• Après Gandhi, nous voulons entrer dans les reflets de paradis de Christiane Singer. Vous ne la connaissez pas ? Je vous avoue que moi non plus je n’avais jamais rien lu d’elle. C’est Emilie qui a mis un passage de son livre Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? dans notre rubrique « Des mots pour de bon » C’est bien comme ça que la collaboration avec les lecteurs va grandir, en attendant de créer peut-être un vrai forum pour échanger.

    Le titre du livre est déjà assez extraordinaire pour attirer l’attention. C’est bien l’esprit de notre blog de croire et d’aider chacun à découvrir qu’il y a un ciel en nous. Et ce ciel, on passe beaucoup de temps parfois à le chercher ailleurs, c’est bien vrai.

    Mais venons-en au passage de notre livre :

    "Chaque fois que j'ai quitté un espace, je suis entrée dans un autre. Ce n'est pas facile. C'est dur de quitter le pays de l'enfance ; c'est dur de quitter le pays de la jeunesse ; c'est dur de quitter l'épanouissement féminin, de quitter la fécondité. D'un pays à l'autre, d'un espace à l'autre, il y a le passage par la mort. Je quitte ce que je connaissais et je ne sais pas où je vais. Je ne sais pas où j'entre. Traiter ce passage comme s'il allait de soi ? Bien sûr que non : ce serait légèreté. Mais puisque plusieurs fois déjà j'ai fait l'expérience qu'en quittant un "pays" j'entrais dans un autre d'une égale richesse sinon d'une plus grande richesse, pourquoi donc hésiterais-je devant la vieillesse ? Quelque chose en moi me dit : "Fais de même, fais confiance ; tu entres dans un autre espace de richesse. La vie est une école de métamorphose. Fais confiance à la métamorphose". p 135.

    Comme il est beau ce mot « métamorphose » : tout change, tout est nouveau, mais c’est en même temps toujours les mêmes racines, la même personne, la même réalité, seulement encore plus riche qu’avant. Comme elle est belle, la vie, quand on la voit de la sorte ! Car au fond je ne peux jamais devenir autre chose que moi-même, alors pourquoi cette peur terrible de se perdre ? Et puis cette confiance, confiance dans la vie et confiance faite « à la métamorphose » !...

    Mais vous avez lu le mois dernier l’article « Toujours debout » dans la rubrique « Désorientés » ? Il n’y a pas eu beaucoup de commentaires...

     

     


    1 commentaire
  • Dans notre rubrique « des mots pour de bon », j’ai choisi pour ce mois-ci des citations de Gandhi. Cet homme m’a toujours fasciné. Il est la preuve qu’en tout homme, de quelque religion ou croyance qu’il soit, il y a la possibilité de parvenir au plus profond du mystère de l’humanité.
    Et pour nous refléter dans l’âme, dans la personnalité de Gandhi, je voudrais simplement partir de trois de ses petites phrases : « Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir, mais aucune pour laquelle je suis prêt à tuer. » « La vie est un mystère qu’il faut vivre et non un problème à résoudre. » « La non-violence est la plus grande force que l’humanité ait à sa disposition. Elle est plus puissante que l’arme la plus destructrice inventée par l’homme. »
    La vie est un mystère et non un problème. Mais pourquoi avons-nous fait du mystère un problème ? Nous voudrions peut-être tout comprendre, tout savoir, pour finalement tout dominer, au moins par la connaissance. Et Gandhi nous rappelle que l’important c’est d’abord de vivre. Mais comment vivre un mystère ? Là est sans doute la clé de tout. Le mystère est comme l’eau de la mer que je peux essayer d’emporter chez moi en la tenant dans le creux de mes mains : lorsque j’arriverai à la maison, mes mains seront sèches, il n’y aura plus d’eau, plus de mystère. Si je veux profiter de l’eau de la mer, je dois me plonger dedans, sans vouloir la prendre pour moi et la posséder, mais plutôt me laisser imprégner par elle de tout mon corps, de tout mon être. Ainsi en est-il de la vie.
    Si je plonge dans le mystère de la vie, si je me laisse imprégner par elle de tout mon être, si je me laisse « vivre » par la vie, quelque chose va peu à peu se transformer en moi. J’aurai une force plus grande que la bombe atomique : c’est bien ce que nous dit Gandhi avec d’autres mots. Et ce ne sont pas là des paroles vides : Gandhi l’a prouvé par tout ce qu’il a fait, par les miracles qu’il a opérés. Libérer un peuple immense et millénaire comme celui de l’Inde de l’impérialisme d’un autre peuple, et cela sans violence, c’est certainement un miracle inouï.
    A la fin de sa vie, on l’a tué. Mais il était « prêt », prêt à mourir, ou plutôt prêt à donner sa vie. Celui qui connaît le prix de la vie, parce qu’il est allé au fond de son mystère, ne pourra jamais toucher au mystère de la vie de ses frères, il sait qu’elle est trop sacrée. Mais il sera capable de donner sa vie pour que ses frères découvrent à leur tour le secret de la vie. C’est cela le paradis et Gandhi restera pour toujours éternel. Combien l’humanité devrait-elle méditer sur ces petites phrases à une époque où la course aux armements semble redoubler plus que jamais !
    Homme, où est ton âme, où est ta vie, où est ton mystère ? Pourquoi as-tu perdu ton chemin, où t’es-tu égaré de nouveau ? Les guerres passées et récentes ne t’ont-elles encore rien appris ? Heureusement il y a et il y aura toujours des Gandhi parmi nous, en lesquels nous ferions bien de nous refléter un peu plus et un peu plus souvent.


    3 commentaires
  • Comme deuxième article de notre rubrique je voudrais citer un passage de « Chiara Lubich », encore trop peu connu, qui a vraiment de quoi nous faire réfléchir, une vision de l’homme et de la relation entre l’homme et Dieu qui peut être une véritable révolution.
    « Les fidèles, qui tendent à la perfection, cherchent en général à s’unir à Dieu présent dans leur cœur.
    Comme dans un grand jardin fleuri, ils regardent et admirent une seule fleur. Ils la regardent avec amour, dans sa totalité et dans tous ses détails, mais ne regardent pas tant les autres.
    A cause de la spiritualité collective qu’il nous a donnée, Dieu nous demande de regarder toutes les fleurs, car il se trouve en chacune d’elles. Ainsi, en les observant toutes, nous l’aimons davantage que chacune des fleurs. » (« Voyage trinitaire » Nouvelle Cité 1996, p. 35)
    Je suis choqué ces temps-ci par les nouvelles attaques en France contre tout ce qui est religieux. Sous prétexte que certaines actions terroristes et criminelles ont été commises au nom de la religion, nos amis « laïques » voudraient réduire définitivement toute activité religieuse à la simple sphère privée en pensant ainsi éliminer définitivement tout danger provoqué par le fanatisme religieux. Je suis en train de préparer un article un peu fort sur ce sujet et je n’en parlerai pas ici directement, mais je vous demanderais de garder tout de même bien présent à l’esprit ce défi pour la suite de mon commentaire à Chiara.
    Je crois que le temps est venu de nous rendre compte, nous chrétiens, qu’au cours des siècles nous nous sommes bien éloignés du message de base de l’Evangile et que nous l’avons peut-être même trahi. Paroles fortes et injustes lorsqu’on pense à tous ces frères et sœurs qui ont illuminé les siècles de l’Eglise et qui nous ont conduits jusque là ? C’est évident. Mais n’est-ce pas vrai aussi que nous avons trop souvent fait de notre religion chrétienne un refuge égoïste ou essayer de nous sauver au moins nous-mêmes et de garder la paix quand tout le monde autour de nous semblait aller à la dérive ?
    Combien de fois sommes-nous allés à l’Eglise ou avons-nous prié au fond de notre cœur pour demander à Dieu de nous guérir, de résoudre nos petits ou grands problèmes personnels, de sauver notre famille ou notre pays, de nous faire sortir de nos souffrances, comme on va à la pharmacie prendre un médicament pour telle ou telle maladie qui vient de nous frapper. C’est naturel, si nous sentons que Dieu nous aime et veut notre bien. Mais notre relation à lui s’arrêterait-elle là ?
    Voilà que Chiara dans son « paradis » dont nous voulons trouver aujourd’hui le reflet, a fait la découverte fulgurante que ce Dieu qu’elle aime se trouve aussi bien dans l’autre qu’en nous-mêmes. Et si je sens l’appel à chercher Dieu du matin au soir pour le rencontrer voilà que, tout à coup, je peux le rencontrer partout, à l’Eglise certainement, mais aussi au travail, dans la rue, au supermarché, au stade, au théâtre, à l’hôpital, à la télévision. Ce Dieu sera peut-être bien caché, recouvert de poussière ou d’un voile plus ou moins opaque, mais je sais soudain qu’il est là devant moi, près de moi, avec moi... Et ma vie va changer, elle ne sera plus jamais comme avant.
    Alors Dieu dans ma vie privée seulement? Ce serait mieux d’être athée, d’être un de ces hommes riches en humanité qui parcourent le monde pour défendre la justice, pour éliminer la faim et la pauvreté, pour résoudre les guerres ou les conflits de toutes sortes et qui croient en l’homme simplement, cet homme qu’ils trouvent en chaque personne qu’ils rencontrent et qu’ils essayent de servir de tous leur cœur, « médecins sans frontières » « croix rouge internationale », chacun en connaît des dizaines et des centaines de ces organisations qui font espérer encore en un avenir possible pour l’homme de demain.
    Pour que la mentalité courante qui envahit de plus en plus nos pays occidentaux en soit arrivée à cette vision complètement folle de la présence religieuse dans le monde, il faut tout de même avoir l’honnêteté de réfléchir et de se demander si nous ne devons pas faire un changement radical dans notre culture chrétienne. Provocation sans doute ? Ce n’est que le début de cette rubrique qui voudrait contribuer à créer une vision un peu nouvelle des problèmes qui secouent notre société. Merci aussi de réagir et d’exprimer vos critiques, vos doutes ou vos désirs. Cet article aura une suite...

     


    2 commentaires
  • Quand j’étais jeune, j’étais fasciné par des hommes comme Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela. Plus tard, j’ai eu la chance de rencontrer personnellement Mère Teresa, de travailler un peu avec Jean Vanier  et d’être un proche collaborateur de Chiara (Chiara Lubich). Ce sont des gens qui ont vu le paradis : on le devine sur leur visage, on l’entrevoit dans leurs paroles ou leur action. Lorsqu’on leur pose une question, ils ne perdent pas de temps à réfléchir pour vous répondre, ils vous disent simplement ce qu’ils ont vu, ce qu’ils voient au fond de leur cœur ou même au fond de nos cœurs à nous.

    Moi, je n’ai pas la prétention de dire que je suis entré dans cette lumière qui les a transformés, mais il suffit parfois d’un simple reflet indirect de ce paradis pour changer bien des choses en soi et autour de soi.

     

    Il est difficile et probablement même dangereux de regarder le soleil en face. Mais comme il est beau de s’arrêter à contempler les reflets que le soleil peut imprimer soudain sur les nuages comme le montre cette magnifique photo du soleil levant qui fait l’en-tête de notre blog.

    Quelqu’un pourra me dire que les reflets de paradis que cette rubrique voudrait offrir au lecteur sont bien naïfs ou utopiques, ridicules peut-être ou en tous cas bien loin de la réalité. Chacun est libre de penser ce qu’il veut, mais là n’est pas notre sujet. Tout homme porte en soi des reflets de paradis, des souvenirs de bonheur vécu, de rencontres exceptionnelles, de passion assouvie. Notre rubrique voudrait être une simple invitation à mettre en commun tous ces reflets de lumière qu’on ne peut pas ne pas avoir connus au moins à certains moments privilégies de notre vie et qui, réunis tous ensemble en un grand bouquet, pourraient contribuer encore un peu plus à ce courant d’espoir que recherche l’humanité d’aujourd’hui.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique