• Du ruisseau à l'océan et de l'océan au ruisseau

    Comme vous voyez, ce mois-ci, pas de nouveaux proverbes ou de nouvelles citations d’un personnage célèbre. Dans mes « mots pour de bon », j’ai eu envie de revenir sur une de ces phrases de Khalil Gebran qui plaisent beaucoup à mes lecteurs.

    « Qui mérite de boire à l’océan de la vie, mérite de remplir sa coupe à votre petit ruisseau » a dit un jour notre fameux poète libanais.

    C’est là une phrase qui sort vraiment de l’ordinaire, on y pressent comme le mystère d’un secret qui nous fait plonger au plus profond du sens de toute l’humanité.

    Je ne vais pas m’attarder sur le mot « mérite » qui pourrait être discuté : quel mérite a-t-on de vivre quand on a reçu le don de la vie gratuitement, sans l’avoir demandé ?

    Mais ce qui frappe ici au premier abord, c’est le rapprochement génial entre l’océan et le ruisseau. Comment comparer ou mettre ensemble ces deux réalités de la nature qui en sont en quelque sorte les deux extrêmes : un petit filet d’eau fragile et une étendue immense, fascinante, effrayante parfois, qui couvre de son manteau tout un flan de notre planète ?

    C’est bien sûr le secret de la nature et le secret de la vie en même temps. La vie n’est pas une question de quantité, mais de force, de vitalité ou d’énergie. Le ruisseau est vivant comme est vivant l’océan. Mais Khalil Gebran se sert de cette image pour parvenir au cœur de l’humanité. Un homme ou une femme, dans leur petit ruisseau, représentent, lorsqu’ils sont en vie, la grandeur et la puissance de l’humanité tout entière.

    Chaque individu vivant est comme les milliards d’habitants de notre terre. Pas de différence de valeur. Un seul être que je rencontre, qui entre dans ma vie comme j’entre dans la sienne, dans la réciprocité, et me voilà déjà au plus profond du cœur de toute l’humanité. Ma coupe est déjà remplie, je n’ai même pas besoin d’aller chercher l’océan, car l’océan est déjà présent, mystérieusement présent, dans le filet fragile du petit ruisseau.

    Si l’on avait toujours cette vision de l’homme, il n’y aurait plus de guerres sur la terre. On n’oserait plus traiter n’importe comment un seul de nos frères ou de nos sœurs en humanité, car on serait conscient de tout gâcher pour toujours et par conséquent de se faire du mal à soi-même, car si je blesse un seul de ces petits ruisseaux, je fais du mal à l’océan et je serai le premier à en souffrir. Les poètes ont des intuitions qui vous laissent parfois sans paroles. Si seulement on savait un peu mieux les écouter et les comprendre !


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  • Commentaires

    1
    Daisy
    Mardi 1er Mai à 05:27
    C'est très beau Roland ce rapprochement merci ça agrandit les âmes vers Dieu...
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