• Perles de la Parole

    Ta parole, ma parole...sa parole contre la mienne. Les paroles souvent nous divisent et nous servent à critiquer ou condamner. Mais avons-nous vraiment essayé d'écouter ces Paroles de vie auxquelles nous pouvons nous abreuver chaque jour et qui sont capables de tout transformer sur leur passage?

  • [Toujours pour nous préparer au chapitre 9 de Matthieu, voici notre commentaire à l’Evangile de Marc du 18 juin 2015 dans « Perles de la Parole »]

    « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » (Mc 5,28)

    [cf. Mt 9,21 : « Car elle se disait en elle-même : ‘Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée’. »]

    Formidable cette pensée qui traverse soudain l’esprit de cette pauvre femme malade, malade depuis 12 ans déjà et qui avait perdu l’espoir en même temps que tout son argent dépensé sans résultat auprès de médecins qui n’avaient rien pu faire ou qui l’avaient peut-être même trompée ! Mais comment cela va-t-il être possible ? Il suffira vraiment de toucher la tunique de Jésus pour que toute une vie soit transformée ? Et c’est pourtant bien ce qui va se passer.

    Mais qui a mis cette idée bizarre dans la tête de cette désespérée ? C’est Dieu lui-même par son Esprit. Dieu qui pourrait guérir la malade sans même lui demander son avis, a besoin qu’elle fasse sa part. Une part à la fois toute simple, apparemment tellement facile : il suffit d’étendre la main un instant pour toucher le vêtement de Jésus. Mais c’est un geste en même temps si difficile, car notre amie a une peur terrible de se faire remarquer, que tout le monde sache la vérité.

    Notre vie passe souvent par des épreuves de ce genre. Combien de fois dans nos relations, notre travail, pour notre santé, nos activités, nous frisons la catastrophe, nous pensons que tout va être irrémédiablement gâché. Et l’Esprit de Dieu nous met dans la tête une solution, un geste tout bête à faire. Nous avons peur de le faire, nous inventons mille excuses pour rester plus tranquilles dans notre « maladie ». Mais, si nous nous laissons convaincre, si nous faisons un seul petit acte de foi suivi par une action concrète cohérente, tout va changer, tout va se résoudre et nous serons sauvés.

     

     


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  • (Article paru le 21 mars 2015 dans « Perles de la Parole » et qui nous aide maintenant à mieux comprendre aussi la phrase de Mt 9,12 : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. », qui est exactement semblable à celle de Marc.)

    « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs. » (Mc 2, 17) 

    Je ne sais pas comment vous lisez cette phrase, mais je dois avouer qu’elle m’amuse. Je la tourne et la retourne dans tous les sens et je sens que Jésus est en train de se moquer de nous, avec un regard malicieux, et de nous provoquer. Au Moyen Orient où je vis depuis plus de quarante ans, c’est comme cela que les gens se parlent, il y a beaucoup de théâtre, si l’on peut dire, dans les relations, beaucoup de comédie, on se taquine, on se provoque et c’est ainsi qu’on montre à l’autre qu’il nous intéresse et qu’il est important pour nous.

    Cette phrase de Jésus, prise à la lettre, n’aurait pas de sens. Comment ce Dieu qui fait pleuvoir sur les bons et les méchants, qui aime tout homme sans distinction de personne, refuserait maintenant d’accueillir une catégorie de gens, et en plus ceux qui se seraient comportés comme Lui le désire ? Mais non ! Jésus est en train de se moquer de nous et des pharisiens en même temps. Il se moque de nous parce que trop facilement nous pensons ne plus avoir besoin de Lui et il se moque surtout de tous ceux qui se croient déjà justes, qui ont toujours bonne conscience et qui s’arrêtent en chemin sans chercher plus loin.

    Jésus nous dit en quelque sorte : j’ai le remède qui peut vous guérir, mais si vous pensez être déjà guéris, je ne vais pas vous obliger à le prendre, débrouillez-vous. Il veut surtout nous dire que personne ne peut se considérer juste tout seul. Dieu Lui-même, dans son Etre trinitaire, n’est jamais juste pour lui tout seul. Le Père est juste pour le Fils et le Fils est juste pour le Père dans l’Esprit Saint. Le Père « a besoin », s’il on peut dire, du Fils et de l’Esprit Saint, le Fils a besoin du Père et de l’Esprit et l’Esprit Saint a besoin du Père et du Fils : ce sont des mots qui ne sont pas adaptés à Dieu, mais c’est le message que Dieu veut faire parvenir à notre pauvre compréhension. Et d’ailleurs Dieu a même « besoin de nous », il a eu besoin de nous, il a eu besoin de Marie pour s’incarner, des disciples pour bâtir son Eglise...

    Le jour où nous n’avons plus besoin les uns des autres, où nous ne nous sentons plus malades, assoiffés, affamés, où nous croyons être devenus autosuffisants, c’est le début de la catastrophe. Jésus veut seulement que nous sentions pour toujours et à chaque instant ce besoin urgent de Lui, mais aussi de nos frères et de nos sœurs, en lesquels Il se cache, et de tout ce qui reste à construire sur terre du Royaume de Dieu qui ne peut se développer sans nous.

     


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  • (Article paru le 21 mars 2015 dans « Perles de la Parole », qui va nous aider à comprendre maintenant Mt 9,9 : « Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d’impôts). Il lui dit : ‘Suis-moi.’ L’homme se leva et le suivit. »)

    « Il lui dit : ‘Suis-moi.’ L’homme se leva et le suivit. » (2, 14)

    C’est toujours la même dynamique. Lévi a été capable de s’émerveiller justement et de répondre à l’appel. Ce n’était peut-être pas si difficile que cela au départ. Jésus devait être tellement convaincant. Et puis il ne demandait pas l’impossible. Jésus ne demande jamais l’impossible. Il demande seulement de le suivre. Mais voilà, il s’agit tout de même de se lever. On ne peut pas se contenter de suivre Jésus par la pensée ou par le regard. On doit poser tout de suite un acte bien concret, se lever si on est assis, sortir dehors si on est à la maison, laisser un tas de choses qui nous pèseraient trop sur la route. Pour suivre Jésus, il faut tout de même être pleinement libre et disponible.

    Mais alors ce ne sera pas aussi difficile qu’il pourrait sembler au premier abord. Jésus ne demande au fond qu’à être suivi. C’est Lui qui trace la route, qui ouvre le chemin, qui aplanit les obstacles. Nous devons bien faire notre part en cours de route, mais une étape à la fois, Jésus est rempli de patience, il ne nous demande jamais de brûler les étapes. Et si on a osé répondre à son appel, on s’aperçoit, des années plus tard, que tous les obstacles ont disparu comme par enchantement. Il y a bien eu beaucoup d’épreuves en cours de route, qui nous auraient paralysés à l’avance si nous avions pu les prévoir, mais il y a toujours la grâce réelle de l’instant présent, et nous devons dire qu’aujourd’hui nous sommes toujours debout, toujours vivants, aucun monstre ne nous a mangés en chemin. Pourquoi avoir peur ? C’est tellement beau de suivre Jésus. En sachant tout de même que Lui ne s’arrête pas en route. Mais, si jamais nous nous sommes nous-mêmes arrêtés, il y a toujours un raccourci pour le rejoindre. Il est toujours possible de suivre Jésus. Il n’y a pas d’excuse valable pour refuser l’appel plein d’amour qu’il continue chaque jour à nous adresser.

    Et puisqu’on parle d’excuse, la plus grande excuse et en même temps la plus bête qui pourrait nous passer par l’esprit, c’est que jamais nous ne serions capables de suivre Jésus comme nous voyons que tel ou tel autour de nous a réussi à le faire. Quel prétexte de mauvaise foi ! Car Jésus ne demande jamais la même chose à deux personnes différentes. Chacun a sa route et son appel. Certains devront concrètement tout quitter pour le suivre, d’autres resteront peut-être toute leur vie dans la même maison. Jésus sait s’adapter à chacun : mais il faut Lui demander tout de même la grâce d’entendre sa voix et de comprendre le sens de son appel. Si ce n’est pas clair tout de suite, il faut y mettre un peu de bonne volonté, car Dieu n’a aucune envie de nous faire souffrir pour le plaisir, il faut en être vraiment convaincu !

     


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  • (Article paru le 21 mars 2015 dans « Perles de la Parole », que je reprends ici pour nous préparer à la lecture de Mt 9,8 : « En voyant cela, la foule fut saisie de crainte, et elle rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes. »)

    « Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant : ‘ Nous n’avons jamais rien vu de pareil’. » (Mc 2, 12)

    Ici, c’est l’émerveillement de la foule qui va nous éclairer. Pour suivre Jésus, il faut se laisser émerveiller, surprendre. Cela devait être particulièrement fascinant de rencontrer tout à coup Jésus sur sa route et de voir tous les miracles qu’il faisait, les problèmes les plus tragiques qu’il résolvait en un clin d’œil. Cela ne devait sans doute pas être très difficile de se laisser convaincre par une telle force d’attraction, ce charme irrésistible. Et pourtant on voit bien que les scribes et les pharisiens refusaient de se laisser prendre. Ils restaient aveugles devant l’évidence.

    Il serait facile de juger maintenant les pharisiens. Est-ce que nous aurions fait beaucoup mieux à leur place ? La question est un peu artificielle. Contentons-nous de voir où nous en sommes aujourd’hui, à l’âge que nous avons, en ce siècle du troisième millénaire, au milieu des crises terribles que traverse l’humanité. Est-ce qu’il nous arrive souvent d’être émerveillés, de nous laisser surprendre par l’amour de Dieu au cœur de notre vie ?

    Si la réponse est oui, c’est sans doute un bon signe. N’oublions pas que Dieu nous donne aussi la responsabilité de transmettre cet émerveillement à nos sœurs et à nos frères. Car l’émerveillement n’est pas une fin en soi, même si, au paradis, nous passerons certainement de surprise en surprise pour l’éternité. En tous cas ce ne peut pas être une fin égoïste pour nous. Tout ce que Dieu nous donne est fait pour être partagé sans attendre.

    Mais si nous ne nous sentons pas émerveillés, si cela fait bien longtemps que nous n’avons pas ressenti un tel sentiment, c’est qu’il doit y avoir un problème. Ne nous affolons pas, il suffit d’en prendre conscience, de tout mettre aussitôt dans la miséricorde de Dieu, mais surtout d’ouvrir bien grand notre regard et notre cœur, en demandant à Dieu de nous aider à être plus attentifs, la prochaine fois qu’il va croiser notre chemin.

     

     


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  • [Nous voici arrivés au chapitre 9 de l’Evangile de Matthieu qui reprend de nombreux passages des chapitres 2 et 5 de Marc. Pour nous y préparer, j’ai pensé reprendre quelques-unes des « Perles de la Parole » que nous avions consacrées justement à ces passages de Marc. Ce n’est pas mal parfois de revenir sur nos réflexions précédentes et de voir ainsi le chemin parcouru, à la suite de Jésus.]

    « Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l’ordonne...Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. » (Mc 2, 10-11)

    [Article paru le 21 mars 2015 dans « Perles de la Parole ».]

    Ici, j’aimerais m’arrêter un instant sur le mot pouvoir. Le « Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre. » Le pouvoir est un des attributs de cet Etre qui nous attire. Dieu a en Lui le pouvoir, il est pouvoir, il peut par essence. « Si tu le veux, tu peux me purifier », avait dit le lépreux à Jésus, en comprenant parfaitement la situation.

    Comme c’est beau d’être et de pouvoir ! Chacun d’entre nous aspire à pouvoir, pouvoir être, pouvoir aimer, pouvoir comprendre, pouvoir découvrir, réussir, trouver... Et lorsqu’on ne peut pas réaliser ce qu’on aurait voulu, on est terriblement déçu, avili, découragé.

    Dieu qui nous aime tellement voudrait de tout son cœur que nous partagions avec Lui ce pouvoir. Mais ici aussi il s’agit que ce pouvoir construise l’unité et la relation. Une petite préposition apparemment minuscule va nous donner la clé : il s’agit du pouvoir de... Jésus a le pouvoir de guérir, pardonner, purifier, faire des miracles, entraîner les foules. C’est un pouvoir de service, un pouvoir qui se donne, se transmet, se communique. Un pouvoir qui s’offre sans s’imposer, car l’autre est libre de le refuser.

    C’est là le miracle et la délicatesse de l’amour divin. Alors qu’il pourrait nous écraser, il nous présente seulement cette possibilité qu’il nous propose de faire quelques pas de plus avec Lui et avec ses amis. Alors ce pouvoir unit, libère, construit.

    Le problème de l’homme, c’est qu’à chaque instant il est assailli par la tentation de passer du « pouvoir de » au « pouvoir sur ». Au lieu de servir son frère ou sa sœur de tout son cœur, voilà qu’il est tenté d’utiliser son pouvoir pour les dominer, pour leur montrer qu’il a plus de pouvoir qu’eux, qu’il est plus fort, et pour les obliger à faire comme lui le veut, pour assouvir ses intérêts. C’est toujours le même mot qui produit un résultat complètement opposé. L’Evangile n’est autre que cette dynamique que nous pouvons à chaque instant renouveler en nous et autour de nous ou refuser pour je ne sais quel rêve insensé de grandeur solitaire et malfaisante.

    [Voir maintenant Mt 9,6 : « ‘Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés…’ alors, il dit au paralysé : ‘Lève-toi, prends ta civière, et rentre chez toi.’ »] 


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