• Notre monde est-il vraiment malade? (2)

    Je continue aujourd’hui ma réflexion sur la phrase terrible de cette pauvre femme qui refusait d’avoir des enfants en disant : « Je ne veux pas m’inquiéter toute ma vie pour une autre personne. »

    Quand on lit ou qu’on entend de telles affirmations, il y a de quoi être effrayé. On a l’impression de se trouver devant quelqu’un qui n’a rien compris à la vie. Et ce n’est sans doute pas sa faute si elle est née et a grandi dans un milieu où tout le monde est en quelque sorte aveugle…

    Car la plus élémentaire découverte, fascinante, que l’on devrait avoir la chance de faire en grandissant, c’est de se rendre compte que je ne suis rien sans les autres. Que si j’existe, c’est que je suis déjà au départ le fruit de l’amour au moins entre deux personnes, et aussi de toute une famille qui s’est développée dans le temps et a débordé jusqu’à moi.

    Et si tous ces « autres » qui m’ont transmis la vie sont bien en moi pour toujours, je vais encore découvrir peu à peu que mon moi, si unique et si important, c’est vrai, est encore le fruit de rencontres avec des personnes qui ont marqué chacune des étapes de mon voyage sur cette terre.

    Et je veux parler ici surtout des personnes qui m’ont marqué de l’intérieur. Car on sait bien qu’il y a dans la vie des rencontres difficiles qui nous blessent, mais ces personnes qui nous ont peut-être fait du mal restent toujours plus ou moins extérieures à nous. Tandis que celles qui sont entrées dans notre esprit et notre cœur dans un courant d’amitié ou d’amour que nous avons vécu et que nous continuons à vivre dans la réciprocité, jamais il ne nous viendrait à l’esprit de dire : « ce sont d’autres personnes », comme si elles étaient complètement étrangères à nous. Car nous sentons au contraire que ces personnes font partie du plus intime de nous-mêmes, qu’elles sont pour nous une lumière, une boussole, une consolation, un ressort, un appui, un tremplin… tous les mots merveilleux que l’amitié ou l’amour peuvent nous suggérer.

    Alors, c’est vrai, quand on s’inquiète pour quelqu’un qu’on aime (et notre fameuse dame sent peut-être qu’elle devrait aimer cette « autre personne » qu’elle mettrait au monde), ce n’est pas facile chaque jour, cela fait peut-être passer des nuits blanches, cela fait toujours souffrir. Mais n’est-ce pas ensuite cette souffrance partagée avec l’autre qui fait que l’amour grandit encore plus entre nous, comme un arc en ciel après la pluie ou l’orage ? Notre vie n’est pas facile, mais elle est tellement pleine d’expériences de jour en jour plus surprenantes qu’on se demande comment quelqu’un peut préférer encore rester seul dans son coin plutôt que de se donner à la vie. Il y a certainement là une maladie à guérir, qu’on devrait prendre un peu plus au sérieux dans notre société moderne.


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  • Commentaires

    1
    Hayatfallah@hotmail.
    Mercredi 25 Avril à 12:00
    C'est certainement une maladie à soigner par un surcroît d'amour, d'accueil et de témoignage de la joie de l'amour partagé...je suis peut être naïve..
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