• Il y a quelques jours j’avais publié une phrase de mon blog sur Facebook qui disait : « La vie est belle parce qu’elle change et se renouvelle à chaque instant. » Parmi les réactions et les commentaires suscités par cette affirmation, je voudrais remercier ici particulièrement Simone, qui me dit avec une grande sincérité : « Oui elle est belle la vie, si elle change pour le mieux et non pour le pire. » 

    La réflexion de Simone est bien compréhensible et logique, quand on pense à toutes les épreuves de la vie, à toutes les nouvelles négatives qui s’abattent chaque jour sur nous, notre famille ou notre pays. Et pourtant il y a là quelque chose qui me gêne et que je voudrais essayer d’exprimer le mieux possible.

    Je crois qu’il faudrait d’abord se mettre d’accord sur le sens des mots. Pour moi, la vie est le plus beau trésor que nous puissions recevoir, le plus beau cadeau qu’on nous a fait lorsque nous sommes venus au monde : quand on pense parfois qu’on pourrait bien ne jamais avoir existé, cela donne le vertige !

    Cette vie que j’ai reçue de la nature à travers mes parents et qui continue à chaque instant à pénétrer en moi, à me donner l’énergie d’exister, la force de penser et d’aimer, le courage de me battre pour faire progresser notre monde toujours en recherche et combien de réalités encore dont la liste ne finirait jamais, cette vie est sans doute le bien le plus grand que l’on puisse imaginer…

    Et pourtant nous passons une grande partie de notre temps à nous plaindre de la vie. Ingratitude ? Ou bien ce cadeau reçu est peut-être plein de défauts de fabrication qui gâchent tout en chemin ?

    Je crois qu’il nous convient de distinguer entre la vie elle-même, sa force bienfaisante, et le cadre dans lequel elle évolue. Car je suis de plus en plus persuadé que ce sont les épreuves rencontrées qui peuvent nous attrister, le mal présent au cœur de l’homme qui détourne la vie de son but, par intérêt, par égoïsme, par ambition et tout ce qu’il y a en chacun de nous de malsain. Mais ce n’est pas cela la vie, ce serait plutôt là les ennemis de la vie.

    Lorsqu’une mère de famille épuisée et malade, écrasée par les problèmes de son mari et de ses enfants, trouve quand même le matin la force de se lever avant tout le monde et de commencer à préparer avec le sourire ce qui est nécessaire à chacun pour sa journée, n’est-ce pas la vie en elle qui lui donne ce courage, au-delà de tout ?

    On me dira avec raison que la vie est tout de même difficile, elle demande un effort et un dépassement de soi de chaque instant qui ne fait pas forcément toujours plaisir. C’est que la vie est un mystère, elle est une sorte de courant ou de vague qui nous emporte et sur laquelle on peut aller loin, très loin, mais qui nous met souvent dans des situations pénibles ou même angoissantes.

    Il faudrait revenir ici à la loi de la nature. La vie des quatre saisons en est peut-être l’exemple le plus parlant. Cette vie qui grandit à partir d’une toute petite graine pleine d’une énergie immense, qui se développe pour donner des fleurs et des fruits, va bientôt aussi se fatiguer, tomber en morceaux, disparaître un moment comme si elle était morte, pour reparaître bientôt encore plus forte et plus dynamique…

    Oui il y a dans la vie de la nature et donc dans cette vie qui est en nous, un mystère de don et de mort à soi-même qui pourrait sembler parfois le contraire même de la vie, car ce serait tellement plus commode une vie que l’on possède pour toujours et qui ne disparaît plus jamais, une vie qui ne change pas et qui ne nous ferait plus peur. Mais ce serait cela la mort, car ce serait la vie d’une pierre figée qui n’a aucun avenir devant elle sinon celui de se désagréger peu à peu au cours des ans. Ce serait d’un ennui mortel, sans plus aucune surprise, ni bataille à mener et donc sans conquête, sans joie de la découverte, sans le bonheur de donner et de recevoir, d’avoir toujours besoin de l’autre. Car la vie avance justement parce qu’elle est à la fois en nous et au-devant de nous. En nous qui nous pousse et devant nous qui nous attire. Car à la fois nous avons tout ce qu’il nous faut pour avancer et il nous manque tout ce qui peut faire de nous ce que nous ne sommes pas encore. C’est cette dynamique éternellement renouvelée qui fait la beauté et la difficulté de la vie. Car la vie n’est pas belle parce qu’elle est facile. Elle est belle parce qu’elle ne s’arrête jamais…

    Nous reviendrons bientôt sur ce sujet tellement important !

    Bas du formulaire 

     

     


    3 commentaires
  • Il y a quelques temps, j’ai été très touché par l’intervention du Père Fadi Daou, cofondateur de l’association Adyan pour le dialogue interreligieux, lors d’un colloque sur Charles de Foucauld. Le Père Fadi nous a parlé en particulier du « mystère de la visitation » en nous montrant comment le salut d’Elisabeth à Marie, tellement surprenant et inattendu a, en fait, « libéré » en Marie le « Magnificat ». Elisabeth, en quelque sorte de l’extérieur, elle qui ne pouvait pas comprendre véritablement ce qui se passait en Marie, l’a tellement impressionnée et encouragée par son salut chaleureux (« Je te salue, Marie… ») qu’elle a tout à coup fait comprendre à Marie la grandeur immense de ce qui était en train de se passer en son sein. Et c’est à ce moment-là qu’elle a entonné cet hymne de louange et de remerciement qui est le passage le plus beau et le plus long de tout ce qui a trait à Marie dans l’Evangile.

    On pouvait deviner par là aussi, dans son enthousiasme, toute l’expérience exceptionnelle que le Père Fadi est en train de vivre dans cette communion, pas toujours évidente au départ, qu’il a commencé à bâtir depuis quelques années avec des amis musulmans. C’est qu’évidemment l’amour et le respect de l’autre, différent mais ouvert, est un des moyens les plus extraordinaires pour découvrir finalement qui nous sommes nous-mêmes, avec un regard à la fois amical et extérieur que, tout seuls, nous n’aurions jamais réussi à avoir.

    L’autre qui nous rencontre, qui nous découvre et nous estime, voit en nous des merveilles que, tout seuls, nous n’aurions jamais pu imaginer. Et lorsque cela se passe dans la réciprocité, c’est le début d’une des aventures humaines les plus enrichissantes. C’est exactement l’expérience que j’ai faite et que j’essaye de transmettre par ce blog de « L’Orient La Nuit ». Si je n’étais pas venu au Liban et au Moyen Orient, je n’aurais jamais découvert les valeurs de relation humaine que vivent depuis toujours ces peuples si mal connus qui bordent l’autre rive de la Méditerranée, mais en même temps je ne me serais jamais découvert moi-même comme j’ai eu finalement la joie de le faire depuis un certain nombre d’années.

    Il y a dans mon identité culturelle française, européenne et occidentale quelque chose qui me gêne énormément, la conscience d’un énorme gâchis qui est en train de s’accomplir au niveau politique, social, de civilisation. Et pourtant mon identité est aussi pleine de valeurs (à redécouvrir et à laver de toutes les poussières accumulées, mais réelles) que j’ai redécouvertes en moi et autour de moi grâce au regard bienveillant de tous ces nouveaux amis qui m’ont aidé et m’aident jusqu’à aujourd’hui à être un peu plus moi-même, dans la même dynamique où moi aussi je peux essayer de les aider à être eux-mêmes dans la réciprocité. Car un des plus grands problèmes du Liban et du Moyen Orient, c’est que tous ces peuples, maltraités et opprimés, finissent par ne plus voir la beauté de leur humanité, ensevelie sous des tonnes de problèmes et d’injustices de toutes sortes qui ne les laissent plus respirer.

    Et c’est là sans doute qu’est l’avenir de l’humanité, dans la relation réciproque de personnes différentes mais attentives aux valeurs de l’autre et qui aident cet autre à redevenir lui-même et à sortir de ses doutes, de ses angoisses et de son découragement. Combien notre monde se sentira mieux lorsqu’on découvrira que l’autre différent, musulman, athée, chinois ou africain, au lieu d’être une menace pour mon existence, est en fait celui qui, un jour ou l’autre, va m’aider à sortir de moi et de mes problèmes et à devenir réellement moi-même. Rêve utopique ? Chacun a le droit de le penser, mais nous avons aussi le droit de témoigner au monde que ce rêve peut devenir une réalité, ou plutôt qu’il est déjà une réalité. Et si cette réalité est valable et possible pour quelques-uns, pourquoi ne le serait-elle pas pour tout le monde ?

     

     


    1 commentaire
  • Nous avons tous de vrais amis ou de magnifiques parents, frères, sœurs, cousins, cousines, avec lesquels nous nous sentons presque toujours à l’aise quoi qu’ils fassent. Même leurs défauts nous attendrissent et nous sont sympathiques. Comme ce serait beau s’il en allait de même avec tout le monde !

    Mais malheureusement la plupart des autres gens nous gênent souvent et nous dérangent. Ils n’ont pas besoin pour cela d’être des personnes négatives qui font du mal autour d’elles. Non, c’est simplement leurs différences que nous avons de la peine à supporter. Celui-ci parle trop, celui-là ne dit jamais rien, celui-ci est toujours triste, celui-là est trop exubérant, celui-ci est timide, celui-là se met toujours au centre de toutes les attentions.

    Et tout cela fatigue, c’est évident. Vivre à longueur de journée, au travail et malheureusement parfois même à la maison ou dans nos cercles d’amis, avec des gens qui nous « dérangent », ce n’est pas une vie. Mais alors que faire ? Bien choisir ses amis, trouver des personnes avec lesquelles nous nous sentons toujours à l’aise et passer le plus clair de notre temps avec elles, pour oublier les autres ? C’est évidemment une solution, mais qui ne marche jamais complètement. Alors devons-nous nous résigner à nous dire que c’est ça la vie, qu’il n’y a rien à faire ? Quelques moments passionnants et sympathiques de temps en temps, beaucoup de routine le plus souvent et même parfois des moments insupportables qu’on vit en attendant que cela passe… On se sent comme une feuille morte ballotée par le vent dont la joie ou l’ennui ne dépendent au fond pas d’elle, mais des circonstances extérieures qui seront favorables si on a de la chance, ou tristes si on est un peu comme tout le monde…

    Tout cela est évidemment une caricature. Et pourtant combien de gens en ce monde, naissent, grandissent et meurent sans avoir connu autre chose. Vous ne pensez pas qu’il y aurait mieux à faire ?

    La première chose à faire, c’est d’arrêter de juger les gens et de les classer entre ceux qui sont sympathiques et ceux qui ne le sont pas, et d’essayer de croire que chacun doit avoir quelque part quelque chose de sympathique que probablement je n’ai pas encore découvert.

    La deuxième chose c’est de me rendre compte que, si celui-ci me dérange, il est probable que moi aussi je le dérange par ma manière d’être : il y a toujours de la réciprocité dans les relations, même dans les relations négatives et c’est cette réciprocité qui va nous sauver.

    Car si l’autre me gêne ce n’est ni sa faute, ni la mienne (au moins en général, car parfois certaines attitudes trop négatives creusent évidemment des barrières entre les gens). A qui donc la faute, si faute il y a ? Simplement au fait que nous sommes trop différents.

    Mais pourquoi l’autre devrait-il me gêner parce qu’il est différent ? C’est là la clé de la solution. L’autre ne me dérange pas parce qu’il fait quelque chose de mal, mais simplement parce que mon esprit, mon cœur sont encore trop petits pour le contenir. Les grandes personnalités qui ont changé la face du monde se trouvaient à l’aise avec n’importe qui, car leur cœur s’était élargi aux dimensions de toute l’humanité et n’importe quelle personne finissait par les attirer.

     

    Ce n’est pas l’autre qui me dérange, mais ce sont simplement les murs, les barrières que je me suis construits au cours de ma vie en pensant me protéger et qui finalement m’ont enfermé sur moi-même. Je viens de faire un voyage d’une semaine en Italie avec une quarantaine de personnes que, pour la plupart, je connaissais à peine. Mais nous avons décidé au départ de vivre une expérience de vraie amitié ou de vraie unité ensemble et finalement cela a été un des plus beaux voyages que j’ai jamais faits au cours de ma vie, car nous sommes revenus de là-bas comme si nous étions une seule famille. Les différences, évidentes, entre nous, d’âge, de caractère et de tous les aspects de la vie, ont été des occasions de s’ouvrir aux autres au lieu de s’en écarter. Tout le monde a joué le jeu, comme entraîné par une dynamique positive et contagieuse. Et l’amitié construite en quelques jours semble destinée à durer. Mais elle ne durera pas maintenant si nous nous replions sur ce nouveau groupe d’amis, comme sur une bouée de sauvetage. Cette vie de famille grandira et continuera à nous guider et à nous surprendre si nous savons désormais ouvrir toujours plus notre cœur aux dimensions de toute l’humanité. Ce n’est pas toujours facile à vivre et à faire, mais la vie ainsi conçue apporte des joies inimaginables qui valent bien un petit effort pour sortir de soi.


    votre commentaire
  • Je vais peut-être vous surprendre, mais je suis de plus en plus convaincu que le fond de mon identité c’est l’humanité toute entière. Qui suis-je ? Qu’est-ce qui fait donc la réalité de mon identité profonde ? C’est la rencontre miraculeuse entre l’humanité et le mystère extraordinaire de ce moi qui m’a été donné à ma naissance.

    Car c’est vraiment un mystère de voir que je suis moi et non pas toi et sans savoir pourquoi. Mais en même temps je suis moi, parce que tu es toi et tu es toi parce que je suis moi, parce que tous les deux nous faisons partie à part entière de cet autre mystère énorme qui est l’humanité en route vers elle-même.

    Tout cela donne le vertige quand on y pense, cela peut donner de la joie et cela peut aussi faire peur en même temps. Quel honneur, quelle responsabilité, quelle aventure d’être moi-même au milieu de ce « nous » !

    Et ce moi-même est tellement gigantesque qu’il n’est même pas perdu au milieu de ces milliards d’êtres humains. Car je ne suis pas un brin d’herbe au milieu de la prairie, ou un caillou au pied de la montagne. Dans mon infinie petitesse je suis aussi l’immensité de l’humanité…

    Quand on commence à se rendre compte de ce cadeau qu’on nous a fait en nous donnant la vie, tout prend un sens différent. Les difficultés et les problèmes rencontrés en chemin se relativisent tout seuls.

    Mais surtout on éprouve soudain la passion de ne plus perdre un instant pour découvrir le plus possible de notre « moi-même » qui se trouve caché dans les autres. C’est pour cela que la joie et la souffrance des autres ne peuvent plus nous laisser indifférents. Et si notre vie est brève, si nous ne pouvons entrer véritablement que dans le cœur de quelques personnes bien choisies au cours de ces quelques années qui nous sont données sur cette terre, nous sentons confusément que cela doit être déjà l’anticipation d’un paradis où nous serons tout à tous, tout en restant et en devenant toujours plus nous-mêmes.

    Si j’ai eu le bonheur dans ma vie de sortir de mon milieu européen et de me fondre dans la richesse des peuples du Moyen Orient, si j’ai eu la joie de communier profondément avec des Chinois, des Japonais, des Africains, des descendants des indigènes d’Amérique, c’est chaque fois avec le sentiment de respirer un peu plus, d’élargir un peu plus mon cœur bien au-delà des limites que je croyais avoir.

    Et ce qui est drôle c’est qu’à la fois tout me manque, car il me manque encore les milliards de frères ou de sœurs que je n’ai pas eu le temps de connaître, mais en même temps toute cette humanité débordante est déjà présente en embryon dans un seul de ces frères ou de ces sœurs. Et je n’ai rien d’autre à faire, chaque jour lorsque je me lève pour une nouvelle aventure, qu’à me laisser entraîner dans ce courant d’humanité qui s’élève vers la réalisation de lui-même, même si tous les conflits, les guerres, les haines ou incompréhensions de toutes sortes semblent nous dire le contraire.

     

    Car l’humanité est blessée, elle est malade, mais elle n’est pas morte. Il y a chaque jour des millions et des milliards d’hommes et de femmes qui continuent à construire son avenir, qui ne cessent de se donner et de s’accueillir, avec le sentiment qu’une vie pareille vaut vraiment la peine d’être vécue. Et c’est cela qui fait finalement mon identité. Tout le reste ce sont des détails, indispensables et nécessaires, car c’est aussi dans les détails que je suis particulièrement moi-même, mais pas en contradiction ou en opposition avec les « détails » des autres, mais en harmonie avec eux, comme dans le jeu d’un orchestre qui joue une merveilleuse symphonie, où les sons et les émotions se répondent à l’infini.


    4 commentaires
  •  J’ai rencontré, il y a quelques jours, une personne qui vit comme moi au Liban depuis longtemps, mais qui n’est pas d’origine libanaise. Occasion d’un échange un peu bref mais très intéressant qui m’a donné envie de partager quelques réflexions rapides avec vous, à approfondir.

    Le sujet de ces réflexions ? C’est ce que nous appelons notre identité. Il est clair que chaque peuple a son identité. Il existe une identité libanaise avec ses caractéristiques culturelles et sociales, il existe une identité française ou italienne ou égyptienne. Mais là où commence la difficulté (ou plutôt la chance, d’après mon expérience), c’est lorsque quelqu’un comme nous se trouve plus ou moins à cheval sur plusieurs identités. Quelle va être alors son identité à lui ?

    Nous n’avons pas ici le temps de nous lancer dans une étude de vocabulaire philosophique pour distinguer entre identité et personnalité et je crois que pour simplifier les choses on peut prendre pour commencer ces deux mots comme s’ils avaient à peu près la même signification.

    Si ma personnalité est faite maintenant de plusieurs identités, cela voudrait dire que je risque d’être une personne avec une double ou une triple personnalité ? Pauvre de moi, je serais donc bien perdu et malade et les gens ne sauraient plus comment s’adresser à moi.

    Mais je crois qu’il y aurait alors un grand malentendu sur les mots eux-mêmes. C’est qu’en fait je n’aurai jamais qu’une seule identité, même si cette identité peut avoir de multiples visages, comme justement ce qui vient des identités de peuples différents. Je ne suis pas un mauvais français parce que je me suis enrichi de l’identité libanaise. C’est la manière originale avec laquelle je gère la relation entre ces deux cultures qui va faire de moi une identité qui peut plaire à certaines personnes mais aussi en déranger d’autres : c’est là que l’aventure devient vraiment intéressante !

    Mais il faut dire qu’au fond mon identité est tellement complexe qu’il est impossible de savoir exactement de quoi elle se compose, car elle est le fruit de ma rencontre avec des milliers et des milliers de personnes tout au long de ma vie, de la famille à l’école, au travail… Les identités nationales ne sont qu’un des aspects de ce qui m’a formé et je ne saurai jamais moi-même exactement tout ce qui a contribué à construire peu à peu cette identité. Et pourtant je sens et je peux dire que « cela c’est moi » et « cela ce n’est pas moi », « j’aime cela et je n’aime pas cela », je suis « différent » des autres et en même temps semblable à beaucoup d’autres. Car j’ai des points communs avec beaucoup de parents, d’amis, de connaissances et même de gens que je connais seulement par mes lectures ou par les médias.

    Ce qui fait mon identité, c’est que je suis homme comme les autres hommes et qu’en même temps je suis unique, absolument unique, il est impossible de me confondre avec qui que ce soit.

    Seulement voilà, mon identité est toujours limitée à l’expérience que j’ai vécue et à la manière dont je vis mes relations avec les autres. Si mes relations sociales sont conflictuelles j’aurai une identité méfiante, peut-être agressive ou qui a peur de tout. Si je réussis à créer des relations harmonieuses avec les autres, si je considère les autres non pas comme des obstacles à ma réalisation, mais comme une occasion d’enrichir toujours plus ma personnalité, alors mon identité sera toujours plus belle et en même temps plus dynamique.

    Le danger de comparer les identités de chacun, c’est de vouloir toujours les opposer au lieu de les harmoniser. Les limites de ma personnalité ne sont pas le cœur de mon identité. Mon identité est ce qui est le cœur de moi-même, mais ce cœur est aussi toujours en évolution. Sinon cela voudrait dire que mon identité est figée, repliée sur elle-même et ce serait bien triste.

     

    Mais je crois que nous devons continuer cette conversation avec d’autres articles. Qu’en pensez-vous ?


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique