• Perles de la Parole

    Ta parole, ma parole...sa parole contre la mienne. Les paroles souvent nous divisent et nous servent à critiquer ou condamner. Mais avons-nous vraiment essayé d'écouter ces Paroles de vie auxquelles nous pouvons nous abreuver chaque jour et qui sont capables de tout transformer sur leur passage?

  • « Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : ‘Vraiment, tu es le Fils de Dieu !’ » (Mt 14, 32-33)

    Dans l’Evangile de Matthieu, c’est la première déclaration aussi claire des disciples qui sont bouleversés. Au chapitre 16, Pierre dira finalement, plus officiellement, à Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Le ciel commence à s’ouvrir plus clairement devant eux, parce qu’ils ont vu, ils ont expérimenté la force du Royaume : Dieu est descendu parmi eux et cela devient tellement évident.

    La foi n’est donc pas une question de réflexion ou d’enseignement théorique. La foi est d’abord l’expérience d’avoir touché du doigt la puissance de Dieu qui vient changer notre vie, bouleverser toutes nos catégories. Après cela, la réflexion et l’enseignement vont être bien utiles pour mieux comprendre ce que tout cela veut dire. Mais tout commence par une rencontre, un évènement d’amour qui sauve. Et cette expérience se fait souvent en communauté. Les disciples n’ont pas tous goûté directement la puissance de Dieu, mais ils ont vu Pierre le faire et cela leur a suffi, car l’amour entre eux est capable de leur faire partager tout ce que l’autre vit devant eux.

    Personne ne connaît les temps de Dieu. Personne ne sait quand telle ou telle personne va être finalement touchée par une grâce qui va complètement transformer sa vie. Mais cette grâce lui arrivera tellement plus vite si Jésus est déjà présent au milieu de nous et de notre amour réciproque. Quelle belle responsabilité tout de même qui devrait nous pousser à ne plus vivre désormais que pour ce simple but jusqu’à la fin de nos jours : la passion de vivre ensemble pour que les plus de gens possible puissent avoir le bonheur de découvrir un jour que Dieu est là tellement proche de chacun de nous et qu’il nous aime !

     

     


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  • « Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais voyant qu’il y avait du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : ‘Seigneur, sauve-moi !’ Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit :’ Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?’ » (Mt 14, 29-31)

    Un bel épisode de l’Evangile où tout se passe tellement vite. Jésus a à peine dit à Pierre : « Viens ! » Et Pierre se jette sur les eaux de la surface du lac. Il veut faire la même folie que Jésus, marcher sur l’eau comme on marche sur la terre ferme, en défiant les lois de la nature. Mais il a confiance. Puisque Jésus l’a fait, il sait qu’il peut le faire aussi à son tour. Et puis Jésus le regarde et l’attend. Jésus l’aime. L’amour efface toutes les peurs, toutes les appréhensions…

    Mais voilà que le vent commence à se lever et l’on sait que le vent du lac de Tibériade peut provoquer de véritables tempêtes comme celle que Jésus a apaisée un jour dans la barque avec ses disciples. Et alors, en un instant tout change. La foi fait place à la panique. Pierre ne regarde plus Jésus, il se regarde lui-même avec ses faiblesses, ses incapacités. Il ne sait peut-être même pas bien nager. Et le voilà qui commence à enfoncer…

    Mais, heureusement, il se tourne de nouveau vers Jésus et appelle au secours. Et Jésus étend la main et le sauve, non sans le réprimander bien fort pour son manque de foi. Une foi tellement fragile qu’elle n’a duré que quelques secondes et a été engloutie par les circonstances extérieures qui ont tout conditionné.

    C’est le résumé de la vie de chacun de nous. La foi, pleine de bonne volonté au départ, qui se perd en chemin pour un peu de vent qui souffle, alors que rien n’a vraiment changé : Jésus est toujours là qui nous tend la main et qui nous aime et qui ne nous quittera jamais. Bien sûr que Jésus lui fait tout de suite un beau reproche. Mais Jésus n’est pas fâché. Il connaît nos limites, il sait combien nous sommes fragiles. Son reproche est plus un encouragement à recommencer qu’autre chose.

    Jésus est toujours là avec sa miséricorde. Il ne nous juge jamais, ne nous condamne jamais. Nous tombons mille fois et il nous tend la main mille fois pour nous remettre sur le bon chemin. Il supporte toutes nos faiblesses et même nos infidélités, nos trahisons. Il va même confier un jour son Eglise naissante à Pierre qui vient à peine de le trahir. Alors pourquoi ne pas méditer sur tout cela et essayer d’être un peu plus forts dans notre foi, tâcher de ne plus trop nous regarder et de ne pas trop prêter attention à tous les vents du monde qui soufflent autour de nous et qui ne peuvent rien faire tant que Jésus est là ?

    Et comme Jésus est aussi tellement présent dans nos frères et nos sœurs, avec lesquels nous partageons cet amour de l’Evangile, pourquoi perdre tout ce temps à avoir peur alors que le monde entier attend la Bonne Nouvelle que nous pourrions ensemble lui donner, si nous nous arrêtions un peu moins souvent en route…

     


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  • « Jésus lui dit :’Viens !’ » (Mt 14, 29)

    Imaginez que je me trouve dans un stade avec 50.000 spectateurs. Le grand chanteur qui va commencer son spectacle et qui salue la foule, arrête sa présentation, m’appelle par mon nom et me dit : « Viens ! Viens Roland, j’ai un cadeau à te donner ! » Comme cela tout simplement devant tout le monde, devant toutes les caméras de télévision qui transmettent l’évènement en direct. Quelle émotion pour moi !

    Tout cela, c’est un rêve évidemment. Mais la réalité véritable, c’est que je me trouve en ce moment dans un stade de plus de 7 milliards de personnes, un stade qui s’appelle la terre, qui semble perdu au milieu d’un univers immense… et voilà que Dieu lui-même se penche sur moi, m’appelle par mon nom et me dit : « Viens ! J’ai un cadeau spécial pour toi ! »

    Vous allez me dire que Dieu fait cela avec tout le monde, c’est vrai. Mais cela ne change rien à son amour. L’amour de Dieu n’est pas du mauvais communisme. Il m’aime réellement moi-même, comme si j’étais le centre de l’univers. Il a même envoyé son Fils donner sa vie pour moi et m’assurer que Dieu est vraiment tout proche et qu’il m’appelle, et qu’il me dit de venir. Et qu’il a un cadeau merveilleux pour moi… Et ce cadeau c’est la vie même de Dieu qui est Amour en lui-même qui veut se donner à moi et qui veut me faire entrer dans son amour en le partageant avec mes frères et sœurs en humanité. Trop beau pour être vrai ? C’est pourtant le message que Jésus nous a apporté du ciel et que peut-être nous avons encore du mal à croire.

    Ce serait peut-être bien de s’arrêter chaque jour au moins un moment sur cette découverte et d’en tirer toutes les conséquences : garder la paix au fond de notre cœur, oublier nos peurs inutiles et surtout aimer, aimer toujours à chaque instant sans condition, et créer avec le plus de personnes possible cet amour réciproque qui attire la présence palpable de Jésus au milieu de nous, qui redescend chaque jour de son ciel pour dire à nouveau « Viens ! » au cas nous l’aurions oublié…

     


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  • « Pierre prit alors la parole : ‘Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau’. » (Mt 14, 28)

    Cette phrase de Pierre à Jésus est vraiment étonnante. Jésus a rejoint ses disciples en marchant sur les eaux et, en les voyant effrayés de son apparition insolite, il vient de leur dire : « Confiance, c’est moi ! N’ayez pas peur ! ». On dirait que Pierre veut lui faire une sorte de chantage. Si c’est bien lui, qu’il fasse un miracle pour le prouver. Ce n’est peut-être pas la meilleure des réactions, mais je voudrais m’arrêter ici sur la proposition de Pierre plus que sur le miracle qu’il demande à Jésus.

    Pierre est entré dans la réciprocité avec Jésus. Et c’est là le plus grand des miracles. Marcher sur les eaux est seulement un signe extraordinaire, mais devenir maintenant partenaires de Dieu dans la réciprocité divine de la Trinité, n’est-ce pas là le miracle absolu ? Voilà que Pierre se sent prêt à faire une folie pour Jésus, comme Jésus vient de faire une folie pour ses disciples. Car marcher sur les eaux profondes du lac est une sorte de folie de l’amour, surtout que ce lac est souvent balayé par les vents. Jésus est prêt à tout pour nous. Mais ce qui est le plus beau, c’est qu’il va nous pousser maintenant à être prêts à tout pour lui.

    Il faut tout de même une foi extraordinaire pour sortir de nos assurances, de tout ce qui a fait jusqu’à maintenant le cadre de notre vie de tous les jours, pour nous jeter entre les bras de Jésus et nous lancer à l’aventure, sans savoir où cela va nous mener. C’est l’image de notre vie chrétienne qui est un don de soi perpétuel, dans lequel nous quittons à chaque instant nos appuis et nos garanties pour plonger dans l’inconnu de l’amour.

    Dieu ne nous demande pas aujourd’hui de marcher sur les eaux, mais il nous demande d’entrer dans le cœur de nos frères et de nos sœurs, sans rien savoir à l’avance de ce qui risque de nous arriver. Alors que chaque homme aurait tendance à se replier sur ce qui a fait jusque-là sa force et ses certitudes, il sent tout à coup en lui une énergie vitale qui le pousse à pénétrer dans la logique de Dieu et à abandonner la logique de l’homme qui tourne en rond sur lui-même et reste malheureux toute sa vie, parce qu’il ne connaît pas le secret pour passer des ténèbres à la lumière. Oui, la lumière est à ce prix, mais Jésus nous a montré le chemin, lui qui a eu le courage de quitter son royaume du ciel où il vivait la vie de Dieu, pour se faire homme parmi nous avec toutes les conséquences que cela a entraîné…

     


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  • Ce nouveau chapitre de l’Evangile de Matthieu est très beau, mais pas très original, puisque de nombreux passages sont à peu près semblables à ceux que nous avons déjà médités dans le chapitre 6 de Marc ou à d’autres passages que nous retrouverons encore en Luc et même en Jean.

    Comme dans Marc 6, 14-56, nous retrouvons d’abord l’histoire d’Hérode avec Jean-Baptiste qui lui reprochait sa liaison avec Hérodiade, la femme de son frère. Hérode craignait Jean-Baptiste, mais le tenait en prison, jusqu’au jour où il tomba dans le piège d’Hérodiade et céda à son caprice de le voir décapité et donc éliminé pour toujours. « Quand Jésus apprit cela, il partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. » Une expérience sans doute très forte pour Jésus, la nouvelle du martyre de celui qui avait « crié dans le désert » pour « préparer son chemin »…

    Après cela un autre tableau extraordinaire : Jésus qui a compassion de la foule et qui décide de multiplier les pains et les poissons pour ne pas les renvoyer chez eux affamés. Un miracle que les apôtres eux-mêmes auront du mal à saisir dans toute sa signification profonde et qu’on retrouvera presque tel quel encore dans les textes de Luc et de Jean.

    Et puis, Jésus demande aux apôtres de l’attendre sur l’autre rive. L’Evangile continue à alterner les moments du Maître avec la foule et ceux avec les disciples. Il renvoie alors la foule et va rejoindre les disciples qui sont dans la barque en marchant sur les eaux agitées du lac de Tibériade. Ici encore nous retrouvons l’épisode de Marc dont nous venons de reprendre deux « perles de la Parole ». Mais cette fois-ci, on trouve tout un passage complètement original et particulièrement important chez Matthieu, sur lequel nous allons vraiment nous arrêter.

    Jésus vient de rassurer les disciples, épouvantés de le voir marcher sur les eaux et qui croyaient au départ à un fantôme. « Confiance, c’est moi ; n’ayez pas peur ! » ou « Rassurez-vous, c’est moi, n’ayez pas peur ! », selon les traductions ; et jusqu’ici comme chez Marc. Mais Matthieu ajoute : « Pierre prit alors la parole : ‘Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau’. Jésus lui dit :’Viens !’ Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais voyant qu’il y avait du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : ‘Seigneur, sauve-moi !’ Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit :’ Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?’ Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : ‘Vraiment, tu es le Fils de Dieu !’ »

    C’est un moment crucial de notre Evangile. Avant même la confession de Pierre qui avait été en Marc la première reconnaissance de la véritable identité de Jésus, cette confession qui apparaîtra bientôt, au chapitre 16 de Matthieu, voilà que tous les apôtres eux-mêmes, au milieu de la confusion, de la peur et de l’étonnement, commencent à comprendre enfin ce qui se passe. Ce Dieu qui bouleverse les foules par ses miracles incompréhensibles, est en train de révéler son secret à ceux qu’il a choisis pour fonder son royaume sur terre, et en particulier à Pierre. C’est le cœur de notre chapitre, le ciel qui s’ouvre encore une fois sur l’humanité, et chaque fois avec plus de clarté. Rappelons-nous notre chapitre précédent : « Heureux vos yeux parce qu’ils voient, et vos oreilles parce qu’elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. » Nous allons maintenant reprendre quelques-unes de ces phrases dans de nouvelles « perles de la Parole » et nous laisser pénétrer par elle.


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