• Provocations

    Il y a bien sûr de bonnes provocations et des provocations méchantes.Mais n'avons-nous pas fait l'expérience quelquefois que toute provocation est au fond une excellente occasion de commencer une nouvelle étape importante de notre vie?

  • Oui, c’est encore une de mes « provocations ». Et pourtant nous entendons de plus en plus souvent cette question autour de nous. Et il y aurait même de bonnes raisons de croire que notre pauvre monde va bientôt exploser. Les guerres se multiplient et nous sommes à deux doigts d’une catastrophe nucléaire. Les changements climatiques deviennent toujours plus surprenants et imprévisibles, au point qu’on prévoit que bientôt le nombre de refugiés pour raisons climatiques va dépasser de loin celui des réfugiés pour cause de guerres. La population mondiale se multiplie à un rythme incroyable et en même temps les ressources diminuent…

    Alors que penser et que faire ? Dans une situation pareille, la meilleure façon de hâter la fin du monde, c’est la panique. Vous savez qu’il existe des serpents qui hypnotisent les oiseaux avec leur regard ? Le pauvre oiseau qui a ses ailes pour voler et qui se trouve sur une branche à plusieurs mètres du serpent est tellement paralysé par le regard de ce serpent qu’il finit par tomber à terre devant lui et à se faire dévorer. Et nous n’avons, nous aussi, qu’à nous laisser paralyser par ces nouvelles prophéties sinistres pour arrêter de vivre et pour nous suicider collectivement simplement par peur de la catastrophe…

    Sans compter que la peur est devenue un excellent business qui rapporte de mille façons, en faisant vendre des armes par exemple pour se protéger des invasions qui nous menacent et quand on a trop d’armes entre les mains, il est bien facile de s’en servir de travers et de hâter les guerres qu’on pensait justement éviter.

    Ce qui est sûr, c’est que la panique n’a jamais trouvé de solution à n’importe quel problème. Certaines peurs légitimes sont parfois sources de sagesse quand elles nous aident à réfléchir et à éviter certains dangers, et cette panique est évidemment un des pires dangers qui puissent nous tomber dessus.

    Alors, réfléchissons simplement. La vie a été un cadeau que nous avons reçu gratuitement sans l’avoir demandé. La terre, notre planète et notre habitation, nous a été confiée en même temps comme le cadre idéal où cette vie pouvait grandir et se développer. Si la vie cesse un jour ou si notre planète meurt, elles s’en iront comme elles sont arrivées et on n’y pourra rien. Je ne parle pas ici au niveau de la foi en Dieu et en l’éternité qui donnent évidemment un tout un autre sens à l’idée de la fin du monde. J’en reste à l’aspect simplement extérieur et apparent de ce que peut être cette « fin du monde ».

    Il ne nous reste qu’une solution pour l’instant : croire en la vie que nous avons encore entre les mains, profiter de cette peur légitime pour nous unir le plus possible avec tous les hommes de bonne volonté qui peuvent encore sauver notre planète avant qu’il soit trop tard. Et se convaincre que la peur et la mort ne provoqueront que des peurs et des morts encore plus terribles. Alors la panique disparaîtra et nous aurons encore de beaux jours devant nous sur cette merveilleuse terre qui n’a pas encore fini de nous surprendre !

     


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  • « La seule richesse qui peut apporter le bonheur est celle qu’on reçoit et qu’on est tout de suite prêt à partager, mais certainement pas celle qu’on croit posséder égoïstement pour soi. » C’est ce que j’ai écrit il y a quelques jours sur Facebook et on me demande de m’expliquer un peu. Car c’est bien évident que la mentalité courante considère que posséder des richesses est une source de bonheur…

    Nous savons bien que cette pauvre « mentalité courante » se trompe tellement souvent. Il n’y a qu’à penser aux préoccupations que provoque la richesse, la peur d’être volé, les jalousies, le fait que les gens sont vos amis parce qu’ils aiment votre argent, mais qu’il n’y a là souvent rien de sincère, et la liste des dangers de la richesse est bien facile à imaginer.

    Alors, c’est mieux d’être pauvre ? Ce serait ridicule de passer d’un extrême à l’autre. La pauvreté aussi est source d’angoisse et de préoccupations de toutes sortes. Pas d’issue à ce dilemme ? L’homme est condamné à être de toute façon malheureux ? Ce n’est certainement pas ce que je veux dire. Mais raisonnons un instant tout simplement.

    La richesse en soi est un bien. Et pas seulement la richesse matérielle. Il n’y a qu’à penser combien nous sommes riches de cette vie qui continue à couler dans notre corps, dans notre esprit ou notre cœur. Nous sommes aussi riches de volonté, de santé, d’énergie, d’intelligence, de culture, d’expérience, d’amitié ou d’amour. Et tout cela peut réellement nous apporter le bonheur.

    Mais à une condition : c’est de nous souvenir que tous ces types de richesses sont un cadeau que nous a fait la nature, ou que nous nous sommes nous même gagné à la sueur de notre front ou de notre intelligence, mais la richesse n’est jamais un but en soi, elle n’est qu’un moyen de créer des relations, de construire une société toujours plus harmonieuse. La richesse est un don que j’ai reçu pour le partager et développer des relations toujours plus belles entre les hommes.

    C’est donc la relation qui est importante et si telle ou telle richesse m’est enlevée, j’en trouverai toujours d’autres à partager, car ce sont mes relations avec les autres qui comptent et non pas par quelles richesses nous avons fortifié ces relations. Un pays en guerre fait cette expérience difficile et merveilleuse que les richesses détruites irrémédiablement peuvent être remplacées par une telle solidarité humaine que l’on parvient à créer des amitiés encore plus fortes quand tout va mal qu’en période de paix.

    Alors si l’autre que j’aime est le but de ma journée et de toute ma vie, je serai un moment malheureux si je perds une de mes richesses, mais je découvrirai bien vite que j’ai tellement d’autres richesses à donner, que je ne perdrai plus de temps à faite encore attendre ces amis qui ont besoin de moi. Mais si évidemment la richesse est devenue un but pour moi, pour me sentir important ou à l’abri des dangers, alors mon bonheur risque de disparaître au moindre accident avec tous les faux amis que je m’étais trouvés en route et qui iront chercher ailleurs d’autres illusions…


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  • Vous allez vous étonner un peu cette fois-ci, si je me fâche contre Voltaire et ce que j’appelle ses « bêtises » ? J’ai bien le droit de le faire, puisque je suis dans ma rubrique « Provocations » !

    Mais dites-moi ce que vous pensez d’une phrase pareille, d’un des écrivains les plus célèbres au monde, un de ces auteurs de ce qu’on a appelé le siècle des Lumières…

    « La politique a sa source dans la perversité plus que dans la grandeur de l’esprit humain. » Ce serait cela la constatation d’un homme intelligent ?

    Premièrement, la « source » de la politique n’est ni dans un défaut, ni dans une vertu. La source de la politique, c’est le besoin, la soif qu’ont les hommes d’harmoniser la vie de la cité ou de la nation, pour pouvoir au moins survivre et surtout pour que cette vie sociale puisse trouver son sens et déboucher si possible sur le bonheur des hommes.

    La politique, c’est le premier service à l’homme social, c’est la condition obligée de la santé du corps de la société. Mais comme le lieu de la politique est en même temps le lieu où se concentrent le plus le pouvoir et l’argent, c’est celui de toutes les tentations et en particulier celle de détourner sur soi tout ce pouvoir et cet argent.

    Il ne faut donc pas être bien malin pour imaginer que tout ce qu’il y a de plus pervers au monde va essayer de profiter de la politique pour ses propres intérêts. Mais de là à dire que la perversité est la source de la politique ! C’est comme si nous disions que la folie est la source de la conduite automobile, parce qu’il y a des fous du volant qui s’amusent et provoquent des accidents mortels sans conscience.

    Le problème dans tout cela c’est que notre éducation à l’école et à l’université est encore basée sur le spectacle. On enseigne aux élèves et aux étudiants à regarder le monde comme on regarde un film en le commentant bien assis dans son fauteuil. On s’exerce à faire des statistiques ou des commentaires, soi-disant « neutres », sans parti pris, sur la situation et le caractère des hommes. Et l’on oublie de dire à nos jeunes que la vie est une bataille entre la guerre et la paix qui n’a rien de neutre, ou chaque geste et chaque regard qui part de moi peut construire ou détruire l’harmonie entre les hommes selon ce que j’en fais.

    Je crois que tout le sens de l’éducation de nos écoles devrait changer si l’on ne veut pas arriver à des catastrophes irrémédiables…


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  • Oui, je vais continuer à m’expliquer, car je vois que beaucoup de lecteurs ne sont encore pas convaincus. Le problème c’est qu’on a fait de l’amour un des produits de consommation du genre de ceux qu’on va acheter au supermarché. On choisit son amour en fonction de l’intérêt du moment, puis quand il ne nous intéresse plus, on le jette à la poubelle et on va en chercher un autre…

    Mais ce n’est pas cela l’amour. L’amour, c’est la vie qui commence à se donner, qui grandit en se donnant et en se partageant et qui brûle tout sur son passage en faisant tache d’huile. La difficulté, c’est que nous tombons souvent de l’amour, comme on tombe d’un cheval au galop, et nous nous faisons mal en tombant et nous avons envie de rester là à nous plaindre sans plus jamais nous relever.

    Mais l’amour n’est pas un cheval au galop qui va continuer à courir en oubliant que l’instant précédent nous étions tellement heureux avec lui. Non, l’amour, parce qu’il est amour, va nous attendre, nous aider à nous relever patiemment, panser nos plaies et nous aider à reprendre notre route, sans même nous juger, si nous n’avons pas eu la force de continuer à courir avec lui. Car l’amour sait bien que nous sommes faibles, mais que notre intention est bonne, et il va nous redonner du courage.

    Alors la vie commence à changer. On tombe de moins en moins de son cheval, on découvre des paysages étonnants, tout devient tellement plus passionnant. Mais surtout l’amour entraine bientôt la réponse de l’autre. Et quand l’autre a commencé à nous répondre dans la réciprocité, cela nous cause une joie si grande qu’on ne va plus s’arrêter pour n’importe quelle petite difficulté. (encore à suivre)

     


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  • Peut-être encore une de mes provocations ? Je vais essayer de m’expliquer. Cela fait longtemps que j’ai commencé à faire cette expérience que l’amour ne peut jamais revenir en arrière.

    Vous allez me dire que toute la vie est faite de ces conflits ou de ces blessures dus à l’amour qui s’est arrêté quelque part en route et qui a disparu après avoir fait de fausses promesses.

    Eh bien, ce n’est pas vrai, ce n’est pas l’amour qui s’est arrêté, c’est l’homme qui a fui, qui n’a pas donné suite à ses promesses, c’est chacun de nous dans notre faiblesse et dans notre inconstance qui sommes capables de trahir à chaque instant notre amour.

    Mais l’amour, le vrai amour, ne sait pas faire autre chose que de se donner, de donner la vie qu’il porte en lui pour toujours. Alors, quand on commence à comprendre au moins un peu cette immense vérité, on regarde l’amour autrement. C’est vrai que l’amour restera toujours un jeu magique, une fête, une aventure magnifique, mais combien de fois n’avons-nous pas vu cette fête ou cette magie se transformer en cauchemar qui détruit tout sur son passage ?

    C’est que le vrai amour est en fait une réalité si belle, mais en même temps tellement sérieuse qu’on ne peut pas jouer n’importe comment avec elle.

    L’amour qui commence à se donner, sait dès le départ qu’il ne pourra plus changer. L’amour ne se donne pas à n’importe qui, n’importe quand et n’importe comment, mais quand il le fait, il poursuit sa route jusqu’au bout, quelles qu’en soient les conséquences. Et je vais prendre ici quelques exemples bien concrets pour me faire comprendre.

    Si j’ai décidé de dire bonjour avec le sourire à une personne que je connais à peine mais que je rencontre souvent en allant au travail, je ne pourrai plus le lendemain faire comme si cette personne n’existait plus pour moi. Ça y est, c’est fini, je me suis engagé avec elle, au moins pour un bonjour.

    Si je serre la main à quelqu’un pour la première fois, je le la lui serrerai désormais chaque fois que l’occasion s’en présentera, sinon ce serait lui faire du mal. Si je donne amicalement une tape sur l’épaule à un collègue ou à une collègue, je devrai aussi recommencer quand les mêmes circonstances se représenteront.

    Car la voie de l’amour est une porte qui s’ouvre sur l’infini, sur un chemin qui commence aujourd’hui mais dont on ne connaîtra la fin qu’au dernier jour, car ce chemin est l’aventure passionnante de la vie et de toutes ses relations.

    Je ne parle pas ici des problèmes pratiques qui font que quelqu’un part en voyage, qu’on ne se retrouve plus toujours avec les mêmes personnes, que le temps et les activités changent : cela ce sont les conditionnements de la vie qui peuvent déranger l’expression de notre amour, c’est bien normal. Non, je veux parler de la qualité de l’amour que chacun porte en lui pour tout le reste de l’humanité et qui peut non seulement rester intact dans notre cœur, mais grandir sans cesse au fil du temps. (à suivre…)


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