le centre de l’autre, sans avoir peur d’y perdre quelque chose. Car c’est Dieu en moi et dans l’autre qui va ensuite à chaque instant me combler de ses dons sans que j’aie besoin d’être jamais préoccupé pour moi-même. N’est-ce pas déjà un peu ou beaucoup de paradis sur terre ?

     


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  • Notre bien cher Dieu 

    Bien sûr que c’est Dieu lui-même qui est notre cadeau le plus grand. Et c’est là notre deuxième filtre pour entrer dans la lumière de la réalité divine et humaine qui nous entoure. Le deuxième filtre et pas le premier ? Oui, évidemment, dans le sens que si nous n’avions pas notre cher « moi », nous ne pourrions même pas nous rendre compte que Dieu est là et qu’il nous aime. Mais une fois comprise cette explication, voilà enfin arrivé le moment de nous plonger dans ce cadeau des cadeaux qui est ce Dieu Amour qui est la source de la vie, de l’unité et de l’harmonie de l’univers et en même temps l’être qui se donne à moi et à chacun de nous et qui nous permet à chaque instant d’être ce que nous sommes et de faire ce que nous faisons.

    Mais comme tout est fait dans la vie, dans ce dessein éternel de Dieu sur toutes choses, pour participer à une immense symphonie d’amour entre les réalités, les choses, les personnes et les êtres, la clé de tout n’est pas de comprendre seulement qu’il y a ce « moi » d’un côté, Dieu de l’autre et les autres « moi » encore un peu plus loin. Car tout cela ne servirait à rien si chaque réalité était toute seule dans son coin, et ce qui fait la beauté de l’univers c’est cette relation entre tout cela. Notre cher Dieu n’a de sens que s’il est en relation d’amour et d’harmonie merveilleuse avec notre cher « moi ». Et c’est là à la fois notre plus grand trésor, notre plus grand défi et la source d’un bonheur qui peut si vite se transformer en le plus grand des malheurs si nous nous y prenons de travers.

    Et il est si facile de s’y prendre de travers. Vouloir par exemple se servir de Dieu au lieu de le servir et de l’aimer. Vouloir posséder Dieu, exiger de lui qu’il exauce tous nos caprices, sans essayer de comprendre ce qui est véritablement le bien pour lequel nous avons été créés. Mais ce n’est pas la peine d’allonger une liste qui serait seulement celle de toutes nos déviations et perversités qui finissent par transformer notre univers du paradis qu’il devrait être en un immense enfer dont on n’arrive plus à sortir.

    La clé de tout c’est de vivre ici déjà sur terre comme le Père et le Fils vivent de toute éternité entre eux dans le ciel dans l’Esprit. Le Fils est le centre de l’attention et de l’amour du Père dans l’Esprit et le Père est le centre de l’attention et de l’amour du Fils dans l’Esprit. Et nous n’avons rien d’autre à faire que de les imiter. Le jour où je commence à comprendre que n’ai pas été créé pour me regarder mais pour sortir de moi, pour me décentrer et pour vivre pour l’autre, pour « vivre l’autre », tout s’éclaire et s’harmonise.

    Oui, Dieu m’a créé pour que je l’aime. Mais oui, pauvre de moi, avec mon cœur si petit et toutes mes limites, voilà que Dieu m’invite à être son partenaire dans l’amour. Moi, en toute humilité et en même temps avec une immense fierté, je peux aimer Dieu, pas comme on aime un de ces produits de la société de consommation, mais comme on aime quelqu’un pour qui on est prêt à donner sa vie, toute sa vie.

    Moi, si je veux, si je le décide pour toujours et chaque jour, je peux faire le bonheur de Dieu, je peux lui faire sentir qu’il n’a pas eu tort de me créer, que je lui suis immensément reconnaissant et que je n’ai désormais plus d’autre chose à faire que de me laisser porter par lui et collaborer à son immense travail de création et de recréation de tout ce qui vit dans l’univers.

    Alors la prière elle-même prend un autre sens. Elle n’est plus une sorte de rite magique pour parvenir à mes désirs plus ou moins égoïstes et de courte vue. Elle est ce dialogue d’amour incessant entre deux associés qui s’aiment, qui s’écoutent, qui se complètent et qui avancent la main dans la main, le cœur dans le cœur, l’esprit dans l’esprit pour que ce paradis souvent perdu revienne s’installer parmi nous déjà pendant notre séjour sur terre… (Affaire encore à suivre)

     


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  • Notre bien cher « moi »

    Nous disions dans le premier article quelle chance nous avons non seulement d’avoir reçu la vie de Dieu, mais aussi de nous en rendre compte, d’en avoir une conscience plus ou moins pleine. C’est que Dieu nous a donné à la fois la vie et des filtres pour savoir goûter cette vie. Et le premier filtre que nous recevons certainement à notre naissance c’est le mystère incroyable de notre « moi ».

    Penser que dans tout l’univers il n’y a que moi qui vois les choses comme je les vois, qui entends ou qui sens les choses comme moi je les entends et je les sens. Il n’y a que moi qui veux ce que je veux, qui pense ce que je pense. Personne ne peut savoir exactement ce qui se passe dans ma tête ou dans mon cœur, même s’ils peuvent le deviner en partie, mais je suis vraiment unique. Et chacun est unique à son tour. Et cela est tellement beau et il ne devrait jamais y avoir de jalousie à ce niveau. On peut être jaloux des richesses que l’autre possède, mais pas de ce qui fait l’intérieur ou l’intimité de son moi. La seule petite difficulté, c’est que je ne vois pas mon dos ou le dessus de ma tête, mais ce n’est tout de même pas bien grave quand on le compare à tout le reste que je suis seul à pouvoir saisir et vivre…

    Et Dieu me fait comprendre que tout cela est le cadeau qu’il a pensé pour moi, de toute éternité. Il m’a voulu comme une goutte de divin descendue sur la terre pour y porter des reflets de ciel, des reflets que personne d’autre ne peut me prendre. Et cela fait toute ma beauté particulière, mon trésor. Alors, si Dieu m’a voulu comme ça, c’est sûrement pour mon bonheur. Mais c’est là que quelque chose ne va pas. Si Dieu aime tellement ce « moi » qu’il a inventé, pourquoi la triste réalité est-elle si souvent que ce « moi » devient la source même de mon malheur ? Mon pauvre « moi » devient le centre d’un égoïsme et d’un orgueil tellement monstrueux qu’ils me coupent de tout le reste de l’humanité et même de l’univers, alors que je sens confusément que je devrais être en harmonie avec tout cela, mais que j’ai perdu la boussole.

    La réponse à tout cela est si simple quand on regarde la Trinité qu’on se demande où, comment et pourquoi nous avons tellement perdu notre route en chemin. Et vous savez d’où vient la confusion ? C’est que notre moi est tellement beau que nous avons cru stupidement qu’il était le centre de l’univers, le but de notre vie, et nous avons tout gâché. Alors que dans la Trinité, le centre et le but du Père, c’est la vie du Fils dans l’Esprit. Et le centre et le but du Fils, c’est le Père dans l’Esprit. Chacune des Personnes divines de la Trinité ne pense qu’à accueillir la vie des deux autres et à leur donner sa vie.

    Quand nous avons compris cette immense vérité toute bête et que nous commençons à la mettre en pratique, tout va changer. Le but de ma vie, de chacune de mes journées, c’est d’abord de donner ma vie pour Dieu et pour les autres, avec ce miracle que je vais voir Dieu et ces autres prendre soin de moi bien mieux que je n’aurais su le faire moi-même. Et la logique de l’amour trinitaire gagne alors tout de suite la bataille. Car je n’ai même pas à devoir défendre mon moi contre Dieu et les autres, puisque ce sont eux qui m’aiment plus que moi-même j’en serais capable. Et c’est déjà le paradis sur terre… Affaire à suivre…


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  • 1)      Un festival de trésors (suite)

    … Puis il y a le trésor de la résurrection. Une résurrection perpétuelle qui fait vraiment que chaque mort porte beaucoup de fruit, que toute souffrance porte en elle une lumière inouïe, une nouvelle création. Comme l’hiver prépare le printemps et que la chenille qui semble disparaître se transforme en réalité en un papillon qui se met à voler de ses propres ailes, symbole de beauté et de liberté tout à la fois. La résurrection, c’est l’assurance que la souffrance et la mort n’auront jamais le dernier mot, et cela change tout évidemment. Encore faut-il être prêt à passer par des nuits parfois terribles dont nous ne comprendrons sans doute le sens véritable qu’une fois arrivés dans l’au-delà, mais les saints qui se sont laissés pénétrer jusqu’au fond par la nuit sont les témoins pour toujours de ce mystère à la fois terrible et merveilleux…

    Pour dire tout cela avec des mots encore plus simples, un des plus grands cadeaux de Dieu, c’est qu’avec lui et en lui le positif est toujours présent. Le positif dans notre vie n’est pas l’absence ou le contraire du négatif. Tout serait alors tellement triste. Avec ce risque de diviser l’humanité entre ceux qui ont eu la chance d’avoir une vie plus ou moins heureuse et ceux qui n’ont connu que le malheur. Non, le positif en nous et autour de nous ne dépend pas de la quantité de négatif que nous devons affronter chaque jour. Et le miracle de Dieu est qu’il est capable de nous faire sentir, découvrir ou expérimenter le positif le plus incroyable là où tout ne semblerait que difficultés, problèmes ou tragédies. Comme cette lumière impossible qui jaillit du regard d’un moribond en train de saluer sa famille pour la dernière fois sur la terre et qui nous laisse dans le cœur une paix de paradis qui semble un rêve mais que chacun de nous a sans doute eu la chance et la joie de rencontrer à certains moments de sa vie…

    Et je finirai pour aujourd’hui en parlant seulement de la réciprocité. La réciprocité entre nous les hommes, c’est déjà le parfum de la vie du ciel sur la terre. Quand j’aime l’autre et que je me laisse aimer par lui, à la fois semblable à moi et tellement différent, je me libère de toutes les peurs. Je n’ai plus à me préoccuper des réactions de l’autre, j’ai seulement à vouloir le bien de l’autre et à lui donner ma vie de tout mon cœur. Alors l’autre ne pourra plus faire autrement que de répondre à l’amour par amour. Car la réciprocité est la purification de l’amour, la garantie que personne n’essaye plus de posséder ou de dominer l’autre, car mon but est désormais jusqu’à la fin de ma vie de « vivre l’autre », c’est-à-dire de le faire vivre, en étant tranquille que pendant que je pense à l’autre, c’est l’autre qui pense à moi bien mieux que si j’essayais de le faire tout seul…

    Paroles de rêves ? Impossibles à vivre ? Loin de la pauvre réalité que nous rencontrons tous les jours ? C’est ce que nous verrons bientôt dans notre prochain article…

     


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  • 1)      1) Un festival de trésors 

    Ce matin, dans ma rubrique « Reflets du paradis », je me sens poussé à remercier Dieu comme je ne l’ai peut-être encore jamais fait, en revenant sur tous les cadeaux dont il ne cesse de nous inonder depuis le jour de notre naissance jusqu’à notre départ pour le grand voyage…

    Pour essayer de rappeler maintenant ces trésors les uns après les autres je n’ai ici à ma disposition que de bien pauvres mots devant l’étendue du mystère de son amour et chacun pourrait certainement penser à bien d’autres trésors encore, aussi étonnants et merveilleux. Mon seul désir est de continuer ici une communion déjà commencée depuis que mon blog existe, comme une belle provocation ou une invitation à chacun de vous, chers lecteurs, à essayer d’en faire de même pour que notre gratitude s’élève toute ensemble vers le ciel et résonne en même temps sur toute la terre…

    Le premier trésor que Dieu nous a donné, dès le jour où il nous a conçus, c’est sans doute la vie. La vie qui existait déjà en soi bien avant nous, mais qui est devenue tout à coup, on ne sait pas par quelle surprise, ma vie, ta vie, notre vie à moi, à toi, à nous tous ensemble et en même temps tellement unique et distincte pour chacun. Mais ce qui est encore un autre miracle dans ce miracle initial, c’est que nous nous en rendons compte. Nous pourrions être comme ces pierres qui jonchent le chemin ou ces montagnes majestueuses qui nous attirent, mais qui ne savent même pas qu’elles existent. Mais Dieu nous a donné à nous, les membres de cette humanité qui reste le plus beau joyau de l’univers, même si nous n’arrêtons pas de gâcher souvent notre trésor, des sens et une conscience qui nous permettent de goûter à chaque instant ce don infini dont Dieu ne cesse de nous gratifier comme si c’était tellement normal…

    Le deuxième trésor c’est tout simplement la Trinité, ce mystère d’amour d’un Dieu en trois personnes divines qui de toute éternité ne cessent de s’accueillir mutuellement et de se donner l’une à l’autre dans la plus parfaite réciprocité. Ce qui est extraordinaire en Dieu c’est que chacune de ces personnes divines ne vit que pour les deux autres, car le but du Père, c’est de donner sa vie et son être au Fils et à l’Esprit, le but du Fils d’en faire de même pour le Père et l’Esprit et ainsi celui de l’Esprit d’être ce lien d’amour entre le Père et le Fils. Mais est-ce que nous avons essayé de comprendre vraiment une fois dans notre vie le secret de cette logique trinitaire ? Une logique qui changerait en un instant toute l’humanité si nous commencions à nous refléter en elle ? Car au lieu d’essayer de me convaincre moi-même et de convaincre les autres que je suis important, en essayant même de les dominer pour le leur prouver, il me suffirait de passer mon temps à mettre en valeur l’importance et le bien de l’autre. Et l’on verrait alors un groupe de cent personnes où chacun ne vivrait que pour mettre en lumière les 99 autres. Et pendant que je serais tout occupé à vivre pour les autres, voilà que ces 99 autres penseraient sans cesse à moi et me feraient respirer et exister bien plus que moi tout seul je n’arriverais jamais à le faire.  Une sorte de bombe atomique de l’amour… (à suivre)


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