• « Nous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine. » (Mt 11,17)

    Il est sympathique, Jésus, avec ses comparaisons ! Eh, oui, Dieu est là, Dieu lui-même qui nous invite à la grande fête de son Amour et nous sommes trop occupés ou fatigués ou blasés ou découragés et nous ne faisons pas même un effort pour répondre à l’invitation. C’est sans doute d’abord de l’inconscience ou au moins une grande superficialité de notre part. Mais nous amuser maintenant à mettre des étiquettes sur notre stupidité de nous aidera pas à changer notre situation…

    C’est toujours la même chose : « la » Bonne Nouvelle vient de nous être annoncée, la nouvelle extraordinaire de la venue de Jésus sur terre qui peut changer radicalement toute notre vie et nous donner un bonheur sans fin, et nous faisons comme si nous n’avions rien entendu. Inutile de chercher des raisons ou des excuses. Je crois que la seule chose à faire, c’est décider simplement de répondre à l’invitation. Et comme cette invitation est collective, cherchons d’abord autour de nous ceux qui ont envie eux aussi de répondre à cet appel et mettons-nous en marche.

    Je crois que les discours ne servent pas à grand-chose dans des cas pareils. Le pauvre article de mon blog ne va sûrement convaincre personne. Mais si nous commençons à nous aimer réellement les uns les autres, à vivre la loi de la Trinité sur terre, les gens vont finir par remarquer qu’il se passe quelque chose d’insolite. Si nous prenions au sérieux l’Evangile, l’humanité se transformerait rapidement. Et qui nous en empêche ?

     


    votre commentaire
  • « Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. » (Mt 11,11)

    Elle est étonnante, cette phrase ! Jean Baptiste a été le plus grand parmi les hommes, parmi les prophètes ou les héros de l’Ancien Testament et voilà que nous, pauvres pécheurs, avec toutes nos limites et nos blessures, nous serions plus grands que lui… si nous sommes dans le Royaume des cieux ? On dirait une sorte d’injustice, de contradiction. Et pourtant, c’est bien la vérité que Jésus est en train d’affirmer devant nous pour toute l’histoire de l’humanité…

    La raison de tout cela, c’est qu’avec Jésus l’humanité a commencé à changer de nature : c’est cela « la » Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres. Mais encore faut-il vraiment entrer dans cette nouvelle nature et nous laisser faire, simplement nous laisser faire, et Dieu fera le reste.

    Imaginez qu’on fasse cadeau à un pauvre paysan perdu dans une campagne lointaine d’une petite camionnette pour porter ses fruits et ses légumes au marché. Ce brave paysan qui n’a jamais vu une voiture de sa vie est tout content. Au lieu de charger son âne comme chaque semaine avec les fruits et les légumes du jour, il va les mettre dans la camionnette, attacher la camionnette à son âne et pousser son âne à tirer la camionnette jusqu’au marché. Image un peu ridicule, vous me direz. Mais le jour où notre ami découvrira que la camionnette a un moteur et qu’il y a une petite clé pour faire démarrer ce moteur, toute sa vie changera.

    Nous sommes tous comme ce pauvre paysan. Nous faisons des efforts énormes pour résoudre nos problèmes de chaque jour, nous tombons souvent, nous nous plaignons, nous essayons de nous relever, nous perdons l’espoir en route et nous pensons que la vie est trop difficile… alors qu’il suffirait de faire tourner la clé du moteur du Royaume des cieux et tout changerait de nature. Et cela Dieu ne peut pas le faire à notre place, il respecte trop notre liberté. Il nous a donné la clé dans l’Evangile : à nous de nous entraider seulement à savoir où mettre la clé et de quel côté la tourner. Cela ne devrait pas être si difficile à comprendre…

     


    votre commentaire
  • « La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » (Mt 11,5)

    On trouve trois réalités extraordinaires dans cette petite phrase. La première, c’est la Bonne Nouvelle. Au milieu de ces nouvelles de toutes sortes qui nous envahissent chaque jour et ne nous laissent plus respirer, voilà qu’est arrivée « la » Bonne Nouvelle, celle que le monde attend, la nouvelle pour laquelle nous avons été créés et nous sommes venus au monde. C’est la seule nouvelle intéressante au cours de notre vie, ou plutôt c’est la seule nouvelle qui donne son sens à toutes les autres. Quand on a trouvé « la » Bonne Nouvelle, il n’y a plus qu’à se laisser transformer par elle : Dieu est venu sur terre par amour pour nous, pour toute l’humanité et pour chacun de nous, pour nous prendre avec lui dans son amour.

    Mais voilà le problème : la Bonne Nouvelle est là et nous cherchons encore ailleurs, nous sommes comme des enfants qui se croient orphelins alors que leurs parents sont là à côté d’eux et qu’il ne leur manque rien. Cette petite phrase devrait tout changer dans notre vie et nous continuons à nous plaindre. C’est que nous n’avons rien compris, comme les apôtres qui n’avaient rien compris au début du message de Jésus. Alors, arrêtons-nous aujourd’hui, arrêtons-nous demain et tous les jours qu’il nous reste à vivre et tâchons de découvrir enfin ce que veut dire « cette » Bonne Nouvelle. Il y a eu au cours des siècles des personnes qui ont compris « la » Bonne Nouvelle » et qui se sont mis à la vivre : pourquoi n’en faisons-nous pas autant ? C’est l’unique question que nous devrions nous poser… Mais nous reviendrons là-dessus.

    Et une fois que nous sommes entrés dans « la » Bonne Nouvelle, nous n’aurons plus envie de faire autre chose que de l’annoncer autour de nous, par nos paroles mais surtout par notre vie. Car « cette » Bonne Nouvelle est faite pour être tout de suite partagée et c’est cela la deuxième réalité extraordinaire qui ne va plus jamais nous laisser en paix tant qu’il y aura des hommes et des femmes autour de nous qui cherchent et qui ne trouvent pas. Mais le premier pas sera d’abord de nous apercevoir que nous ne sommes pas les seuls à avoir trouvé et nous entrerons alors ensemble dans « la » Bonne Nouvelle avec tous ceux qui y sont déjà et cela donnera une force inouïe à « cette » Bonne Nouvelle.

    Et enfin nous découvrirons que Dieu est Dieu amour parce qu’il est pauvre. C’est pour cela que « la » Bonne Nouvelle est annoncée d’abord aux pauvres. Comme les Béatitudes nous l’ont montré de manière tellement évidente. Dieu est pauvre parce qu’il est incapable de posséder. Il est seulement capable d’aimer et de donner sa vie. Et quand le Fils accueille la vie du Père, il ne sait pas faire autre chose que de donner sa vie à son tour au Père dans l’Esprit et à toute l’humanité. Et le jour où nous aussi aurons appris à être totalement pauvres comme Dieu, c’est-à-dire à recevoir la vie seulement pour la donner tout de suite autour de nous, alors nous serons entrés pleinement en Dieu et nous serons devenus nous-mêmes « la » Bonne Nouvelle. Que pourrions-nous imaginer de plus beau sur cette terre ? La vie du paradis provisoire ici-bas pour nous préparer au paradis éternel qui nous attend là-haut…


    votre commentaire
  • Je suppose que chacun ou chacune de vous, au fil des innombrables rencontres que la vie nous invente chaque jour, s’est posé parfois cette question : « Mais comment se fait-il que cette personne m’aime tellement ? Ce n’est pas vrai ! Mais vraiment elle trouve en moi quelque chose de si beau, de si fort, de si attachant que ça la rend tellement heureuse de me voir et qu’elle essaye même de multiplier les occasions de se retrouver ensemble ? »

    C’est que nous avons gagné le gros lot : l’amour de réciprocité, ou l’amitié de réciprocité, ou peut-être même les deux ensemble. Mais aujourd’hui je me contenterai de dire quelques mots tout simples sur l’amour de réciprocité. La réciprocité est pour l’amour une sorte d’épreuve du feu qui va nous montrer si vraiment notre amour est totalement pur, libre et sincère. Car je n’aime plus l’autre par devoir, par habitude ou par routine, par intérêt, par désir de possession, pour combler un vide, pour me sentir moi-même un peu mieux, pour être consolé de mes souffrances, même si cet amour console et comble à sa façon bien mieux que tout ce qu’on aurait pu imaginer…

    L’amour de réciprocité est un amour-surprise, parce qu’il se manifeste toujours de manière inattendue. Cet autre ou cette autre, que j’aime et qui m’aime, invente chaque jour des attentions qui me touchent au plus profond de moi-même, car l’amour vrai est toujours nouveau, unique et personnalisé pour chacun. Il ne se répète jamais, ou bien il se répète comme les thèmes musicaux d’une merveilleuse symphonie qui ajoutent toujours un instrument ou une note différente et font ainsi que la répétition semble à chaque fois nouvelle, étonnante. Comme les vagues de la mer, qui viennent se jeter tour à tour sur le rivage et qu’on pourrait regarder avec émerveillement pendant des heures, car elles se ressemblent toutes, mais ne sont jamais exactement les mêmes.

    Quand on a commencé à vivre de cet amour, on n’est plus jamais déçu, parce qu’on n’attend plus rien de l’autre. Entendons-nous : on attend tout de l’autre, car on a compris qu’il nous aimera pour toujours, mais on n’attend plus tel ou tel acte particulier, telle réponse, telle manifestation d’affection, car on sait que l’autre saura inventer de nouvelles expressions à notre amour qu’il est inutile de prévoir à l’avance. Et nous sommes nous-mêmes tellement occupés à inventer pour l’autre cette réciprocité qui va le rendre si heureux à son tour…

    Mais l’autre miracle de cet amour de réciprocité, c’est que l’autre non seulement se découvre à moi en toute transparence, mais il me fait peu à peu découvrir son univers, tout ce qu’il aime et tous ceux qu’il aime, et tous ceux qui l’aiment… Alors s’ouvre une nouvelle symphonie qui ne s’arrêtera plus. Avec ces nouveaux amis ou nouvelles amies, on crée des liens toujours plus beaux, plus enrichissants, on va là encore de surprise en surprise. On laisse un moment cet ami ou cette amie avec qui tout s’était déclenché au départ, pour aller vers de nouvelles couleurs, de nouveaux parfums, de nouveaux paysages, comme dans la nature. Et ce qui est beau c’est que dans ces relations, il n’y a pas de jalousie, car chaque nouvelle rencontre est une continuation de la première et de toutes les suivantes. Et l’on revient ensuite au point de départ tellement changé et enrichi par ces nouvelles randonnées dans les cœurs de tous ces frères et sœurs en humanité que la vie devient une aventure sans fin. Car cette vie ne pourra plus jamais se replier sur elle-même et elle va commencer à faire respirer un tas de gens autour de nous qui ont tellement besoin de s’ouvrir à leur tour sur cette réciprocité qu’ils n’avaient peut-être pas encore connue. Et si jamais ils l’avaient connue eux aussi d’une autre façon, c’est comme le feu qui s’ajoute au feu et la joie ne fait que se multiplier…


    votre commentaire
  • Nous voici arrivés à un chapitre de transition, à la fin du deuxième discours de Jésus et en attendant le troisième. Mais Jésus ne perd pas son temps, il continue à être toujours en mouvement. Il ne va plus s’adresser aux apôtres directement pour l’instant, mais aux disciples envoyés par Jean-Baptiste, puis aux foules de tous genres qu’il trouve sur son chemin et donc à chacun de nous qui faisons partie des foules de tous les temps pour lesquelles Jésus est venu « enseigner et prêcher ».

    Beaucoup de pensées nouvelles que nous n’avions pas trouvées en Marc mais que nous retrouverons presque telles quelles dans l’Evangile de Luc. Des phrases qui pourraient, ici encore, nous troubler et nous faire peur. On a l’impression que personne ne comprend Jésus, que l’humanité tout entière est en pleine confusion.

    Les disciples envoyés par Jean Baptiste semblent déjà n’avoir rien compris : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus ne répond pas directement et pourtant son message est tellement clair : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez. Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » C’est comme au chapitre précédent : la lumière au milieu des ténèbres de cette humanité qui voit et qui peine à comprendre.

    On dirait presque que Jésus se moque de nous : « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? un roseau agité par le vent ?… Alors qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme aux vêtements luxueux ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. » Et voilà que Jésus commence à nous expliquer un peu plus l’histoire du salut, de cette Bonne Nouvelle du Royaume : « C’est de lui qu’il est écrit :’Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour qu’il prépare le chemin devant toi !’ Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean-Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui.

    Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu’à présent, le Royaume des cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer. Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont parlé jusqu’à Jean. Et si vous voulez bien comprendre, le prophète Elie qui doit venir, c’est lui. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! » Mais, apparemment, Jésus a l’impression que personne ne veut réellement entendre ou comprendre.

    Il insiste tout de suite sur cette impression tellement négative : « A qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres : «’Nous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.’ »

    Personne n’a l’air de s’intéresser à ce Fils de Dieu qui est venu pour nous sauver et, pire encore, on l’accuse et on l’insulte : « Jean Baptiste est venu… il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : ‘C’est un possédé !’ Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : ‘C’est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.’

    Heureusement que ce paragraphe finit tout de même par une note positive, même si elle reste assez mystérieuse : « La sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu’elle fait. »

    Mais la suite va devenir encore plus terrible : « Jésus se mit à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas converties. ‘Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr ou à Sidon, il y a longtemps que les gens y auraient pris le vêtement de deuil et la cendre en signe de pénitence… Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ? Non tu descendras jusqu’au séjour des morts ! … En tous cas, je vous le déclare : le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi au jour du Jugement.’ »

    C’est vraiment la tempête, comme au chapitre précédent. Mais voilà que notre chapitre change tout à coup de ton et de dimension. L’espoir et la lumière brillent à nouveau comme par miracle et l’on finit par une porte grande ouverte sur l’Amour infini de ce Dieu qui va continuer à nous surprendre.

    « En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.

    Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. »

    C’est vraiment extraordinaire, comme l’arc en ciel après l’orage. Et l’espoir est d’autant plus grand que la menace précédente était si forte. Jésus est venu pour nous consoler et pour nous révéler la bonté du Père. Il va même jusqu’à parler au Père devant nous. Jusque-là, il nous avait parlé du Père et nous avait invité à le prier, mais cette fois-ci, il va bien plus loin encore, il nous fait entrer dans l’intimité de son rapport direct avec le Père. Une porte de plus qui s’ouvre sur la compréhension du Royaume. Et ce n’est encore qu’un début. Mais nous reviendrons vite sur ces nouvelles « perles de la Parole » pour essayer d’entrer dans leur force mystérieuse…


    votre commentaire