• Perles de la Parole

    Ta parole, ma parole...sa parole contre la mienne. Les paroles souvent nous divisent et nous servent à critiquer ou condamner. Mais avons-nous vraiment essayé d'écouter ces Paroles de vie auxquelles nous pouvons nous abreuver chaque jour et qui sont capables de tout transformer sur leur passage?

  • « Voici que les cieux s’ouvrirent… » (Mt 3,16)

    Nous sommes en plein milieu de cet évènement extraordinaire qu’est le baptême de Jésus par Jean-Baptiste. Il y aurait tellement à dire sur ces quelques lignes qui témoignent pour la première fois dans l’histoire de l’humanité de la manifestation du cœur de Dieu : un Dieu amour et trinité, un Dieu un en trois personnes. Si les hommes avaient vraiment compris de quoi il s’agissait, il y a bien longtemps que notre terre serait devenue un paradis. Mais alors que s’est-il vraiment passé ou pas passé ?

    J’ai pensé m’arrêter ici sur ces simples petits mots : « Voici que les cieux s’ouvrirent… » c’est tellement incroyable quand on y pense vraiment. A peine Jésus est-il sorti de l’eau où il s’est fait baptiser, que les cieux s’ouvrent. Les cieux, c’est le symbole du mystère du cœur de Dieu. Ce Dieu qui avait été jusque là complètement inaccessible à l’homme, car totalement différent de lui par nature. Ce Dieu tellement lointain et qui faisait peur par ses apparents caprices, voilà qu’il est là à portée de main, si proche, et qu’il nous aime !

    Mais alors que s’est-il passé ce jour-là et les jours suivants, pendant tout le séjour de Jésus sur terre parmi nous ? Cela ne suffisait-il pas que les cieux se soient ouverts et que Dieu ait déversé sur nous sa divinité ? Non, cela ne suffisait pas, car Dieu respecte tellement notre liberté, notre libre décision, nos choix personnels ou collectifs que jamais il n’a voulu nous écraser par son amour, ce n’aurait plus été de l’amour, mais une nouvelle forme d’esclavage.

    Alors Dieu a ouvert ses cieux et depuis ce jour-là jamais il ne les a refermés, même quand les hommes ont tué Jésus, mais il est là désormais présent à attendre que nous aussi nous lui ouvrions tout entier notre cœur, pour qu’il puisse l’envahir et le transformer par sa lumière et son amour.

    Il faut bien reconnaître que de nombreux hommes et de nombreuses femmes (femmes probablement plus nombreuses que les hommes, mais Dieu doit savoir), se sont ouverts de tout leur être à ce courant d’amour qui les invitait à le suivre. Mais combien ont-ils été jusqu’à présent par rapport au nombre immense de toute l’humanité qui est née et a grandi au cours des siècles. Il faut bien avouer qu’il y a encore fort à faire pour que l’humanité dans son ensemble s’ouvre à Dieu véritablement. Alors faisons de ce petit verbe « s’ouvrir » notre idéal, maintenant et pour toujours, décidons librement de nous ouvrir chaque jour à Dieu, en Lui et dans notre prochain où il se tient caché, prêt à être découvert. Car le secret de la vie n’est pas de vouloir faire mille choses au-dessus de nos forces, mais simplement de nous ouvrir à lui et de le laisser faire, comme nous le disions un peu plus haut !

     


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  • « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi ! Mais Jésus lui répondit : ‘Pour le moment, laisse-moi faire ; c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste.’ Alors Jean le laisse faire. » (Mt 3,14-15)

    Ces deux versets sont simplement extraordinaires. Jésus qui vient se faire baptiser par Jean-Baptiste : c’est une révolution totale dans tout ce qu’on pourrait imaginer du rapport entre Dieu et l’homme. Mais ce n’est au fond qu’une suite logique à la naissance de Jésus à Bethléem et la préparation sans doute aux Béatitudes du chapitre 5 et à toute la vie de Jésus qui est complètement à contre-courant avec la mentalité normale de l’humanité ordinaire.

    Un Dieu qui s’abaisse à épouser complètement la condition humaine, c’était déjà impossible à imaginer. Mais l’homme pouvait encore penser que ce Dieu fait homme serait au moins un roi, un dominateur, une personne remplie d’une puissance inconnue devant laquelle tous devraient s’incliner…

    Bien sûr que Jésus est rempli d’une puissance inconnue qui va bientôt se manifester par des miracles incroyables. Mais Jésus va toujours utiliser sa puissance comme un service, jamais comme un pouvoir de domination, si ce n’est de domination sur le mal, mais pas sur les hommes eux-mêmes.

    Jésus se présente comme quelqu’un qui arriverait d’en bas, humblement, sur la pointe des pieds, comme s’il nous demandait la permission de nous rendre service et de nous sauver. C’est qu’il veut que nous participions pleinement à la décision de changer le monde et notre vie.

    Alors, le maître mot de ce bref passage va être tout simplement : « se laisser faire ». Jean Baptiste ne comprend pas cette logique de Jésus, le plus grand, le divin, qui vient se faire baptiser par lui, comme s’il en avait besoin. Mais c’est que Dieu en Jésus est en train d’ouvrir une route de lumière où il désire tellement que toute l’humanité le suive, qu’il fait simplement les premiers pas comme exemple, comme s’il était l’un d’entre nous ! Mais il est « l’un d’entre nous », bien plus qu’on ne pourrait jamais l’imaginer, et toute sa vie publique va nous faire contempler ce mystère d’un Dieu qui joue le jeu d’être un homme jusqu’au bout.

    Et la leçon de ces quelques phrases est tout simplement que Jésus nous invite nous aussi à « nous laisser faire », durant toute notre vie, durant chacune de nos journées. Beaucoup de réalités surprenantes se présentent à nous chaque jour, des réalités belles, mais aussi des réalités difficiles, parfois terribles, et le plus souvent apparemment tellement illogiques. Dieu qui nous demande de remplir une mission par exemple et qui permet que nous tombions malades au moment d’accomplir cette mission. Combien d’évènements et de rencontres « illogiques » remplissent notre vie quotidienne !

     Et c’est là que nous perdons si souvent notre temps et nos énergies à nous plaindre, à juger, à nous dire : mais si tout était autrement, tout irait tellement mieux. Alors qu’en réalité, si Dieu nous envoie toutes ces surprises, ou si du moins il permet qu’elles nous arrivent, c’est parce que tout cela conduit au mystère de sa révolution sur la terre. Un mystère que nous découvrirons seulement si nous nous « laissons faire ». Ce sera cela pour toujours la base de la construction de notre paradis déjà sur terre, par l’accueil total de ce que Dieu nous demande dans l’instant présent. Combien la vie en Jésus devient-elle plus simple et extraordinairement efficace, lorsqu’on essaye de laisser pénétrer en nous et parmi nous son amour, sans trop comprendre au début, mais en comprenant de plus en plus en route, car Jésus n’est pas en train de jouer avec nous comme des marionnettes ! Dans son apparente « illogicité », se trouve cachée toute la puissance d’un mystère qui va transformer le monde et chacun d’entre nous !


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  • « Il tient la pelle à vanner dans sa main, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier. Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas. » (Mt 3,12)

    Une autre phrase qui pourrait faire peur : voilà que Dieu arrive, il va se fâcher, il va voir tout ce qu’il y a en nous de négatif et tout va mal finir…

    Comme il est facile de se laisser prendre à ces conclusions hâtives, à ces interprétations pessimistes de l’Evangile, alors que l’esprit de qui croit en un Dieu amour va nous montrer tout le contraire.

    Oui, Dieu va brûler le négatif, il le fera certainement après notre mort, dans ce que nous pouvons comprendre de la réalité du purgatoire, mais ce ne sera jamais pour nous punir, mais bien au contraire pour nous libérer pour toujours.

    Mais Dieu qui nous a donné cette vie éternelle dès ici-bas, depuis que la vie éternelle est venue habiter parmi nous en Jésus, ne veut pas attendre notre mort pour commencer à nous libérer. C’est dès maintenant qu’il commence à amasser dans son grenier tout le bien qu’il y a en nous, tous les actes d’amour que nous faisons du matin au soir, et que nous allons retrouver au paradis comme notre butin de chasse.

    Jésus est descendu sur terre pour mettre en valeur tout ce qu’il a mis en nous de divin et pour le faire fructifier. Alors concentrons-nous sur ce positif en nous et au milieu de nous. Essayons d’aimer toujours Dieu et notre prochain et tout le négatif va tomber de lui-même, sans même que nous ayons le temps de trop nous en préoccuper.

    Combien une vision positive et optimiste de l’Evangile nous fait respirer en fin de compte et nous libère, nous donne la force de nous débarrasser nous-mêmes de ce qui en nous doit un jour être brûlé. Alors la vie en Jésus ne devient plus un devoir à accomplir, un poids à porter, un jugement qui nous écrase, mais au contraire une véritable libération qui nous soulage ! A chacun de choisir la vision qu’il préfère pour progresser sur le chemin qui mène au ciel dès notre vie en ce monde.


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  • « Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. » (Mt 3,10)

    C’est encore Jean-Baptiste qui parle ici. N’oublions pas que pour Jésus, Jean-Baptiste est la plus grande personnalité du vieux monde de l’Ancien Testament, mais il n’est pas encore parvenu à la mentalité nouvelle du Dieu amour et miséricordieux que Jésus nous donne.

    Alors, cette phrase doit-elle nous faire peur ou au contraire nous encourager ? Je crois qu’il faut toujours prendre les phrases de l’Evangile dans le sens de cet amour de Jésus qui est justement ce « Dieu qui sauve ».

    L’Evangile nous parle parfois comme ces parents qui disent à leur enfant : « Attention, si tu traverses la rue tout seul, tu vas te faire écraser ! », par amour pour lui, pour le protéger.

    Vous voyez beaucoup d’arbres qui ne portent aucun fruit ? Oui, ça existe, mais ce n’est pas si fréquent que cela. Mais vous connaissez beaucoup d’hommes qui ne sont pas capables, une fois au moins dans leur journée, d’aider quelqu’un, d’esquisser un sourire, de faire un petit effort de patience ou de pardon ?

    Je crois que chaque homme, chaque femme porte du fruit, plus ou moins bon, plus ou moins mûr, au cours de sa journée. Vous imaginez quelqu’un qui veuille faire du mal, systématiquement, du matin au soir ? Ce que l’Evangile veut nous dire simplement c’est que tout ce qui va rester de nous à la fin de notre vie, ce seront les bons fruits que nous aurons produits, parfois spontanément, parfois avec un grand effort, ce n’est pas le comment qui compte, mais ce beau fruit qui va sortir de nous. Alors Jésus nous invite à nous concentrer sur ces fruits qui vont rester pour toujours et à ne pas trop nous préoccuper d’autre chose, de tout ce qui va finalement disparaître et être jeté au feu de l’oubli du passé !


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  • « Voyant des pharisiens et des sadducéens venir en grand nombre à ce baptême, il leur dit : ‘Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?’ » (Mt 3,7)

    C’est Jean Baptiste qui parle ici, avec ce ton si terrible. Et il ne s’adresse pas à n’importe qui, mais à la crème des personnalités religieuses de l’époque, ceux qui auraient dû être les plus proches de Dieu. L’Evangile est tout de suite une immense révolution, car il ne nous demande pas d’observer des pratiques religieuses mais de changer nos cœurs.

    Devant Dieu qui vient pour nous convertir, c’est-à-dire pour nous détourner de notre pauvre monde renfermé sur lui-même, il n’y a qu’un chemin tout simple : changer de vie totalement, écouter la voix de Dieu en nous et suivre ce Dieu, par la pensée, par le cœur, et par les actes. Tout doit se transformer en nous.

    Car on ne peut pas tricher avec Dieu. On ne peut pas faire semblant de se convertir. On ne peut pas s’en tirer par quelques pratiques extérieures qui n’engagent rien de notre personnalité profonde. C’est pour cela que l’Evangile est si dur contre ceux qui devraient être les plus proches de Dieu, mais qui suivent Dieu seulement dans les apparences extérieures.

    La vie qu’apporte le Christ est ouverte à tout le monde. Les païens, les pécheurs, les hommes faibles, les pauvres, les blessés, tous sont admirablement préparés à accueillir le message de Jésus, car ils sont assoiffés de cette eau vivifiante qui leur manque. La pire des catastrophes c’est quand on se sent tranquille, parce qu’on se croit déjà arrivé en Dieu et qu’on ne le cherche même plus, on ne sent même plus ce besoin de se convertir. Alors Dieu peut passer tout près de nous cinquante fois par jour, nous n’allons même pas remarquer sa présence et son appel et nous allons rester pour toujours dans notre coin, en pensant que Dieu va bientôt nous récompenser… Ce serait bien triste !


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