• Perles de la Parole

    Ta parole, ma parole...sa parole contre la mienne. Les paroles souvent nous divisent et nous servent à critiquer ou condamner. Mais avons-nous vraiment essayé d'écouter ces Paroles de vie auxquelles nous pouvons nous abreuver chaque jour et qui sont capables de tout transformer sur leur passage?

  • [Pour nous préparer à la lecture du chapitre 19 de l’Evangile de Matthieu, nous reprenons quelques commentaires publiés dans ce blog en 2016]

    « Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. » (Mc 10,21) (cf. Mt 19,21 : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. »)

    A première vue, à cause des limites de la langue française et de nos langues occidentales, on pourrait se demander pourquoi Jésus nous dit que ce n’est pas bien d’avoir un trésor sur cette terre et que c’est beaucoup mieux de l’avoir au ciel. Cela peut sembler illogique à quelqu’un qui vit pleinement sur cette terre (où c’est d’ailleurs Dieu qui nous a mis), alors que le ciel est encore bien loin. On oublierait d’abord que ceci n’est qu’une traduction maladroite, car en hébreu (comme en arabe) le verbe « avoir » n’existe pas.

    C’est donc ici toujours la même logique. « Tu auras un trésor au ciel » devrait être traduit plutôt par : « tu recevras un trésor au ciel », « un trésor t’arrivera au ciel »… Il ne s’agit évidemment pas de « posséder » un trésor que l’on va enfermer dans son coffre-fort. C’est de là que vient tout le mal. Dieu ne nous empêche pas d’accueillir ou de recevoir des richesses sur cette terre, mais c’est pour en faire profiter les autres, pas pour les conserver seulement pour nous-mêmes et nos caprices. C’est de là que vient le problème de la richesse qui ne sait plus partager et qui n’est évidemment plus libre de suivre Dieu qui nous appelle dans nos frères.

     


    votre commentaire
  • [Pour nous préparer à la lecture du chapitre 19 de l’Evangile de Matthieu, nous reprenons quelques commentaires publiés dans ce blog en 2016]

    « Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui lui ressemblent. Amen, je vous les dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » (Mc 10,14-15) (cf. Mt 19,14 : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. »)

    Il y a ici un autre verbe qui vient éclairer notre accueil : « laissez venir ». Accueillir l’autre, c’est le laisser venir, à ses conditions à lui, comme il est, quand il veut et comme il veut. Cela signifie une grande capacité de s’abandonner qui n’est pas tellement évidente au premier abord. Il suffit de penser au drame que vit notre monde d’aujourd’hui dans l’accueil des réfugiés de toutes sortes. Drame des réfugiés, bien sûr, mais drame même de ceux qui accueillent ces réfugiés et qui se sentent tout à coup tellement compliqués, remplis de peurs, absolument pas libres de « laisser venir » ces frères et sœurs en détresse comme ils en auraient besoin. C’est sans doute là qu’il faudrait refaire l’expérience d’être accueillis par Dieu, directement ou à travers nos frères, pour avoir la force et la joie d’accueillir à notre tour tous ceux que Dieu nous envoie. Beau et bon programme qui change la vie et la fait passer à un niveau tellement plus passionnant.


    votre commentaire
  • [Pour nous préparer à la lecture du chapitre 19 de l’Evangile de Matthieu, nous reprenons quelques commentaires publiés dans ce blog en 2016]

    « L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu’un. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » (Mc 10,7-9) (cf. Mt 19,5-6 : « L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. A cause de cela, ils ne sont plus deux mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »)

    L’Evangile de Marc n’est certainement pas spécialiste de l’unité comme celui de Jean. Et pourtant, dans sa simplicité, il nous donne déjà l’essentiel. Nous désirons tous être « un » avec quelqu’un, ce doit être une libération de soi-même. Mais de quelle unité parle-t-on ? De deux êtres qui s’assemblent pour se posséder l’un l’autre ? De quelqu’un qui veut dominer son frère ou sa femme, en pensant l’aimer ? L’unité a bien des conditions. Il faut d’abord quitter son monde précédent (« son père et sa mère » et tout ce qui faisait jusqu’à présent nos certitudes). Car, pour être un avec quelqu’un, il faut accepter de sortir de notre monde connu pour entrer dans un monde que nous avons encore tout à découvrir et à accepter en même temps. Aventure qui demande beaucoup de confiance en l’autre et qui pose question : car si l’autre allait profiter de cette vulnérabilité dans laquelle je suis en train de me glisser ?

    Mais c’est là qu’intervient la garantie de Dieu. Il est inutile de penser s’unir à quelqu’un sans l’aide de Dieu, ce serait un piège qui risquerait de ne laisser à la fin que beaucoup d’amertume. Je ne veux pas dire par là que deux athées ne peuvent pas connaître la joie de l’unité, ce serait terrible. N’oublions pas que beaucoup d’athées, dans leur pauvreté spirituelle apparente, sont bien plus proches de Dieu qu’un croyant riche de la foi qu’il croit posséder. Mais c’est là un autre discours. Ce qui saute aux yeux, c’est que l’amour à deux (un amour qui ne serait pas ouvert sur un troisième élément qui peut être au fond toute l’humanité) est toujours dangereux, il se déséquilibre à la première occasion, tandis que l’amour avec Dieu au milieu de nous, à l’image de la présence de l’Esprit Saint entre Jésus et le Père, est toujours source de paix et d’équilibre.

    Mais tout cela a des conséquences. S’unir à quelqu’un au nom de Dieu est le début d’un pacte de fidélité qui durera pour toujours. Il y a bien sûr une grande différence entre l’unité d’un couple marié, ou l’amitié d’une simple communauté, ou de frères et sœurs en humanité. Ce qui est sûr, c’est que, quand on s’est engagé avec quelqu’un avec n’importe quel lien d’unité, ou d’amour, ou simplement d’amitié, on ne peut plus revenir en arrière, sous peine de blesser profondément l’autre et de se blesser soi-même. Tout cela parce que chacun est unique et ne peut être remplacé par personne. Je ne peux pas remplacer ma femme par une autre. Je ne peux pas même remplacer un ami par un autre, car Dieu, lorsqu’il s’est engagé avec moi, ne pourra jamais me dire que maintenant il m’abandonne pour un autre. Les circonstances de la vie peuvent parfois nous séparer, mais les relations entre les hommes ne sont pas comme celles avec les objets de la société de consommation : quand je suis fatigué, je jette… ! Il y a là une conversion totale à faire par rapport à la mentalité courante. 

     


    votre commentaire
  • « Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût tout remboursé. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. » (Mt 18,34-35)

    C’est la dernière phrase du chapitre 18 de Matthieu qui nous a accompagnés tous ces derniers temps. Eh bien je vais sans doute vous scandaliser en vous disant que, cette fois-ci, je ne crois pas un mot aux paroles que Jésus vient de prononcer.

    Je voudrais d’abord remettre toutes ces phrases terribles de Jésus, ces phrases qui font peur, dans leur contexte réel. Quel est le but de Jésus et du Père ? Ils veulent tout faire pour qu’aucun de nous ne se perde, pour que nous ne rations pas la chance de notre vie, l’appel à vivre le paradis dès maintenant sur cette terre.

    Alors quand Jésus voit que nous sommes tellement lents à comprendre, il nous parle comme à des enfants, mais pas dans le sens de ces petits qui savent accueillir l’amour de Jésus de tout leur cœur, mais dans le sens de ces gamins qui se sont bloqués tout à coup sur leurs caprices, qui ne veulent plus rien entendre et qu’on doit alors punir pour leur éviter une catastrophe. « Arrière de moi, Satan ! Tu es un obstacle sur ma route ! » avait dit à un certain moment Jésus à Pierre en voyant qu’il était incapable de comprendre. Presque tout l’Ancien Testament est fait de peurs et de menaces. Alors, on en trouve encore dans l’Evangile quand il n’y a plus d’autres solutions. Mais dès que nous reprenons nos esprits, quand nous cessons nos caprices et que nous ouvrons de nouveau notre cœur à Jésus, c’est la logique de l’amour et de la miséricorde qui va reprendre le dessus.

    Jésus ne peut pas avoir dit à l’instant : « Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits se perde » pour risquer l’instant d’après de nous éloigner pour toujours de son amour quand justement nous sommes tombés dans le péché, alors que Jésus a dit qu’il était venu pour les pécheurs. Il n’y a qu’une logique dans l’Evangile, celle de l’amour, de l’accueil et du don de soi qui règne au cœur de la Trinité et que Jésus est venu pour nous apporter sur la terre. On pourra toujours discuter des méthodes selon les contextes ou les cultures, selon les degrés de faiblesse ou de méchanceté des hommes, mais le fond du message de Dieu est un seul et Jésus va bientôt nous donner sa vie sur la croix pour nous prouver que son message n’est pas fait seulement de belles paroles sans lendemain.

     

     


    votre commentaire
  • « ‘Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ?’ Jésus lui répondit :’ Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.’ » (Mt 18, 21-22)

    Plus clair que cela ? Combien de fois devons-nous pardonner ? « Jusqu’à soixante-dix fois sept fois », ce qui veut dire pratiquement toujours. Mais c’est la logique de l’Evangile. La même logique qui a fait dire à Jésus de laisser là notre offrande et d’aller d’abord nous réconcilier avec notre frère, si nous voulons parler à Dieu.

    Et le plus fort, c’est que Jésus ne se demande même pas si le frère qui est fâché contre nous l’a été par sa faute ou par la nôtre. Comme il ne nous dit pas de pardonner à l’autre si c’est nous qui avons commencé à le déranger et qu’il a peut-être mal réagi par la suite avec nous. « C’est lui qui a commencé. » « J’ai tout essayé, mais c’est lui qui y met toujours de la mauvaise volonté. » « Il dit une chose et il fait le contraire. » « Il n’est pas sincère. » « On ne peut pas lui faire confiance. » « Il ne changera jamais ! » Tous ces beaux raisonnements, apparemment justifiés, n’intéressent pas Jésus.

    C’est que lorsque Jésus parle avec nous, c’est à nous qu’il pense, à notre bien à nous. A l’autre qui nous a fait du mal, il y pensera quand viendra son tour. Mais maintenant il voudrait que nous ôtions de notre cœur toute cette rancune qui nous pèse, ce désir de rendre le mal pour le mal qui nous empoisonne, ces calculs pour nous défendre qui nous renferment sur nous-mêmes et combien d’autres raisonnements qui ne servent, pour Jésus, qu’à nous éloigner de lui. 

    Pour Jésus c’est tellement simple, il voudrait que nous laissions son cœur et son amour entrer jusqu’au fond de nous-mêmes et nous transformer, nous faire voir la vie et les hommes comme Dieu les voit. Et il sait bien que, si nous ne pardonnons pas, nous allons garder dans notre œil la poutre qui nous empêche de voir la beauté de son message.

    Il y a évidemment un grand problème à tout cela. C’est que souvent ce pardon que Jésus nous demande semble absolument au-dessus de nos forces. Aimer même nos ennemis, ceux qui nous persécutent sans que nous ne leur ayons jamais rien fait de mal ? C’est ce qu’il a fait lui-même sur la croix, mais nous, nous ne sommes pas Dieu. Alors que faire ? Nous décourager pour toujours ?

    C’est là que le message de tout le chapitre va nous aider à nouveau. Jésus sait bien que nous sommes faibles et que le pardon total ne va pas venir du jour en lendemain. Il veut seulement que tout soit bien clair pour nous. Le message de Jésus ne peut pas être entendu à moitié quand cela nous plait. Et si le mettre en pratique est tellement difficile, Jésus le sait, il n’y a rien d’anormal à cela. Nous devrons patiemment nous orienter sur le chemin du pardon, jour après jour, et changer peu à peu notre cœur de pierre en un cœur de chair, celui de Jésus.

    Nous devons apprendre à nous pardonner à nous-mêmes pour commencer, sans nous agiter chaque fois que nous échouons. N’avons-nous pas entendu que le Père et Jésus ne veulent pas qu’ « un seul de ces petits » se perde. Et quand nous ne parvenons pas à pardonner, ne sommes-nous pas à notre tour un de ces petits si fragiles qui ont besoin de la miséricorde du Père pour avancer ? Alors la vie va continuer à être difficile, mais elle va être tellement plus simple maintenant. Et nous allons surtout voir que quand nous nous aimons les uns les autres avec Jésus au milieu, nous ne passons plus notre journée à avoir peur des autres, nous nous exerçons du matin au soir à aimer nos prochains, au moins les plus faciles pour commencer… et nous serons bientôt étonnés de voir que les plus grands obstacles sont devenus tout à coup un petit problème naturel que nous aurions été incapables d’affronter quand nous restions seuls dans notre coin à regarder le monde en ayant perdu l’espoir.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique