• Question de pouvoir

    [Nous voici arrivés au chapitre 9 de l’Evangile de Matthieu qui reprend de nombreux passages des chapitres 2 et 5 de Marc. Pour nous y préparer, j’ai pensé reprendre quelques-unes des « Perles de la Parole » que nous avions consacrées justement à ces passages de Marc. Ce n’est pas mal parfois de revenir sur nos réflexions précédentes et de voir ainsi le chemin parcouru, à la suite de Jésus.]

    « Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l’ordonne...Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. » (Mc 2, 10-11)

    [Article paru le 21 mars 2015 dans « Perles de la Parole ».]

    Ici, j’aimerais m’arrêter un instant sur le mot pouvoir. Le « Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre. » Le pouvoir est un des attributs de cet Etre qui nous attire. Dieu a en Lui le pouvoir, il est pouvoir, il peut par essence. « Si tu le veux, tu peux me purifier », avait dit le lépreux à Jésus, en comprenant parfaitement la situation.

    Comme c’est beau d’être et de pouvoir ! Chacun d’entre nous aspire à pouvoir, pouvoir être, pouvoir aimer, pouvoir comprendre, pouvoir découvrir, réussir, trouver... Et lorsqu’on ne peut pas réaliser ce qu’on aurait voulu, on est terriblement déçu, avili, découragé.

    Dieu qui nous aime tellement voudrait de tout son cœur que nous partagions avec Lui ce pouvoir. Mais ici aussi il s’agit que ce pouvoir construise l’unité et la relation. Une petite préposition apparemment minuscule va nous donner la clé : il s’agit du pouvoir de... Jésus a le pouvoir de guérir, pardonner, purifier, faire des miracles, entraîner les foules. C’est un pouvoir de service, un pouvoir qui se donne, se transmet, se communique. Un pouvoir qui s’offre sans s’imposer, car l’autre est libre de le refuser.

    C’est là le miracle et la délicatesse de l’amour divin. Alors qu’il pourrait nous écraser, il nous présente seulement cette possibilité qu’il nous propose de faire quelques pas de plus avec Lui et avec ses amis. Alors ce pouvoir unit, libère, construit.

    Le problème de l’homme, c’est qu’à chaque instant il est assailli par la tentation de passer du « pouvoir de » au « pouvoir sur ». Au lieu de servir son frère ou sa sœur de tout son cœur, voilà qu’il est tenté d’utiliser son pouvoir pour les dominer, pour leur montrer qu’il a plus de pouvoir qu’eux, qu’il est plus fort, et pour les obliger à faire comme lui le veut, pour assouvir ses intérêts. C’est toujours le même mot qui produit un résultat complètement opposé. L’Evangile n’est autre que cette dynamique que nous pouvons à chaque instant renouveler en nous et autour de nous ou refuser pour je ne sais quel rêve insensé de grandeur solitaire et malfaisante.

    [Voir maintenant Mt 9,6 : « ‘Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés…’ alors, il dit au paralysé : ‘Lève-toi, prends ta civière, et rentre chez toi.’ »] 


  • Commentaires

    1
    Hayat Fallah
    Samedi 13 Juillet à 11:59
    Habbète le "pouvoir de" qui s'offre sans s'imposer... et qui libère...
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