• Je voudrais m’adresser aujourd’hui de tout mon cœur à tous mes lecteurs, mais spécialement à ces amis ou amies qui souffrent le plus… et il y en a beaucoup en ce moment au Liban… mais pas seulement au Liban…

    Je voudrais d’abord demander pardon pour toutes ces petites phrases que je lance chaque jour dans mon blog ou sur Facebook et qui peuvent être interprétées comme les paroles de quelqu’un qui pense avoir trouvé « la vérité » et qui voudrait enseigner aux autres ce qu’ils doivent faire. Je vous assure que ce n’est absolument pas mon intention, au moins consciente, car il est facile de confondre ses propres découvertes avec une vérité universelle.

    Je sais très bien qu’une phrase de blog, ou même la page d’un article, ne peut être qu’une petite goutte dans la recherche de cette vérité qui nous attire, le début d’une simple piste de recherche qui peut s’ajouter aux pistes de recherche que beaucoup tracent chaque jour devant eux pour sortir de leur tunnel et parvenir à la lumière.

    Ce qui est sûr, c’est que je n’ai certainement pas trouvé « la vérité », pour la simple raison que personne ne sera jamais capable d’enfermer à lui tout seul le mystère de cette vérité, qui est comme le mystère de la vie qui nous attire et qui nous porte et qui nous pousse, mais qui nous dépasse en même temps, que nous aimons tellement sans bien la comprendre, et qui nous donne en même temps le vertige.

    Et surtout, quand j’affirme avoir trouvé une nouvelle lumière sur ma route, ce n’est surtout pas pour dire maintenant aux autres que j’ai raison et que ces autres ont tort, car cela fait bien longtemps que je ne crois plus à cette fausse vérité de quelqu’un qui a raison contre les autres. Je crois avoir écrit dans ce blog qu’avoir raison « contre » l’autre est déjà un échec au départ, car je me pense me sentir plus fort, mais en même temps je me coupe de cet autre que je rejette, et je perds déjà une bonne partie de mon humanité. Et si je veux avoir raison, dans le sens de me rapprocher toujours plus de cette vérité mystérieuse qui me fascine, c’est seulement « ensemble », « avec » les autres, que je commencerai à avoir raison.

    La réalité, c’est que quand nous affirmons quelque chose de personnel, une découverte, une expérience, un sentiment, une intuition, nous avons toujours « raison » quelque part, dans le sens que nous avons « des raisons » profondes, liées à l’histoire de toute notre vie, qui nous ont conduits jusque-là. Et je fais donc bien de les partager avec les autres. A la fois parce qu’exprimer aux autres ce que je ressens au fond de moi m’aide déjà à me comprendre mieux moi-même, et parce que je crois aussi que c’est ce partage qui finira par sauver l’humanité, grâce à l’enrichissement mutuel des uns par les autres.

    Le but de notre dialogue ne sera donc jamais la discussion, la polémique, pas plus que cette malheureuse thèse-antithèse-synthèse apprise à l’école ou à l’université, qui nous a fait souvent beaucoup de mal. Le but de notre dialogue, devrait être simplement ce partage et cette écoute réciproques. Si j’écris un jour que je me sens mieux parce que j’ai découvert une manière nouvelle de résoudre ce qui ne va pas dans ma vie, ou qu’un ami me l’a fait découvrir à sa façon, ce ne sera jamais en pensant avoir trouvé « la vérité », mais en disant simplement que, dans la situation où je me trouve, cette nouvelle réalité m’a fait beaucoup de bien, m’a aidé à résoudre un grand problème ou à défaire un nœud qui m’étouffait.

    Et comme cette nouvelle lueur dans ma vie a été si positive pour moi, il est bien normal que je la mette en commun avec les personnes que j’aime, en espérant qu’elles aussi pourront en tirer un certain bienfait. Mais si un de mes amis me dit que, pour lui, cette manière de faire ne marche pas, je ne vais pas maintenant discuter avec lui en pensant avoir mieux compris la vie que lui et en me sentant tout à coup supérieur. Ce sont ces sentiments stupides et centrés sur soi-même qui gâchent tout.

    Car cet ami ou cette amie qui souffre en ce moment et que je n’arrive peut-être pas à aider, vit certainement des moments difficiles, porte en lui des blessures telles qu’il ne peut pas regarder la vie sous le même angle que moi. Et je me rappelle à ce moment-là que moi aussi j’ai mes blessures, que moi aussi j’ai connu des années de tunnel. Quand j’étais jeune, je croyais que je n’avais pas le droit d’aimer ou d’être aimé, je ne savais même pas ce que cela voulait dire d’avoir un ami véritable avec lequel on peut se confier de tout son cœur.

    Puis ma vie a changé. Et si aujourd’hui j’ai trouvé tellement plus de lumière, je sens que j’ai comme un devoir de reconnaissance envers toute l’humanité. Alors, oui, j’essaye de partager le plus possible de qui m’a fait sortir de mon tunnel. Mais pas pour dire à mes amis qu’ils doivent faire comme moi. Qu’est-ce que j’en sais au fond ? Mais je continuerai à crier de toutes mes forces qu’il y a toujours pour chacun un chemin pour s’en sortir. A chacun de le chercher et de le découvrir. En sachant que rester tout seul à chercher dans son coin ne mènera jamais bien loin. Mais quand on se met ensemble en route vers la lumière on peut faire des découvertes étonnantes, et l’horizon de la vie change tout à coup de perspective et de couleur et on ne revient plus jamais en arrière…


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  • « Ne jugez pas votre journée par votre récolte, mais par les graines que vous avez semées. » (Citation du site « Sept’Hanou » trouvée sur Facebook)

    J’ai bien aimé cette phrase qui nous ramène à l’essentiel du sens de notre existence. Elle nous rappelle que ce qui compte, c’est la vie et l’amour en nous plus que les résultats. Les résultats sont importants comme un moment de passage, mais il ne faut jamais trop s’y arrêter, car vivre c’est aller toujours de l’avant et faire circuler cette ardeur qui nous traverse, ces pensées positives qui nous poussent, cette énergie en nous qui ne demande qu’à se donner, et continuer, continuer ainsi sans se lasser, comme le temps, comme l’eau d’un ruisseau ou d’un fleuve, comme les vagues de la mer, comme le vent qui caresse les feuilles des arbres.

    Est-ce que la nature s’arrête un instant de vibrer ? On aurait l’impression qu’une catastrophe se prépare, que la mort est toute proche. Nous sommes faits pour nous laisser entraîner par cette onde de la nature en nous qui nous porte à partager, à construire ou à semer. Puis quand le résultat de la récolte arrive, on remercie la vie de nous avoir amenés jusque-là. On remercie tous ceux qui ont semé avant nous, avec nous et après nous et qui ont permis cette récolte. Car rien de pire que de vouloir s’enorgueillir tout seuls des fruits de la récolte comme si nous étions meilleurs que les autres.

    Et puis, on continue à aller de l’avant en prenant dans les fruits de la récolte de nouvelles graines qui vont être jetées en terre, mourir et porter de nouveaux fruits. Vivre, c’est partager les semailles, l’attente et la joie de la récolte, les rêves et les projets et savoir surtout que c’est l’amitié et l’amour partagés au cours de notre chemin qui vont faire grandir en nous et autour de nous cette humanité qui est le joyau de l’univers, même si l’homme est sans cesse tenté de la détourner de son but…


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  • Récemment, j’avais publié cette phrase de mes citations : « La pire des choses qui puisse m’arriver, c’est que le bonheur passe ici, à portée de main, et que je ne m’en rende même pas compte, que je ne le reconnaisse même pas. »

    Une lectrice me répond : « Parfois il est très difficile au bonheur de traverser entre les embûches du malheur. » Je comprends bien cette chère lectrice, mais je ne suis pas trop d’accord avec son commentaire. Cela ne veut pas dire que le bonheur soit si facile à trouver, certainement pas, mais je crois que le bonheur est totalement innocent des problèmes qu’il semble nous causer.

    Je pense que le bonheur est en effet toujours là, devant nous, derrière nous, peut-être devant notre porte ou sur le rebord de notre fenêtre, mais nous sommes trop occupés ou préoccupés à un tas d’autres choses, de pensées, d’activités plus ou moins nécessaires et utiles et nous oublions trop souvent l’essentiel.

    Je ne crois pas que le bonheur doive traverser les embûches du malheur. C’est à nous de traverser les embûches du malheur, si nous pouvons, bien sûr. En tous cas, nous ne pourrons jamais juger une personne malheureuse, car nous ne sommes pas à sa place et cela ne sert à rien de juger. Ce que nous pouvons faire, c’est seulement lui faire sentir notre réconfort et l’aider peu à peu à sortir de son malheur…

    Ce qu’on demande au bonheur c’est de continuer à exister, à être pleinement disponible quand nous avons besoin de lui et lui ne demande rien d’autre. Car le bonheur, c’est déjà cette vie incroyable qui nous a été donnée gratuitement et que nous pouvons partager. Et plus nous le partageons, plus il se multiplie, même au milieu des problèmes et des difficultés. Il faut une fois pour toutes faire l’expérience que le vrai bonheur n’est pas dépendant des circonstances faciles ou difficiles de la vie de tous les jours. Le premier bonheur sera d’abord d’aimer et d’être aimé et cela dépend de nous avant tout. Une seule personne avec qui l’harmonie est totale et le bonheur est déjà là, même si tout le reste du monde nous faisait souffrir, et chaque nouvelle personne rencontrée peut être déjà un nouveau bonheur en perspective à accueillir et à donner…


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  • Je suis tombé récemment sur une phrase de Marie Curie, la célèbre physicienne du début du XXe siècle, la première femme à avoir reçu un prix Nobel, qui affirmait un jour : “Vous ne pouvez pas espérer construire un monde meilleur sans améliorer les individus. » Et je vous avoue que cette phrase m’a beaucoup fait réfléchir.

    Ce que Marie Curie nous dit est bien évident, car ce monde qui peut aller bien ou aller mal, n’est au fond que cet ensemble extraordinaire de milliards d’individus qui essayent de construire un cadre dans lequel la vie soit la plus harmonieuse possible et qui semblent si souvent échouer dans leur bataille…

    Et si l’on veut que le monde change, il faut évidemment que les personnes changent. On ne peut pas améliorer les relations sociales par des décrets ou des lois, si le cœur de l’homme n’essaye pas chaque jour de s’ouvrir un peu plus…

    Le problème, c’est que finalement je ne peux réellement changer personne à part moi-même, car l’autre est libre de rester enfermé dans la prison qu’il s’est construite, libre de garder toujours les mêmes habitudes, les mêmes jugements négatifs, et de tourner en rond dans sa corruption ou dans son égoïsme.

    Alors que faire ? Me décourager, puisque je ne peux obliger personne à devenir meilleur ? Suis-je condamné à vivre malheureux dans un monde qui avance tout seul sans me demander mon avis ? Ce serait déjà le raisonnement de qui se croit au fond meilleur que tous les autres et n’est pas capable de découvrir combien il y a déjà de personnes merveilleuses autour de nous.

    Je crois que tout va changer le jour où chacun cesse de penser que le monde et lui sont deux réalités séparées qui ne parviendront jamais à s’entendre. Non, la plus belle et grande découverte que je peux faire dans ma vie, c’est que « moi, je suis le monde ». Oui, moi, je suis le monde, même si j’en suis une toute petite partie terriblement minuscule. Mais je ne suis pas en dehors du monde. Sinon, je n’existerais même pas.

    Alors, je peux déjà décider de m’améliorer moi-même. Qui m’en empêche ? Pourquoi ne pourrais-je pas faire chaque jour des pas positifs qui fassent du bien à l’humanité ? Et si moi, j’ai décidé un jour de prendre une direction plus cohérente avec les valeurs de l’homme, n’est-ce pas parce que j’en rencontré sur mon chemin des personnes qui m’ont aidé à sortir de mon trou et qui m’ont redonné envie de vivre véritablement ?

    Le jour où je cesse de me regarder et de m’analyser à chaque pas et où je décide pour toujours que le bonheur du monde dépend aussi de mon propre bonheur, alors je n’ai plus d’excuse, je n’ai plus le temps de me plaindre sans rien faire, je suis trop occupé à faire ma part que personne ne peut faire à ma place. Et celui qui se jette à l’eau dans la bataille de l’humanité ne peut plus jamais rester seul, il découvre vite tous ceux qui ont déjà pris le même chemin et le « moi » devient très rapidement un « nous » qui attire et qui entraîne. Et le monde « en nous » devient chaque jour plus beau, même si les problèmes, les obstacles continuent à se multiplier sur notre route, mais les solutions augmentent encore plus vite que les problèmes, car les solutions sont dynamiques comme la vie, tandis que les problèmes et les obstacles sont statiques comme la mort. Et la vie a toujours vaincu la mort, sinon nous ne serions pas là aujourd’hui. Alors pourquoi perdre l’espoir ?


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  • Oui, je le sais, « c’est difficile ». C’est ce que m’écrivent parfois certains lecteurs, contents de me lire, mais qui trouvent mes idées sur l’accueil de l’autre, la confiance, l’espoir, etc… bien difficiles à vivre.

    Eh bien, je leur donne entièrement raison. Oui, c’est difficile. C’est difficile d’aimer l’autre qui est différent, c’est difficile de ne pas juger, c’est difficile de ne pas répondre tout de suite quand on se sent attaqué, c’est difficile de continuer à accepter l’autre comme avant quand il nous a déçus…

    Mais alors que faire ? Je crois qu’il faut s’arrêter un instant, respirer un grand coup, arrêter de se regarder et se demander : « C’est difficile ? Et alors, qu’est-ce que ça change ? » Vous n’avez jamais pensé que vous pouviez vous poser cette question ? « C’est difficile ? Et alors, c’est une raison pour s’arrêter et renoncer ? » Qui a dit que la vie était facile ?

    Vous pensez que pour une maman, c’est facile de porter un enfant dans son sein pendant 9 mois, puis de le mettre au monde, puis de l’aider à grandir et de le préparer à affronter la vie ? Est-ce que c’est facile pour un artiste ou un sportif de passer des heures et des heures à se fatiguer pour arriver souvent à des échecs, pour passer par des moments de découragement avant de parvenir peut-être à un résultat intéressant ?

    Je crois qu’il y a là un malentendu à la base. La vie n’est pas facile. Elle n’est facile pour personne. Mais est-ce que cela empêche la vie d’être belle ? Est-ce qu’on préférerait n’avoir jamais existé quand on passe par des moments difficiles ? Ou bien on découvre peu à peu que ces épreuves qui nous atteignent sur la route sont seulement des portes qui s’ouvrent devant nous pour nous faire cadeau de nouvelles découvertes ?

    Je comprends bien que vivre des difficultés du matin au soir deviendrait à la longue insupportable. Personne n’a dit que nous devons rechercher les difficultés pour les difficultés. Mais quand ces difficultés arrivent, je crois qu’on doit se poser quelques questions bien simples. C’est difficile, mais est-ce que la difficulté rend la chose impossible ? Est-ce que je ne suis pas en train de chercher des excuses pour ne rien faire, pour rester bien tranquille dans mon coin, au risque de rater les beaux cadeaux que la vie était en train de me préparer ? Et quand on arrête de se regarder, quand on pense à l’autre qui a besoin de nous et qui attend, c’est tellement beau de donner du bonheur à l’autre qu’on oublie bien vite tout ce qui a été difficile en chemin.

    Et enfin, tout est surtout difficile quand on est seul, quand on veut résoudre tous les problèmes sans l’aide des autres, alors que tous ensemble on trouve des solutions tellement plus simples et plus rapides… Alors, si c’est difficile, essayons de nous demander pourquoi, regardons en face le problème, mais ne nous arrêtons jamais sur les difficultés, ce serait empêcher pour toujours le bonheur de nous visiter. Quand on découvre un magnifique panorama au sommet d’une montagne après des heures de marche exténuantes, on est tellement plus heureux que si on voyait le même panorama assis tranquillement dans un fauteuil, devant un écran de télévision…


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