• « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et la rouille les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où les mites et la rouille ne dévorent pas, où les voleurs ne percent pas les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » (Mt 6, 19-21)

    « Trésors… trésors… trésor… cœur » L’Evangile est une véritable chasse au trésor, si on se laisse faire, un grand jeu d’amour pour remplir notre cœur de joie ! Eh oui, Jésus pense tout le temps à notre cœur, car lui aussi s’est fait homme avec un cœur divin et humain à la fois qui bat et palpite comme le nôtre, un cœur qui sait se pencher sur ceux qui souffrent, qui sait aimer jusqu’à la folie et donner sa vie jusqu’à son dernier battement.

    Mais ce qui est intéressant ici, c’est que Jésus nous parle de trésors que nous-mêmes allons nous créer sur la terre pour le ciel. Il sait bien que le premier trésor que nous avons reçu, c’est la vie même de Dieu en nous, c’est notre propre vie, qui est une goutte de divin descendue sur la terre. Mais il nous demande d’inventer nous-mêmes nos propres trésors et les trésors que nous pouvons nous offrir les uns les autres en vivant l’amour réciproque. Car il ne veut pas être lui tout seul la source de notre bonheur, il veut que nous participions pleinement au développement même de la création qui passe à travers nous : quelle confiance incroyable en cette humanité qu’il sait pourtant si faible et si fragile ! On n’en finit pas de s’émerveiller !

    Et ces trésors que nous nous construisons dès ici-bas dans le ciel, ce n’est pas autre chose que la vie de Dieu en nous que nous avons accueillie de tout notre cœur et que nous avons laissée se développer en nous et déborder sur les autres. C’est notre pain de ce jour que nous avons partagé avec nos frères. C’est ce pardon que nous avons libéré en nous pour aimer les autres comme Dieu les aime. C’est la vie des béatitudes que nous avons laissée devenir peu à peu notre propre respiration : la paix, la justice, la miséricorde, la pureté, l’esprit de pauvreté, tous ces trésors qui ne meurent jamais car personne ne peut les détruire ou nous les voler. Quelle chance pour nous d’avoir découvert ce Dieu qui est inattaquable, contre lequel le mal ne peut rien car il ne possède rien qui puisse lui être dérobé, il est seulement un grand courant d’amour réciproque et infini qui ne sait pas s’arrêter ! Vivre l’Evangile, c’est se brancher chaque jour et pour toujours à la source de cette eau bienfaisante qui jamais ne s’épuisera !

     


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  • Notre monde moderne est un monde de l’action, du travail et de la production. Il ne sait plus s’arrêter dans sa course au succès ou tout simplement dans son anxiété de pouvoir survivre face à tous les défis qui lui tombent dessus.

    A force de courir, on n’a plus le temps d’accueillir, de contempler ou d’écouter. On oublie que cette vie qui nous apporte la force de faire, d’agir, d’organiser, de projeter, de réaliser, de réparer, d’exécuter, dans un tourbillon qui nous donne de plus en plus le vertige, nous est arrivée un jour comme un cadeau du dehors que nous n’avions pas même demandé.

    Nous oublions que si nous sommes pleins de santé, de courage ou d’énergie, nous avons reçu gratuitement tous ces dons au départ, venus de la source de la vie. Et le résultat, c’est que nous finissons par perdre le sens de la beauté de cette vie elle-même. Nous n’en voyons plus que les difficultés ou les conditionnements qui nous dérangent. Nous ne savons plus goûter au bonheur de vivre tout simplement.

    C’est là que cette phrase extraordinaire de Socrate que nous avons publiée cette semaine dans la rubrique « Des mots pour de bon », va nous aider de manière extraordinaire : « La sagesse commence dans l’émerveillement. »

    Socrate nous propose de redevenir comme des enfants qui découvrent la vie au jour le jour comme une surprise incroyable, toujours nouvelle, et qui s’émerveillent, de tout et de rien…

    Si nous savions commencer notre journée, chaque matin, en nous émerveillant d’être encore en vie et de pouvoir aimer les personnes qui nous entourent… Si nous étions capables de nous émerveiller de voir que, sur 7 milliards d’êtres humains, aucun n’est semblable aux autres et que chacun de nous est donc unique. Si nous parvenions à nous arrêter quelques instants chaque jour pour goûter aux surprises de la nature. Si nous savions voir la beauté des inventions de l’homme, même si elles ont souvent créé tellement de confusion. Si nous prenions le temps d’être heureux, même au milieu de mille difficultés… alors nous aurions peut-être la sagesse. Car nous prendrions la vie par son bon côté et nos décisions partiraient de la source bienfaisante de la vie et non plus de la peur d’une catastrophe ou de l’angoisse de réussir demain des projets insensés. Nous serions heureux parce que s’accepter et s’aimer entre frères et sœurs en humanité, tels que nous sommes, peut être déjà un bonheur merveilleux. Certains sages y sont parvenus : pourquoi devrions-nous passer à côté de la vie sans la voir et sans profiter de toute la joie qu’elle a chaque jour à nous donner ?

     


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  • [Tout le monde connaît ce philosophe extraordinaire qui a vécu en Grèce il y a environ 2500 ans. Que l’on soit d’accord avec lui complètement, un peu ou pas beaucoup, ne change rien au fait qu’il porte vraiment à réfléchir et à changer quelque chose dans notre vie.]

    ,

    Dans tous les cas, mariez-vous. Si vous tombez sur une bonne épouse, vous serez heureux ; et si vous tombez sur une mauvaise, vous deviendrez philosophe, ce qui est excellent pour l’homme.

    Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien.

    Existe-t-il pour l’homme un bien plus précieux que la Santé ?

    Connais-toi toi-même.

    Je ne suis ni Athénien, ni Grec, mais citoyen du monde.

    Si un âne te donne un coup de pied, ne lui rends pas.

    Ceux qui désirent le moins de choses sont les plus près de Dieu.

    Le bonheur c’est le plaisir sans remords.

    Les gens qu’on interroge, pourvu qu’on les interroge bien, trouvent d’eux-mêmes les bonnes réponses.

    Nous ne nous approchons de la vérité que dans la mesure où nous nous éloignons de la vie.

    Un homme qui a faim n’examine pas la sauce.

    Il n’y a point de travail honteux.

    On compte plus facilement ses moutons que ses amis. 

    Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue.

    La sagesse commence dans l’émerveillement.

    Nul n’est méchant volontairement.

    Vous pouvez cacher aux autres une action répréhensible, mais jamais à vous-même.

    Ce qui fait l’homme, c’est sa grande faculté d’adaptation.

    Le mal vient de ce que l’homme se trompe au sujet du bien.

    La première clé de la grandeur est d’être en réalité ce que nous semblons être.

    Le temps malgré tout a trouvé la solution malgré toi.

    Que voulez-vous que je lui apprenne ? Il ne m’aime pas.

    Rien n’est trop difficile pour la jeunesse.

    L’âme déréglée est comme un tonneau percé à cause de sa nature insatiable.

    Un homme doit-il se marier ? Quoi qu’il fasse, il se repentira.

    Un trésor de belles maximes est préférable à un amas de richesses.


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  • Cela fait longtemps que je n’avais plus écrit d’article dans ma rubrique « Batailles », mais là il y a bien de quoi se battre si l’on veut essayer de guérir notre société malade de ses peurs et de son égoïsme : jugez vous-mêmes !

    Je viens de voir sur Facebook cette phrase tirée d’un site qui voudrait aider les gens à trouver le bonheur : « Ne laisse entrer dans le jardin de ta vie que ceux qui ont des fleurs à planter. »

    A première vue, on pourrait y voir un peu de sagesse. Il faut bien être prudent dans ses relations, pour ne pas s’attirer trop d’ennuis…

    Pas de problème à chercher des relations qui soient belles, qui nous épanouissent, qui nous aident à trouver chaque jour de nouvelles « fleurs ». C’est beau de partager des fleurs. Mais ne tombons pas de nouveau dans le piège de la société de consommation qui fait de nous de beaux clients de supermarché qui voient autour d’eux seulement des produits à acheter et d’autres à laisser de côté ou à jeter…

    L’autre n’est pas un produit que j’acquiers pour en tirer profit ou bonheur. L’autre est mon frère ou ma sœur qui se trouve sur ma route pour que je sois un don pour lui et qu’il ou elle soit un don pour moi. Mais d’abord je suis responsable de ce don que je peux être pour lui. Avant de penser aux fleurs que l’autre pourrait planter chez moi, ce serait mieux de me préoccuper des fleurs que je pourrais planter chez lui. Alors tout change. La magie des belles relations part de ce changement tout simple de mentalité.

    On gagne toujours à planter des fleurs, même chez ceux qui ne sont pas capables d’en planter chez nous pour le moment. Et moi qui vous écris aujourd’hui cet article, je ne peux pas oublier les moments de ma jeunesse où j’étais triste parce que je n’avais pas d’amis et je ne savais pas planter de fleurs chez les autres. J’avais toujours peur de déranger, je me sentais maladroit et antipathique, à cause de mon histoire familiale assez dramatique.

    Et c’est le courage d’un camarade qui ne s’est pas découragé à la première apparence et qui a commencé à planter des fleurs chez moi, qui a soudain tout débloqué en moi. Il m’a fait comprendre pour la première fois que j’étais un trésor moi aussi, comme tout le monde et que j’avais tellement à donner, si seulement je me jetais à l’eau. Et combien rencontrons-nous de personnes qui semblent sèches ou flétries simplement parce qu’elles n’ont pas eu la chance de trouver quelqu’un pour arroser leurs fleurs cachées ou leur donner de la lumière.

    Alors, s’il vous plaît, sortons de cette civilisation des jugements extérieurs, des préjugés et des condamnations gratuites qui servent seulement à nous replier sur nous-mêmes. Nous ne saurons jamais à l’avance qui est vraiment capable de planter des fleurs chez nous ou chez les autres tant que nous n’aurons pas donné une chance à chaque personne de se donner à son tour, même s’il n’a pas l’air d’en être capable au départ. Soyons un peu plus ouverts, beaucoup plus ouverts… et nous aurons de belles surprises !


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  • « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés… Car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes. » (Mt 6,12.14-15)

    Encore la prière du « Notre Père », cette communication directe avec le paradis, comme si de rien n’était. Mais cette fois-ci, il y a une explication et je vous avoue que je n’aime pas beaucoup l’explication. En fait, si on regarde un peu superficiellement les deux dernières phrases, on pourrait y voir une sorte de chantage de la part de Jésus et du Père : « Si vous êtes gentils avec les autres, nous serons gentils, nous aussi, avec vous… sinon… ! » Vous imaginez le Père nous menacer ? Je crois plutôt que c’est simplement une manière pédagogique de pousser l’homme sur le bon chemin en l’effrayant un peu, comme on le fait avec un enfant qui n’a pas toute la maturité pour comprendre la portée de ses actes.

    Mais quand on est entré dans le « secret du Père », comme nous en avons déjà longuement parlé, la vérité saute aux yeux du cœur et de l’âme, tellement plus simple. D’abord ce rappel que nous ne prions jamais Dieu pour nous seuls, chacun dans son coin. Nous sommes toujours en cordée avec nos frères et sœurs en humanité et avec Jésus lui-même pour pouvoir monter vers le Père et parler avec Lui, comme si nous étions face à face.

    Mais c’est là que se pose le problème principal : il y a des conflits entre les hommes qui dégénèrent en jugements réciproques, puis peu à peu en actes hostiles ou violents, en haine et en guerres de toutes sortes. La montée vers le Père va-t-elle donc devenir impossible, puisqu’une partie de la cordée refuse d’avancer ? Et souvent nous-mêmes faisons partie de ce groupe qui a décidé de se bloquer là, si les autres ne font pas comme nous voulions. Alors que faire ?

    Encore une fois, c’est à la fois terriblement simple et terriblement difficile. Mais c’est pour cela que Jésus est descendu sur terre, pour nous montrer la route à suivre. Nous devons comprendre une fois pour toutes que ce Dieu qu’on appelle « tout puissant » est « incapable » de faire certaines choses. Mais oui, il est incapable de haïr, de se venger, de porter de la rancune ou simplement de se fâcher. Dieu est et restera toujours fidèle, quelle que soit notre attitude. Il souffrira de nous voir avec le cœur si dur, mais Lui ne changera jamais rien à son amour éternel. Car Lui est Amour, et s’il s’arrêtait d’aimer, c’est comme s’il cessait d’être Dieu.

    Alors la leçon est ici bien claire. Jésus et le Père ne nous demandent pas tellement de regarder en face ceux qui nous font du mal et de sentir tout à coup que nous les aimons de tout notre cœur, ce serait un acte faussement héroïque, contre nature. Ils nous demandent de nous concentrer sur cette vie divine que Dieu a semée en nous et de la laisser se développer malgré les obstacles et peut-être même grâce à ces obstacles. Car la première fois qu’on parvient à pardonner sincèrement à ceux qui nous ont fait du mal, on sent une véritable libération. On échouera bien des fois avant que la nature divine l’emporte en nous et on recommencera. On ne devient pas saint du jour au lendemain, mais chaque fois que nous laisserons Dieu pardonner en nous, nous nous sentirons tellement légers que peu à peu nous serons gagnés par cette nouvelle respiration divine qui nous transformera de fond en comble. Et la plus belle surprise sera de découvrir que nous aussi nous avons déjà été bien souvent pardonnés, sans même nous en être rendu compte. Et le pardon réciproque sera le début d’une amitié et d’une unité spirituelles qui feront justement de nous cette cordée qui va commencer à monter vers le Père, en montrant en même temps le chemin à tous ceux qui ont encore peur de faire le premier pas, mais qui seront un jour ou l’autre gagnés par l’amour… si nous ne nous arrêtons pas en chemin.

     


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