• Découvertes

    La vie serait bien triste et monotone si l'on ne faisait chaque jour de nouvelles découvertes. Au départ on se croit parfois condamné à passer toute la vie dans un vase clos où rien ne se renouvelle. Puis on ouvre sa porte, son cœur, son intelligence et le voyage commence. Et ce qui est extraordinaire, c'est que plus on découvre et plus on s'aperçoit que les horizons continuent à s'ouvrir, à l'infini...

  • Au fond, vous savez pourquoi l’amour est si difficile de nos jours ? C’est d’abord parce que notre monde moderne veut tout prévoir et tout sécuriser, en pensant par-là être plus tranquille. Sans se rendre compte que c’est cela qui tue l’amour.

    Car prévoir l’amour c’est le condamner à être une sorte de répétition monotone et de plus en plus ennuyeuse de beaux moments du passé. Alors que le véritable amour s’invente chaque jour, il n’est pas la découverte d’un trésor qui existe déjà à l’avance, mais la création d’une surprise que l’inspiration du moment me fait à chaque jour imaginer et réaliser.

    Sécuriser l’amour, pour l’empêcher de dégénérer, de dévier, de nous trahir, c’est le mettre en cage et l’empêcher définitivement de voler : quel pauvre amour, quelle caricature de l’amour va-t-on trouver à partir de là ! C’est sûr qu’on sera déçu.

    Mais le pire de tout, c’est la mentalité de la société de consommation qui ne cesse d’envahir notre planète, à commencer par les pays dits « développés ». L’homme qui se sent, à juste titre peut-être, le maître de l’univers, pense que désormais il peut tout acheter selon ses caprices du moment. On se retrouve comme devant un immense supermarché où chacun est libre de choisir ce qui lui plaît selon ses besoins et ses goûts. Qu’on achète des objets matériels, passe encore. Mais on prétend bientôt acheter la nature. Puis on veut acheter le plaisir, la joie, le bonheur. On achète des divertissements, on achète du sport et même l’art ou la beauté. On pense en arriver à acheter des relations sociales avec les autres où tout se passerait selon nos convenances…

    Et à la fin, on voudrait peut-être choisir, dans notre grand supermarché, l’amour qui est fait pour nous. Il ne s’agit plus alors de supermarché, mais de supercherie. Car on oublie que l’amour ne s’achète jamais : l’amour peut seulement se donner ou se recevoir comme un cadeau. C’est dur à accepter peut-être, mais c’est la réalité. Et ce n’est pas, comme on dit, la « triste réalité », bien au contraire, car c’est cela qui va laisser pour toujours l’amour capable de voler et de nous faire rêver.

    L’amour ne va pas être sauvé avec plus de sécurité dans des protections extérieures, mais avec plus de confiance dans sa dynamique intérieure. La seule assurance que me donne l’amour, je la trouve en moi chaque jour, si je le laisse se développer selon sa force intrinsèque qui se renouvelle à chaque pas, selon la réciprocité surprenante qui m’arrive de l’autre au moment où je ne m’y attendais pas et qui m’émerveille chaque fois un peu plus.

     

    C’est cet amour qui me fait tomber peu à peu amoureux de toute l’humanité et qui est devenu tellement rare de nos jours qu’il est sûr de réussir. Car chaque homme, chaque femme sont faits pour aimer et être aimés et quand ils trouvent un amour vrai, sincère, désintéressé, ils ne peuvent pas ne pas répondre d’une manière ou d’une autre. Et il n’y a plus qu’à se laisser porter par la vague de cet amour qui me surprend toujours, car elle arrive peut-être à droite quand je l’attendais à gauche, un peu brusque quand je l’attendais plus douce, mais elle arrive toujours car la mer de l’amour ne s’arrête jamais… 


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  • Je suis tombé il y a quelques jours sur une phrase d’Angélique Planchette qui m’a fait beaucoup réfléchir : « L’homme veut certitude et réciprocité, d’où sa difficulté à aimer »

    Oui, c’est évident, c’est tellement beau d’aimer et tellement difficile en même temps. Alors que faire ? Aimer moins intensément, aimer moins souvent pour éviter les problèmes ? Aimer quand on est vraiment sûr de l’autre, quand on a de véritables « certitudes » sur la suite de notre amour. Aimer seulement si l’autre nous a donné suffisamment de signes de « réciprocité » comme le dit notre phrase ? Tout cela ne vous semble-t-il pas un peu trop terre à terre ?

    Car l’amour a besoin de voler, de rêver, il ne peut pas continuellement rester collé à des calculs d’intérêt qui seront le plus souvent déçus, car ils décevront l’autre avant même de nous décevoir nous-mêmes. Il n’y a donc pas d’autre solution que de décoller, de sauter dans le vide, de s’habituer à cette impression de risque perpétuel, mais nous verrons bien vite ainsi l’amour grandir en nous avec une telle énergie, une telle force, que les petites difficultés rencontrées nous sembleront soudain bien peu de choses.

    Car c’est cela le secret de l’amour : ne jamais s’appuyer sur des certitudes extérieures qui n’existent pas, mais sur la force même de cet amour qui nous entraîne. Et c’est cela qui va provoquer la réciprocité. Parce que personne ne peut rester indifférent à un amour vrai, gratuit, désintéressé, entier, sans calcul, il donne trop envie de répondre de la même façon.

    Mais voilà, cette réponse de réciprocité n’arrivera jamais comme on l’attend, ni au moment où on l’attend. La vraie réciprocité ne sera jamais une « certitude » que je connais à l’avance, sinon la réponse de l’autre serait comme un jouet entre les mains de mes caprices, l’autre serait comme un robot qui obéit automatiquement à mes attentes.

     

    Non, la réciprocité sera toujours une surprise, parce que l’autre est différent de moi, il ne me répondra pas à ma façon, mais à sa façon, pas au moment que j’aurais voulu, mais quand lui le sentira bon. La réciprocité ne peut exister que dans la pleine liberté justement réciproque. La réciprocité est chaque fois une nouvelle invention que jamais je n’aurais pu prévoir. Et cette réciprocité fait beaucoup de bien, car c’est évident que se sentir aimé chaque fois d’un amour tout neuf, qui se renouvelle sans cesse, c’est certainement un baume sur le cœur qui va me pousser à dépasser moi-même chaque fois les limites de mon amour. Mais il faut accepter la règle du jeu qu’il n’y a dans l’amour aucune certitude, surtout liée au passé, car l’amour est à réinventer chaque jour et le cadeau qui a plu hier ne plaira pas forcément demain. La seule certitude de mon amour est cet amour lui-même dans lequel je me sens chaque jour un peu plus réalisé… Affaire à suivre…


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  • Je suis un peu surpris ces temps-ci d’entendre souvent des discussions sur le monde d’internet, le web, comme on dit, les réseaux sociaux comme Facebook ou twitter… Et je vois surtout qu’on oppose en général la vie concrète quotidienne avec ses relations de travail, de famille, d’amitié concrète, mais aussi de conflits à résoudre, qui serait le « réel », au monde d’internet qui serait seulement « virtuel », ce qui veut dire pratiquement faux et trompeur.

    Eh bien, je voudrais m’élever contre ce jugement qui me semble un peu hâtif. J’avoue que j’ai mis du temps à me laisser convaincre de me lancer dans Facebook. Depuis que je l’ai fait, il y a maintenant plus de deux ans, ma vie y a gagné en beaucoup de contacts qui auraient été impossibles autrement. Alors je devrais avoir la conscience embarrassée parce que je perds mon temps dans des relations qui sont seulement virtuelles ?

    Je crois qu’on doit ici bien se comprendre. Internet est simplement un instrument, comme le téléphone est un instrument, ou bien l’argent, ou bien la télévision, l’électricité, le feu et l’eau eux-mêmes. Un instrument peut donner la vie et peut la détruire. Il faut donc d’abord être conscient du but qu’on s’est fixé quand on l’utilise et être ensuite cohérent avec ce but.

    Je sais qu’avec Facebook, on risque de vivre dans des apparences trompeuses. On peut y cacher la vérité, les sentiments réels qui nous traversent. Mais n’était-ce pas la même chose à l’époque où le seul moyen de communiquer d’un pays à l’autre était de s’écrire des lettres qu’on envoyait ensuite par diligence ou par bateau ? Et au téléphone, je ne peux pas non plus cacher la vérité ? Et lorsque je me trouve physiquement avec quelqu’un, n’ai-je pas mille moyens de jouer la comédie et de lui montrer un monde qui en réalité n’est pas le mien ?

    Je crois que le problème n’est pas dans internet ou d’autres moyens de communication. Le problème est toujours et seulement dans le cœur de l’homme. Si je suis sincère avec mes amis, si je leur dis en face le fond de ce que j’ai dans mon cœur, pourquoi changerais-je une fois sur les réseaux sociaux ? Le monde est réel lorsqu’il est réel dans mon cœur et dans mon esprit. Mon amitié est réelle lorsque je m’implique de tout mon être dans mes relations. Mais je peux aussi bien côtoyer des gens physiquement à longueur de journée et faire seulement « du cinéma » parce que j’ai peur d’être transparent avec les gens.

     

    A moi donc de décider si mon monde est réel ou virtuel. Le reste est secondaire. Je sais bien, encore une fois, qu’une page de blog ne peut pas tout dire. Je sais qu’il est dangereux pour un enfant ou un adolescent de s’enfermer des heures entières dans sa chambre au lieu de sortir avec ses amis dans le monde réel. Mais ce qui comptera en fin de compte c’est si cet enfant ou cet adolescent apprend à être vrai avec les autres ou avec lui-même, dans la vie de tous les jours, comme sur les réseaux sociaux.


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  • Vous me direz que la découverte c’est de trouver sur le chemin de la vie un nouvel ami ou une nouvelle amie auxquels on ne se serait pas attendu. Certainement. Mais si c’est un ami véritable, je vais bientôt m’apercevoir que c’est cet ami lui-même qui devient une découverte sans fin.

    A condition bien sûr que je sois à hauteur de la situation, que je sois moi aussi pour lui, ou pour elle, une découverte sans fin dans la réciprocité. Car il n’y a rien de pire pour l’amitié que de l’enfermer à un certain moment, par paresse, par égoïsme, par intérêt ou je ne sais quelle raison malheureuse, dans un schéma tout fait qui finira bien vite par se scléroser et par nous décevoir tous les deux ensemble, peut-être pour toujours.

    J’ai bien dit « peut-être pour toujours », car il faut reconnaître à l’amitié la capacité de renaître de ses cendres, de s’allumer à nouveau après s’être éteinte, car l’amitié pardonne ses échecs et elle en ressort même plus forte et plus dynamique qu’avant.

     

    Mais pas la peine de provoquer ces moments de crise ou d’arrêts, alors que la vie est si brève et qu’il y a encore tant de trésors à découvrir dans le cœur d’un ami. Et ce qui est encore plus beau c’est lorsque cette amitié à deux s’ouvre sur un troisième, un quatrième… là aussi sans fin. La véritable amitié devrait toujours déboucher sur une sorte de symphonie inachevée où chaque jour viennent s’ajouter de nouveaux instruments que l’on n’aurait jamais imaginés, qui vous font tressaillir le cœur et l’esprit par des rythmes nouveaux et des notes inattendues qui nous ouvrent sur des horizons infinis. A nous de savoir nous laisser entraîner à la découverte…


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  • La vie est difficile tout de même ! Une série interminable de devoirs et d’obligations de toutes sortes qui nous pressent, sans nous donner le temps de respirer. Et quand les devoirs diminuent, quand arrive l’époque de la retraite ou du repos forcé, on n’a plus beaucoup d’énergie ou de santé pour profiter des dernières années qui nous restent. N’est-ce pas ainsi que beaucoup de gens perçoivent la qualité de leur vie ?

    Je crois qu’il y a là un grand équivoque, un problème de regard global sur la réalité qui risque de gâcher notre vie pour toujours, ou au moins pour longtemps, si nous ne nous arrêtons pas un beau jour pour changer vraiment de route.

    Je pense que tout change pour chacun de nous le jour où nous nous rendons compte que la vie est d’abord un immense cadeau qui nous a été donné au départ gratuitement, sans que nous l’ayons demandé. Nous aurions bien pu ne pas exister et voilà pourtant que nous sommes là bien présents, en chair et en os, comme on dit, mais aussi en esprit et en cœur, avec tout le miracle en nous de l’humanité qui continue à naître, grandir et se frayer son chemin dans l’univers et dans l’histoire.

    Alors, au lieu de continuer à nous dire chaque jour : ce matin je « dois » aller au travail, ce soir je « dois » m’occuper de ma famille, la semaine prochaine je « dois » organiser une réunion importante, et ainsi de suite… pourquoi ne transformons-nous pas tout cela en un : je « peux » aller au travail et faire ainsi avancer l’humanité qui m’a été donnée, je « peux » donner ma vie pour ma famille, je « peux » offrir mes talents pour le bien de la société qui m’entoure… ?

     

    Ce n’est pas plus compliqué que cela, et c’est pourtant si difficile à admettre. La vie est une chance, une immense opportunité qui m’a été offerte et que je peux recevoir et accepter de tout mon cœur comme un grand chantier passionnant à développer et non pas comme une responsabilité qui m’écrase. La vie est un défi qui donne du sel, du piment à chacune de mes journées, car elle n’est jamais monotone. Chaque jour, chaque heure a son lot de nouveautés et de surprises qui peut me permettre d’inventer encore une nouvelle manière d’aimer les gens qui m’entourent, de leur donner à eux aussi un peu ou beaucoup de cette vie qui m’a été transmise. Et si j’ai la chance d’avoir enfin compris cette leçon, d’avoir fait cette découverte de laquelle je ne voudrais plus jamais revenir en arrière, ma mission sera maintenant de partager cette découverte avec mes compagnons de voyage, de redonner espoir à ceux qui l’ont perdu ou qui ne l’ont jamais eu, à redonner de l’optimisme à ceux qui se sentent écrasés, mis de côté ou exploités. La vie vaut alors vraiment la peine d’être vécue, car elle est une aventure passionnante qui ne se répète jamais, où la souffrance au milieu des joies n’est pas seulement un mauvais moment à passer, mais le secret qui donne encore plus de valeur à chacune de nos actions. Vous voyez la réalité autrement ?


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